Lexique du Basketix : Le Bank Shot
C’est le tir des puristes. Celui qui ne fait pas « swish », mais « baf ». Le Bank Shot, ou tir avec la planche, est un fondamental technique qui se perd. Pourtant, quand les pourcentages chutent, la planche reste votre meilleure amie. DĂ©cryptage d’un geste old-school, efficace et gĂ©omĂ©trique.
Définition du Bankshot pour les Basketix
Le Bank Shot, c’est l’art d’utiliser le rectangle blanc peint sur le plexiglas. Oubliez la ficelle, ici, on vise le « carreau ».
Le principe est physique. Isaac Newton est votre coĂ©quipier. En faisant rebondir la balle sur la planche, vous tuez sa vitesse et sa rotation. Le ballon arrive « mort » dans le cercle. C’est un amortisseur naturel. Attention, tous les endroits sur la planche ne fonctionnent pas, en dehors du carrĂ© blanc le Bank Shot devient une brique, mon move favori au playground de Breteville sur Odon.
Pourquoi l’utiliser ? Pour l’angle. Sur un tir de face, viser la planche est inutile, voire risquĂ©. Mais dès que vous vous dĂ©placez sur les ailes, Ă 45 degrĂ©s (le « coude » de la raquette ou elbow), la planche devient une arme lĂ©tale.
C’est de la gĂ©omĂ©trie simple. Si vous touchez le coin supĂ©rieur du petit rectangle blanc avec la bonne rotation, le ballon rentre. C’est mathĂ©matique. Pas besoin d’ĂŞtre Stephen Curry. Il faut juste comprendre les angles. Pour un dĂ©butant, c’est le moyen le plus sĂ»r de marquer un lay-up ou un tir Ă mi-distance. Le panier s’agrandit. La marge d’erreur diminue.
C’est le tir de la sécurité. Celui qu’on apprend à l’école de basket avant de vouloir shooter du logo.
La place du Bank Shot dans le basket moderne
Soyons clairs : le Bank Shot est une espèce en voie d’extinction.
Dans la NBA actuelle, dominĂ©e par l’analytique et le « Moreyball » (tout pour le 3 points ou le lay-up), le tir Ă mi-distance avec la planche est devenu une raretĂ©. C’est un tir considĂ©rĂ© comme « non-rentable » par les tableurs Excel des General Managers.
Aujourd’hui, le shoot doit ĂŞtre pur. Le swish est roi. Utiliser la planche sur un tir extĂ©rieur est souvent perçu comme un « tir de maçon », un coup de chance ou un aveu de faiblesse technique. Si un joueur marque un 3 points avec la planche sans l’annoncer, il s’excuse.
Pourtant, l’efficacitĂ© est lĂ . Selon des Ă©tudes de Kirk Goldsberry (analyste rĂ©fĂ©rence), le tir avec la planche depuis les ailes Ă mi-distance offre historiquement un pourcentage de rĂ©ussite supĂ©rieur de 20% par rapport Ă un tir direct.
Dans le basket europĂ©en et en Betclic Élite, oĂą le jeu est plus physique et les espaces rĂ©duits, maĂ®triser cet outil reste un atout majeur pour les intĂ©rieurs et les ailiers forts. C’est l’arme anti-doute. Quand le poignet tremble, la planche, elle, ne bouge pas. C’est un retour aux fondamentaux que certains coachs tentent de remettre au goĂ»t du jour pour punir les dĂ©fenses trop agressives.
Les Maîtres du carreau : Duncan, le patron
Impossible de parler de Bank Shot sans évoquer sa divinité vivante : Tim Duncan.
L’intĂ©rieur des Spurs n’Ă©tait pas le plus flashy. Il Ă©tait « The Big Fundamental ». Son Bank Shot depuis l’aile gauche Ă©tait automatique. Une routine robotique. Duncan ne sautait pas haut. Il ne jouait pas pour les highlights. Il jouait pour gagner. Ses stats en carrière ? 19 points, 10 rebonds de moyenne, et 5 bagues de champion. Une grande partie de ses 26 496 points a Ă©tĂ© marquĂ©e grâce Ă ce tir signature. Il a prouvĂ© qu’on pouvait dominer la ligue la plus athlĂ©tique du monde avec un tir de poussin.
Mais il n’est pas seul :
Dwyane Wade : L’arrière du Heat Ă©tait un maĂ®tre du Bank Shot Ă mi-distance. Moins fiable Ă 3 points, il compensait par une utilisation chirurgicale de la planche pour dĂ©border ses dĂ©fenseurs.
Scottie Pippen : Le lieutenant de Jordan utilisait la planche pour ses tirs en course, adoucissant la finition malgré les contacts rugueux des années 90.
Russell Westbrook : Plus rĂ©cemment, le meneur explosif utilise souvent le « pull-up bank shot » pour s’arrĂŞter net en pleine vitesse et marquer près du cercle.
Ces joueurs ont compris une chose : le style ne compte pas. Seul le score au tableau d’affichage importe.
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