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EA7 Emporio Armani Milan

Pallacanestro Olimpia Milano

Fondation 1936
Salle Mediolanum Forum
Championnats LBA Serie A / EuroLeague
Entraîneur Giuseppe Poeta
Joueurs connus passés par le club Bob McAdoo / Dejan Bodiroga / Dino Meneghin

Joueur à surveiller : Zach LeDay

Zach LeDay s’ancre de plus en plus dans notre paysage européen. En 8 saisons d’EuroLeague (C1), le Texan comptabilise déjà plus 2500 points répartis entre 4 cadors de la compétition. Un destin imprévisible pour l’international azerbaïdjanais. Du haut de ses 2,02 mètres, le mi-ailier mi-intérieur prend du temps à se montrer en NCAA. D’abord en difficulté aux South Florida Bulls, il faut attendre sa venue chez les Virginia Tech Hokies pour le voir exploser tous les compteurs. Trop court pour la draft, il choisit de rejoindre le Gilboa Galil dès sa sortie de la fac.

Rapidement, on comprend que le championnat israélien est trop petit pour lui. Au-delà de ses quasi 20 points de moyenne, on parle d’un joueur capable d’aligner des double-doubles à plus de 20 pions et 20 rebonds de moyenne. Durant l’été 2018, il prend même part à la Summer League sous la tunique des Hawks pour au final bondir dans la hiérarchie européenne en intégrant l’Olympiacos. 1 an après, cap sur Kaunas. Puis à la direction l’Olimpia Milan pour une 1ère virée où il atterrit à la 3e marche de l’EuroLeague (C1). Cette arme polyvalente possédant l’agressivité d’un pivot au rebond et la finesse d’un ailier au shoot se perfectionne pendant 3 saisons au Partizan.

De retour au Nord de la Botte depuis 2024, Zach LeDay a su s’imposer comme le leader d’une équipe en reconstruction.

Style de jeu

Avec le départ d’Ettore Messina ainsi que de Nikola Mirotić, l’Olimpia Milan a totalement dû revoir sa ligne éditoriale instaurée depuis le début de la décennie. Sous Giuseppe Poeta, le club emploie un style davantage moderne. Plus rapide, plus fluide, plus de spacing… Cette escouade cherche constamment à mettre ses shooteurs dans les meilleures conditions. D’où le fait que cette alliance entre extra-passes et catch and shoot incarne un schéma que l’on retrouve régulièrement. Les sélections de shoots sont bonnes, comme l’illustre leur pourcentage derrière l’arc.

Ces dernières années, l’Olimpia Milan reposait de même énormément sur ses étoiles. Une « star dépendance » totalement mise de côté de par une répartition équilibrée des responsabilités. Les fenêtres de chacun sont dorénavant bien plus courtes. Durant ces intervalles, les joueurs se doivent d’élever le curseur « intensité » au maximum tout en respectant au mieux le rôle qui leur a été attribué. Et en défense la règle est la même pour tout le monde : constamment contester, compenser les potentiels oublis et rester discipliné.

Histoire du club

Officiellement, l’Olimpia Milano nait de 1936, année synonyme de leur 1er Scudetto. C’est d’ailleurs cette date qui apparait sur le logo du club. Pourtant, officieusement le club est né sous le nom d’« Afterjob Borletti »… en 1930 ! Mais alors, pourquoi avoir rajeuni cette institution de 6 ans ? Tout simplement car Adolfo Bogoncelli – président emblématique du club – en a décidé ainsi ! En amont de la 2nd Guerre Mondiale, le club du nord de la Botte rajoute 3 championnats dans sa caboche. Entre-temps, la formation a changé de ville, passant de Trieste à Côme pour finalement revenir là où elle est née : à Milan. Sa construction prend fin en 1947 lorsque les Scarpette Rosse fusionnent avec Borletti pour devenir l’Olimpia. Et avec la nomination de Cesare Rubini au poste d’entraîneur-chef, Adolfo Bogoncelli forme le 1er grand couple président-entraîneur de l’histoire du basketball italien. 

Entre 1948 et 1974, le prince de Milan se nomme Cesare Rubini. Il est d’ailleurs surnommé ainsi. « Il Principe » était un spécimen physique, une anomalie sur pattes capable de glaner la médaille d’argent aux championnats d’Europe de basketball, puis de devenir champion olympique de water-polo dans la foulée. En tant que joueur-entraîneur, il remporte 6 championnats, dont 5 consécutifs. Pour ce faire, il peut compter sur des talents comme Sandro Riminucci, capable d’inscrire 77 points lors d’un même match. Puis une fois nommé uniquement head coach, l’Olimpia remporte 9 Scudetti en 14 ans. Une période dorée toute échelle confondue. Revanchard de cette demie perdue in extremis contre le Real Madrid en 1964, Milan rapatrie Bill Bradley – double champion NBA – afin de remplir un objectif bien précis : soulever la 1ère Coupe d’Europe des clubs champions (C1) pour l’Italie. Des paroles personnifiées lors d’un 1er avril 1966. Fraîchement vainqueurs du CSKA Moscou (68-57), les Milanais battent le Slavia Prague en finale (77-72). L’aventure Rubiniprend fin par un back to back en Coupe des coupes (C2).

