Virtus Bologna
Virtus Bologne
| Fondation | 1871 | |
| Salle | Virtus Arena | |
| Championnats | LBA Serie A / EuroLeague | |
| Entraîneur | Nenad Jakovljević | |
| Joueurs connus passés par le club | Emanuel Ginóbili / Antoine Rigaudeau / Miloš Teodosić |
Joueur à surveiller : Carsen Edwards
WE DID IT ! En 3 petits mots, la Virtus Bologne a enflammé la toile cet été. Oui, ils l’ont fait, les Bianconeri sont parvenus à récupérer le meilleur scoreur de la précédente saison d’EuroLeague : Carsen Edwards. La hype autour de ce joyau offensif (et pas de la couronne) a commencé très tôt. D’ailleurs, si aujourd’hui il possède un physique de footballeur américain, c’est parce qu’il excellait aussi dans cette discipline au lycée. À son passage à la fac, il va toutefois prioriser la balle orange, où il est loin d’être mauvais. Pour son année de freshman, il devient le seul joueur de sa classe au sein de la Big Ten Conference à compiler 45 tirs à trois points réussis et 35 interceptions. Et pour sa 2e saison à Purdue, il remporte le trophée Jerry West (meilleur arrière universitaire masculin).
Des performances d’ampleur qui n’arrivent visiblement pas aux oreilles des scouts NBA. Carsen Edwards est en effet drafté lors de sa 2e tentative au 33e pick du second tour. Finalement, il alternera pendant 3 ans entre les Boston Celtics et la G-League, quand en 2022 il décide de traverser l’Atlantique pour s’installer au Fenerbahçe. Il y restera 1 an avant de rejoindre le Bayern Munich, où il s’impose comme l’un des tout meilleurs joueurs offensifs de la ligue. Si on condense sa palette, il peut planter n’importe quand, n’importe où contre n’importe qui. Une machine à points qui est adepte des mouvs ainsi que des performances sensationnelles. Vous n’avez plus qu’à sortir le pop-corn et vous régaler.

