Breanna Stewart : Stewie, une championne tout simplement
Breanna Stewart ne joue pas au basket, elle le domine. Partout où elle passe, les trophées s’accumulent et l’histoire s’écrit. Surnommée « Stewie », l’ailière forte a redéfini les standards de l’excellence sur les parquets du monde entier. De ses années universitaires intouchables à son règne incontesté en WNBA, voici le portrait d’une machine à gagner implacable, véritable visage du basketball féminin moderne.
Une carrière de championne
L’hégémonie absolue avec UConn (2012-2016)
Quatre ans. Quatre titres NCAA. Quatre trophées de Most Outstanding Player (MOP) du Final Four. Du jamais vu dans l’histoire du basketball universitaire, masculin comme féminin. Sous les ordres du légendaire Geno Auriemma à l’Université du Connecticut, Breanna Stewart écrase purement et simplement la concurrence. Le bilan de son cursus est irréel : 151 victoires pour seulement 5 petites défaites en quatre saisons. Elle quitte la fac en 2016 avec le statut incontestable de meilleure joueuse universitaire de l’histoire. Le ton est donné, l’attente autour de son passage chez les professionnelles est immense.
Draft 2016 : L’ère dorée et la résilience à Seattle
Sans l’ombre d’une surprise, le Seattle Storm la sélectionne en première position de la Draft WNBA 2016. L’impact est immédiat. Élue Rookie de l’année, elle tourne à 18,3 points et 9,3 rebonds de moyenne. Mais c’est en 2018 que la supernova explose véritablement. Stewart décroche son premier titre de MVP de la saison régulière et mène Seattle au sommet de la ligue en remportant le titre WNBA. Elle rafle naturellement le MVP des Finales.
Pourtant, le ciel s’assombrit brutalement en avril 2019 avec une rupture du tendon d’Achille survenue alors qu’elle joue en Europe. La blessure la plus redoutée des basketteurs. Fin de carrière au sommet ? Loin de là. Après une rééducation acharnée, elle revient en 2020 dans la « bulle » de Bradenton, plus forte et plus précise que jamais. Le résultat est sans appel : un deuxième titre de championne avec Seattle et un nouveau trophée de MVP des Finales.
L’Europe et Team USA : La domination mondiale
Le talent de Stewie refuse de se limiter aux frontières nord-américaines. En Europe, elle rafle tout sur son passage. Double championne d’EuroLeague (avec le club russe d’Ekaterinburg puis le club turc de Fenerbahçe), elle est élue MVP du Final Four en 2021 et en 2023. Son passage sur le Vieux Continent lui permet de peaufiner son jeu face à des défenses très physiques.
Avec Team USA, la moisson est tout aussi effrayante. Elle est la clé de voûte de l’équipe nationale. Trois médailles d’or olympiques consécutives (2016, 2020, 2024), et trois titres de championne du monde (2014, 2018, 2022). Élue MVP du tournoi olympique à Tokyo après avoir roulé sur la compétition, elle est l’assurance tous risques de la sélection américaine. Quand Stewart porte le maillot frappé du drapeau américain, la défaite n’est pas une option.
Le transfert à New York : L’aboutissement d’une légende
En février 2023, c’est le tremblement de terre en WNBA. Agent libre, Stewart signe au New York Liberty. L’objectif est clair, net et précis : apporter un premier titre historique à cette franchise fondatrice de la ligue. Elle s’impose immédiatement comme la patronne de la « Grosse Pomme ». Dès sa première saison sous ses nouvelles couleurs, elle décroche son deuxième titre de MVP de la saison régulière au terme d’une année record marquée par quatre matchs à 40 points ou plus.
Si l’année 2023 se solde par un échec en Finales face aux Las Vegas Aces, l’accomplissement arrive en 2024. Accompagnée de Sabrina Ionescu et Jonquel Jones, elle mène New York au sommet. Dans une série âpre face aux Minnesota Lynx, le Liberty remporte enfin le championnat WNBA. Une promesse tenue. Un héritage gravé dans le marbre.