Aussi fou que cela puisse paraitre, l’Olimpia connait une saison 1975-1976 digne des meilleures montagnes russes au monde. En l’espace de quelques mois, Milan passe de vainqueur de la 2e plus prestigieuse coupe d’Europe qui soit à relégué en 2nd division italienne. Sachant qu’auparavant, le club a perdu bon nombre de championnats au tie-break. Si les Italiens remontent dès l’année suivante, un cycle semble prendre fin. Une impression confortée par le départ d’Adolfo Bogoncelli en 1980. Mais avant de partir, l’ancien président mythique a donné les clés du camion rouge et blanc à un certain Dan Peterson. L’entraîneur étasunien emmène son équipe dans un 1er temps tout en haut de la Botte en 1982 – 10 ans après son dernier sacre. Cependant, réussite se mélange promptement à malchance. La malédiction des 1 point frappe alors le club. 1983 : défaite 69-68 contre Ford Cantù en finale de Coupe d’Europe des clubs champions (C1) et vice-champion d’Italie. 1984 : défaite 82-81 contre le Real Madrid en finale de Coupe des coupes (C2) et de nouveau vice-champion d’Italie. 1985… victoire 91-78 en finale de la Coupe Korac (C3) contre le Pallacanestro Varèse et champion d’Italie !

Dan Peterson vise toutefois plus haut. À l’aube de la saison 1986-1987, l’effectif milanais commence tout doucement à vieillir. Le triple champion national arrive à la fin d’un cycle. Pour gagner cette 2e Coupe d’Europe des clubs champions (C1), il faut taper du poing sur la table et maintenant. Chose faite avec la signature de Bob McAdoo. Meilleur scoreur de la NBA à 3 reprises en 924 matchs, le pivot devient rapidement l’élément clé de l’Olimpia dans cette campagne qui sera la plus grande de son histoire. En plus du doublé coupe-championnat, les Scarpette Rosse atteignent le graal grâce à un shoot clutchtissime de Doron Jamchy (71-69) face au Maccabi. Aussitôt la page Peterson tournée, le nouvel entraîneur Franco Casalini permet aux récents vainqueurs de la Coupe Intercontinentale de signer le back to back européen contre le même adversaire que l’année précédente (90-84). Une énième période faste conclue par un Scudetto ainsi qu’une Coupe Korac (C3) supplémentaire.

Mais pour la 1ère fois depuis sa création, l’Olimpia connait une période de creux. Durant 3 saisons, le club réalise de bons résultats, enchaine même 2 finales de Coupe Korac  (C3) consécutives, sans pour autant remporter le moindre trophée. 1996 apporte un rayon de soleil dans un ciel bien morose au nord de l’Italie avec notamment l’obtention de son 25e championnat. Saison après saison, l’institution s’enfonce un peu plus dans la crise. Le point de non-retour arrive en 2004. Au bord de la vente, les 2 géants du football local – Inter et AC Milan – viennent à la rescousse de la propriété avant que Giorgio Armani ne devienne le sponsor principal. Un tournant bénéfique pour Milan qui retrouve dans la foulée le haut du panier sur la scène nationale. L’éclosion de ce projet intervient en 2014 lorsque les hommes de Luca Banchi remportent la LBA, 18 ans après. Depuis, les Scarpette Rosse sont redevenues une place forte du basketball italien et même européen de par ces 5 Scudetti en 9 ans, 4 Supercoupes en 5 ans, 5 Coupes nationales en 7 ans et surtout une 3e place d’EuroLeague (C1) en 2021.

palmarès

EuroLeague (C1) 1966 / 1987 / 1988
Coupes d’Europe des vainqueurs de coupe (C2) 1971 / 1972 / 1976
Coupe Korać (C3) 1985 / 1993
Champion d’Italie 1936 / 1937 / 1938 / 1939 / 1950 / 1951 / 1952 / 1953 / 1954 / 1957 / 1958 / 1959 / 1960 / 1962 / 1963 / 1965 / 1966 / 1967 / 1972 / 1982 / 1985 / 1986 / 1987 / 1989 / 1996 / 2014 / 2016 / 2018 / 2022 / 2023 / 2024
Coupe d’Italie 1972 / 1986 / 1987 / 1996 / 2016 / 2017 / 2021 / 2022
Supercoupe d’Italie 2016 / 2017 / 2018 / 2020

Zoom : Wilt Chamberlain

De 1947 à 1980, l’Olimpia Milano est dirigée par Adolfo Bogoncelli. Un businessman en avance sur son temps. C’est lui qui instaure le système de parrainage avec Borletti, puis avec la marque historique Simmenthal. Il est de même à l’origine de la création d’un marché pour les joueurs et a notamment répandu la culture basketball dans toute la Botte.

Et pour atteindre cet objectif loin d’être gagné d’avance, ce dernier a eu une idée de génie : ramener la meilleure équipe du monde en Italie. C’est ainsi que les Harlem Globetrotters du futur double champion NBA – Wilt Chamberlain – ont disputé plusieurs matchs outre-Atlantique. À une époque où la grande majorité des joueurs afro-américains se voyait interdite de NBA, il s’agissait à la fois de la plus célèbre mais aussi de l’une des toutes meilleures équipes de la planète basketball.

Le Chiffre : 30

C’est le nombre de rebonds offensifs concédés par l’Olimpia Milano contre le CSKA Moscou le 30 décembre 2020 – un bien triste record. 

autres adversaires

Paris pour Paris