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Lexique du Basketix : Le Hook Shot

Le basket ne se résume pas aux dunks ravageurs et aux tirs à dix mètres. Il y a aussi la science de la raquette. Aujourd’hui, on dissèque l’arme la plus inarrêtable de l’histoire du jeu : le hook shot.

C’est quoi un Hook Shot ? (Définition pour les novices)

Le « hook shot », ou bras roulé dans la langue de Molière, est le cauchemar absolu des défenseurs intérieurs. Imaginez la scène. Vous êtes dos au panier, ancré dans la raquette. Votre défenseur vous colle de près. Impossible de vous retourner pour déclencher un tir classique sans vous faire contrer. La solution ? Le hook. Personnellement, c’est mon arme fatale sur les playgrounds.

Le mouvement est de la biomécanique pure. Vous pivotez sur votre pied d’appui pour vous retrouver de profil par rapport au cercle. Votre corps sert de bouclier naturel. Vous levez le ballon à une main, le bras tendu en arc de cercle (comme un crochet, d’où le terme hook) loin du défenseur. Le bras opposé reste plié pour repousser l’adversaire et protéger la balle. Le cuir quitte votre main au point culminant de l’extension, souvent conclu par un doux cassage de poignet pour adoucir la trajectoire contre la planche ou direct dans le filet.

Résultat : un tir pratiquement impossible à bloquer. Le point de relâchement est trop haut et trop éloigné de l’axe du défenseur. Pas besoin d’avoir une détente phénoménale. C’est un tir d’intelligence, d’envergure et de toucher. L’arme fondamentale par excellence.

La place du Hook Shot dans le basket moderne

Le jeu a changé. Le terrain s’est écarté. L’analytique et le tir à trois points règnent en maîtres sur la NBA actuelle. Conséquence directe : le jeu dos au panier pur et dur a drastiquement diminué. Le grand hook shot majestueux pris de loin est devenu une relique du passé.

Mais attention, le mouvement n’est pas mort. Il a simplement muté. Aujourd’hui, les coachs et les intérieurs parlent de « baby hook » ou de « jump hook ». Le principe reste le même, mais l’exécution est plus rapide, prise de plus près, souvent en sautant à deux pieds pour gagner en vitesse face aux aides défensives. C’est l’outil chirurgical des pivots face à une défense agressive.

Quand le jeu sur demi-terrain se fige, ou lorsqu’un arrière se retrouve coincé au marquage sur un intérieur (un mismatch), le baby hook reste la punition la plus fiable du basket. Près du cercle, un bon intérieur convertira ce geste à plus de 55% de réussite. C’est un tir de haute sécurité. Moins viral sur les réseaux sociaux qu’un step-back cinglant, mais indispensable pour contrôler la peinture et garantir des points faciles quand l’attaque patine.

Les maîtres du geste : ceux qui ont élevé le Hook au rang d’art

Un nom écrase évidemment la concurrence : Kareem Abdul-Jabbar. Il n’a pas inventé le geste, mais il l’a perfectionné jusqu’à l’absurde avec son légendaire « Skyhook ». Du haut de ses 2,18 m, une fois son bras complètement étendu, Kareem relâchait le ballon à plus de trois mètres de hauteur. Strictement incontrôlable. C’est sur ce mouvement qu’il a bâti une grande partie de son record de 38 387 points en carrière. Une anomalie statistique.

D’autres monstres ont pris le relais avec leurs propres variations. Shaquille O’Neal utilisait un « jump hook » puissant en s’appuyant sur son physique de mammouth pour écraser son vis-à-vis avant de conclure en douceur. Yao Ming, avec ses 2,29 m, utilisait un bras roulé court qui survolait littéralement les défenses.

Plus proche du jeu…

L’action de légende : La magie de 1987

Finales NBA 1987. Match 4 au Boston Garden. Les Lakers sont menés d’un point par les Celtics. Il reste deux secondes à jouer. Magic Johnson reçoit la balle et drive vers le centre de la raquette. Devant lui se dressent Kevin McHale et Robert Parish, deux montagnes vertes. Magic s’élève dans le trafic et déclenche un bras roulé à l’instinct par-dessus la forêt de bras adverses. Swish. Le ballon transperce le filet. Les Lakers l’emportent 107-106. Ce tir, baptisé le « Junior Skyhook », scellera le titre de Los Angeles cette année-là.

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Article rédigé par alexis gallot
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