Le style de jeu : La « licorne » originelle
Breanna Stewart est la définition même de la « licorne », bien avant que le terme ne devienne à la mode. Du haut de son 1m93, couplé à une envergure interminable de 2m16, elle défie la gravité et la logique des postes traditionnels. Sur un terrain de basket, Stewie sait absolument tout faire.
C’est une ailière forte (Poste 4) dotée de la fluidité et du maniement de balle d’une meneuse. En attaque, son arsenal est létal et d’une redoutable efficacité. Elle peut dégainer à trois points en pick-and-pop avec une mécanique pure, attaquer le cercle en pénétration ballon en main, ou punir ses adversaires au poste bas grâce à un jeu de jambes académique. Son tir en fadeaway (en reculant) au-dessus de son défenseur est quasiment impossible à contrer grâce à son envergure.
Défensivement, elle est un véritable cauchemar pour l’adversaire. Sa lecture du jeu et sa mobilité latérale lui permettent de défendre sur les cinq postes. Elle excelle dans l’aide défensive du côté faible, surgissant de l’aile pour distribuer les contres en haute altitude. Stewart ne force jamais le jeu. Tout est basé sur un QI basket hors norme, un placement parfait et une lecture des espaces. Elle prend le rebond, remonte le terrain elle-même et lance la transition. Le package total.
Pourquoi elle a marqué l’histoire du basketball
Si la WNBA et le basket mondial sont aujourd’hui différents, c’est en grande partie grâce à Breanna Stewart. Elle a prouvé de manière systémique qu’une joueuse de grande taille n’avait plus à se cantonner à batailler sous le cercle. Elle a décloisonné les postes, ouvrant définitivement la voie à une nouvelle génération de joueuses polyvalentes et au positionless basketball (le basket sans poste défini).
Mais ce qui la rend unique et l’élève au rang de légende absolue, c’est son ADN de gagnante. Stewart ne se contente pas de noircir la feuille de statistiques : elle transforme toutes ses équipes en dynasties. Gagner quatre titres NCAA consécutifs est un exploit, ne perdre que 5 fois en 4 ans… c’est une anomalie physique. Remporter des titres WNBA avec deux franchises différentes (Seattle et New York) l’inscrit dans un club extrêmement fermé.
Au-delà des parquets, elle a marqué la ligue par son impact économique et culturel. En 2021, elle devient la première joueuse WNBA depuis plus d’une décennie à obtenir sa propre chaussure signature (la gamme Puma Stewie), prouvant aux équipementiers que le basketball féminin est hautement bankable. Revenue au sommet après une blessure dévastatrice, engagée pour l’équité salariale et les droits des joueuses, elle est bien plus qu’une star. Elle est l’un des visages de la WNBA qui gagne année après année en popularité.
Palmarès et Statistiques (Le bilan chiffré)
Statistiques marquantes en carrière WNBA (Saison régulière) :
– Points : ~ 20.8 / match
– Rebonds : ~ 8.7 / match
– Passes décisives : ~ 3.1 / match
– Contres : ~ 1.4 / match
– Interceptions : ~ 1.4 / match
Palmarès Collectif :
– 3x Championne WNBA : 2018, 2020 (Seattle Storm), 2024 (New York Liberty)
– 3x Médaillée d’or Olympique : 2016, 2020, 2024 (Team USA)
– 3x Championne du Monde : 2014, 2018, 2022 (Team USA)
– 4x Championne NCAA : 2013, 2014, 2015, 2016 (UConn)
– 2x Championne d’EuroLeague : 2021 (Ekaterinburg), 2023 (Fenerbahçe)
Palmarès Individuel :
– 2x MVP de la saison régulière WNBA : 2018, 2023
– 2x MVP des Finales WNBA : 2018, 2020
– WNBA Rookie of the Year : 2016
– 4x MVP du Final Four NCAA : 2013, 2014, 2015, 2016 (Record absolu)
– 2x MVP du Final Four de l’EuroLeague : 2021, 2023
– MVP des Jeux Olympiques : 2020
– MVP de la Coupe du Monde : 2018
– 6x All-WNBA First Team
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