Style de jeu

Lorsqu’il s’agit de décortiquer cette Virtus Bologne, il faut partir du constat suivant : ils ne sont élites dans aucun domaine. Hormis Carsen Edwards – voire Luca Vildoza quand il est dans un grand jour – il n’y a pas de vraie star au sein de cette équipe. Aucun joueur capable de gagner périodiquement des matchs à lui seul. Nenad Jakovljević le sait. D’où le fait que des rotations bien plus profondes sont mises en place et que tout le monde détient un rôle bien spécifique. Ces derniers possèdent néanmoins un même point commun dans leur tâche : mettre de l’intensité.
Collectivement, on retrouve des schémas types. La Virtus est de très loin l’équipe d’EuroLeague (C1) qui utilise le plus de screens offs depuis le début de saison. Les offensifs excellent de même en pick-and-roll ou encore en pindown décalé. Des variations, il n’en manque pas. Surtout, Alen Smailagić navigue énormément en périphérie de la ligne à 3 points. C’est peut-être le seul intérieur vraiment lourd car sinon Bologne privilégie des profils athlétiques adeptes des coupes. Et en défense, on retrouve un style un peu plus moderne traduit par une pression haute, une défense plutôt de zones très compacte afin de perturber les circulations adverses.
Histoire du club
Durant la soirée du 17 janvier 1871 à l’école primaire San Domenico, le professeur de la Società Sezionale di Ginnastica fonde une entité qui deviendra la Sef Virtus Bologna. Et en guise de symboles, sont choisis 4 F disposés en croix romaine : fort, franc, ferme et fier. Des mots qui sont encore aujourd’hui la devise du club. La 1ère équipe de basketball se forme plus de 50 ans après la création du club en 1927. Les Bianconeri gravissent les échelons. Mais une fois arrivés en 1ère division, ces derniers vont enchaîner les places d’honneur sans jamais parvenir à décrocher le graal. Il faut attendre la fin de la 2nd Guerre Mondiale pour voir le club inscrire des 1ères lignes à son palmarès. Des débuts métamorphosés en période de domination car sous Renzo Poluzzi, les Bolonais remportent 4 Scudetti consécutifs avant de signer le back-to-back (1955-1956). Entre-temps, une autre place forte du basket italien a retrouvé ses standards des années 40 : l’Olimpia Milano. Une rivalité qui privera la Virtus de nombreux titres, surtout lors des sixties. Malgré la découverte des Coupes d’Europe, les portes de l’armoire à trophées ne bougent pas d’un poil au cours de la décennie.
Une stagnation stoppée nette par la nomination de l’avocat Gianluigi Porelli à la tête de l’entité en 1968, accompagné de Giovanni Elkan pour la section basketball. Si jusqu’en 1973 les résultats sportifs n’évoluent pas spécialement, la santé financière quant à elle reprend du galon. Les fondations dorénavant consolidées, Bologne peut passer à l’étape supérieure. Cela commence avec la venue de l’ex-sélectionneur chilien – Dan Peterson – suivie 2 ans plus tard du recrutement de Tom McMillen. Bologne atteint ainsi les quarts de la Coupe d’Europe des vainqueurs de la Coupe 1975 (C2), remporte son 1er championnat en 22 ans la saison ultérieure, pour finalement échouer à 2 petits pions du succès en Coupe des Coupes 1978 (C2). La montée en puissance se poursuit sous Terry Driscoll avec un nouveau back-to-back en LBA, le 1er doublé coupe-championnat et cette fois-ci la finale de Coupe d’Europe des clubs champions 1981 (C1), là aussi perdue d’un rien face au Maccabi Tel-Aviv (80-79). Cette ère Porelli ultra exigeante prend fin par la « Sugar Mania ». Pourquoi ce nom ? Dans la foulée de la nomination d’Ettore Messina en 1989, le club rapatrie dans ses filets l’ancien NBA All-Star Michael « Sugar » ainsi que le champion NBA Clemon Johnson. Ensemble, cette petite troupe venge 10 années de frustration en empochant enfin la Coupe des Coupes 1991 (C2) contre le Real Madrid (79-74).
De suite après ce formidable accomplissement, Gianluigi Porelli vend le Synudine Bologne, qui devient laVirtus Bologne. L’ère Cazzola prend ses racines avec la signature du fantasque poste 2 Predrag Danilović. L’assise bolonaise prend alors forme avec un 1er Scudetto lors de la last dance d’Ettore Messina enchaînée par un three-peat durant le cycle Alberto Bucci. Mais à chaque fois, pas de grosse performance en Ligue des champions d’Europe (C1). À la suite de 2 campagnes de transition de 1995 à 1997, Ettore Messina fait son grand retour avec dans ses bagages un certain Predrag Danilović qui était alors parti à la conquête de la NBA. Entourés de Radoslav Nesterovič ou encore d’Antoine Rigaudeau, les Noir et Blanc s’imposent comme LA meilleure équipe du continent en cette fin de millénaire. En 1998, le club gagne la LBA lors de la prolongation du match ultime grâce à la légendaire faute de Dominique Wilkins sur le tir à 3 points de Danilovic. Puis dans la foulée, la Virtus soulève son EuroLeague (C1) tant attendue contre l’AEK Athènes (58-44). Il y aura une nouvelle finale l’année suivante face au Žalgiris Kaunas (82-74) avant qu’Alfredo Cazzola ne vende l’entité à Marco Madrigali en 2000.
Afin de repartir de plus belle, Bologne fait all-in sur la jeunesse. Dans le sillage des Jaric, Smodis, Manu Ginobili… la Virtus enchaîne 33 victoires consécutives toutes compétitions confondues. Et sans surprise, cette saison 2000-2001 se conclut par le grand chelem Coppa Italia – Championnat – Euroleague (C1). Un coup d’éclat plus qu’une nouvelle dynamique. Les Bolonais ne confirment pas et Ettore Messina se voit licencié le temps d’un instant. Sauf qu’un envahissement de terrain des supporters en amont d’un match contre Pallacanestro Trieste oblige Marco Madrigali à réembaucher le technicien italien. Une coupe nationale accompagnée d’une malencontreuse finale d’EuroLeague (C1) plus tard, le club se retrouve au bord de la banqueroute. Cela atteint une telle dimension que les Bianconeri s’avèrent exclus de la LBA en raison de retards de paiement de salaire. Si la faillite est évitée de justesse, la relégation est tout de même confirmée. Le fond est touché.
Lors de l’été 2004, le club obtient sa réaffiliation à la Fédération italienne de basket-ball et peut en conséquence de nouveau utiliser le nom « Virtus Pallacanestro ». De retour en 1ère division dès 2005, les Bianconeri progressent à vitesse grand V. La consécration de cette relève intervient en 2009 lorsqu’après 7 ans d’attente, la boite à trophées bolonaise s’ouvre pour accueillir l’EuroChallenge (C3). S’ensuivent 4 défaites consécutives en finale de Coupe d’Italie et quelques années plus tard, la 1ère relégation sportive du club. Encore une fois, Bologne remonte promptement. Et encore une fois, la black V soulève dans la foulée un énième trophée européen avec la Basketball Champions League 2019, un 1er Scudetto en 20 ans ainsi que l’EuroCup (C2). Actuellement, ils sont champions d’Italie en titre.
palmarès
| EuroLeague (C1) | 1998 / 2001 | |
| Coupe des Coupes (C2) | 1990 | |
| EuroCup (C2) | 2022 | |
| EuroChallenge (C3) | 2009 | |
| Basketball Champions League (C3) | 2019 | |
| Champion d’Italie | 1946 / 1947 / 1948 / 1949 / 1955 / 1956 / 1976, 1979 / 1980 / 1984 / 1993 / 1994 / 1995 / 1998 / 2001 / 2021 / 2025 | |
| Coupe d’Italie | 1974 / 1984 / 1989 / 1990 / 1997 / 1999 / 2001 / 2002 | |
| Supercoupe d’Italie | 1995 / 2021 / 2022 / 2023 |
Zoom : Madison Square Garden
La Virtus Bologne est la plus new-yorkaise des équipes européennes. Les Knicks sont en effet particulièrement appréciés au nord de la Botte. Voici pourquoi ! Dans les années 50, la popularité grandissante du quadruple champion d’Italie pousse la ville à bâtir une nouvelle salle pour remplacer la Sala Borsa. C’est alors qu’en 1956, le club déménage à Giuseppe Dozza. La nouvelle enceinte comporte alors 7 000 places.
Cette arène directement inspirée du Madison Square Garden va alors rapidement être surnommée « Il Madison » par les supporters et les médias. Puis après la retraite politique de Dozza en 1966, la salle a été officiellement rebaptisée « PalaDozza » bien que le surnom « Il Madison » soit resté dans la culture populaire.

Le Chiffre : 33
C’est le nombre d’interceptions réalisé par la Virtus Bologne le 1er février 2001 face aux Adecco Estudiantes – un record.
autres adversaires

















