Golden State Warriors 2015-2016 : Les 73 victoires qui ont révolutionné la NBA
Soixante-treize victoires. Un chiffre qui se suffit à lui-même. La campagne 2015-2016 des Golden State Warriors reste une anomalie statistique et une charnière dans l’évolution du basket moderne. C’est l’histoire d’un effectif qui a repoussé les limites du tir extérieur pour chiper le record des Bulls de Michael Jordan, avant de trébucher sur la dernière marche. Retour sur une saison de tous les extrêmes, où Stephen Curry a redessiné la géométrie du terrain.
Le contexte : de champions à chasseurs de records
Au sortir de leur titre en 2015, les Warriors ne sont plus une surprise, ils sont la cible à abattre. Dirigée par Steve Kerr (suppléé avec brio par Luke Walton lors de sa convalescence en début d’exercice), l’équipe s’appuie sur des fondations solides et un noyau dans la fleur de l’âge : le duo des « Splash Brothers » (Stephen Curry et Klay Thompson) et le chef d’orchestre défensif, Draymond Green.
Forts d’une campagne précédente à 67 victoires, les Californiens abordent la saison avec une confiance inébranlable. L’objectif glisse très vite de la simple défense du titre à la quête de l’excellence absolue. Le message envoyé au reste de la ligue est clair : le rythme va s’accélérer, et il faudra s’adapter ou sombrer.
La saison régulière : l’ascension vers les 73 victoires
La mise en route est foudroyante. Golden State enchaîne 24 succès consécutifs d’entrée de jeu, le meilleur démarrage de l’histoire des sports majeurs américains. Le collectif déploie un basket fluide, basé sur le mouvement perpétuel et une adresse lointaine létale.
Au terme des 82 matchs, le verdict tombe : 73 victoires pour 9 défaites. Le mythique record des Chicago Bulls de 1995-1996 (72-10) est officiellement battu.
Individuellement, Stephen Curry livre une saison d’anthologie qui fait de lui le tout premier MVP élu à l’unanimité. Ses moyennes (30,1 points, 6,7 passes, et une entrée dans le club très fermé des 50-40-90 aux pourcentages de tir) sont exceptionnelles, mais c’est son volume qui choque : il pulvérise son propre record avec 402 tirs primés réussis. Collectivement, la franchise domine la ligue avec 114,9 points inscrits par match et un Net Rating (différentiel attaque/défense) de +10,3, prouvant que leur fameux small-ball est tout aussi étouffant de l’autre côté du parquet.
La campagne de Playoffs : de l’épopée au cauchemar
Ce qui devait être le couronnement d’une saison parfaite se transforme en un parcours chaotique, poussant l’équipe dans ses retranchements physiques et mentaux.
Premier Tour : Houston Rockets
Résultat : 4-1
Série maîtrisée malgré une blessure au genou inquiétante pour Stephen Curry.
Demi-finale de Conférence : Portland Trail Blazers
Résultat : 4-1
Le retour de Curry (auteur de 40 points, dont 17 en prolongation au Game 4) scelle le sort de Portland.
Finale de Conférence : Oklahoma City Thunder
Résultat : 4-3
Menés 3-1, les Warriors arrachent un comeback retentissant. Klay Thompson sauve l’équipe lors du Game 6 avec 11 tirs primés, un record en playoffs.
Finales NBA : Cleveland Cavaliers
Résultat : 3-4
Le drame. Alors qu’ils mènent 3-1, la suspension de Draymond Green (Game 5) relance Cleveland. LeBron James et Kyrie Irving (41 points chacun au Game 5) initient le seul retour d’un déficit de 3-1 dans l’histoire des Finales.
L’échec au match 7, sur leur propre parquet, est brutal. Les Warriors ne parviennent pas à transformer leur saison record en titre.
L’héritage : une révolution sans bague
La campagne 2015-2016 occupe une place singulière dans la grande histoire de la NBA, et ce, pour trois raisons majeures :
– La redéfinition du possible : Avec 73 victoires, Golden State a prouvé qu’un niveau de domination en saison régulière que l’on pensait intouchable depuis l’ère Jordan pouvait être surpassé.
– Le basculement tactique : Cette équipe a agi comme un accélérateur pour le basket moderne. L’espacement du terrain (spacing), l’explosion du volume de tirs à trois points en transition, et l’efficacité du « Death Lineup » (un cinq majeur sans véritable pivot) ont contraint toutes les franchises à repenser leur approche du jeu.
– L’échec en finale : Qui nous offre une des plus belles finales de l’histoire de la NBA si ce n’est la plus belle. Avec un scénario digne de Space Jam et un game 7 d’anthologie. Ils auraient pu être la meilleure équipe de tous les temps.
Si l’absence du trophée Larry O’Brien laisse un goût amer, elle n’efface pas l’impact de ce groupe sur la discipline. C’est l’histoire d’une domination tactique totale qui a fini par céder face au scénario imprévisible du sport. Une anomalie majestueuse et tragique, qui a définitivement changé la manière dont le basket se joue aujourd’hui.
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