🔔 Camp Avril 2026 | Dernières places | -50€ avec le code AVRIL50

Alain Gilles : Le Monsieur Basket

Avant Tony Parker, avant Victor Wembanyama, il y avait le mythe. Le pionnier originel. Alain Gilles n’est pas juste un joueur, c’est le visage du basket français du XXe siècle. « Monsieur Basket » pour les intimes. Un meneur de jeu en avance sur son temps, qui a transformĂ© l’ASVEL en une dynastie intouchable. Retour sur la carrière de celui qui a fait passer la balle orange dans une autre dimension en France.

Une carrière dédiée à la gagne

L’Ă©closion Ă  Roanne et le grand saut

L’histoire commence dans la Loire. Alain Gilles est un gamin de Roanne. Il fait ses gammes Ă  la Chorale (le club de basket hein). Dès 1962, Ă  seulement 17 ans, il crève l’Ă©cran avec les pros. Son talent offensif est une anomalie pour l’Ă©poque. Il score, il court, il affole les compteurs. Très vite, l’Europe le repère. Le grand Real Madrid toque Ă  la porte. Mais Ă  l’Ă©poque, on ne quitte pas facilement le pays. C’est finalement RaphaĂ«l de Barros, prĂ©sident visionnaire de l’ASVEL, qui rafle la mise en 1965. Le transfert fait du bruit. Alain Gilles pose ses valises Ă  Villeurbanne. Et il ne les refera plus pendant vingt-et-un ans.

L’âge d’or et la dictature de l’ASVEL

Dès sa première saison dans le RhĂ´ne, l’impact est monstrueux. L’ASVEL remporte le titre de champion de France en 1966. C’est le dĂ©but d’une ère de domination sans partage. Sous l’impulsion de son meneur star, Villeurbanne devient une forteresse. Le basket des annĂ©es 60 et 70 est physique, rude. Alain Gilles y apporte de la vitesse et de la grâce. Il empile les titres avec une rĂ©gularitĂ© glaçante : 1968, 1969, 1971, 1972, 1975… L’ASVEL rafle tout. Le public de la Maison des Sports est en transe. Avec ses cheveux mi-longs et son aura de rockstar, Gilles devient l’icĂ´ne de toute une gĂ©nĂ©ration.

Le patron de l’Équipe de France

Son hĂ©gĂ©monie ne se limite pas aux parquets de l’Hexagone. Sous le maillot bleu, Alain Gilles est le taulier absolu. Il honore sa première sĂ©lection Ă  17 ans contre la Belgique. Il en portera 159 autres. Pendant quinze ans, il est le phare d’une Ă©quipe de France souvent en difficultĂ© face aux mastodontes de l’Est (URSS, Yougoslavie). Il termine sa carrière internationale avec 2 282 points marquĂ©s. En club, il devient injouable : en 1971, il tourne mĂŞme Ă  25,5 points de moyenne en championnat de France. Une machine Ă  scorer face aux meilleures dĂ©fenses d’Europe.

La fidélité verte et la transition sur le banc

La suite est une leçon de longĂ©vitĂ©. Contrairement au basket moderne oĂą les joueurs bougent tous les Ă©tĂ©s, Alain Gilles reste fidèle Ă  ses couleurs. Il gagne son dernier titre de champion de France en 1981, Ă  36 ans. En 1986, après 21 saisons consĂ©cutives sur le parquet villeurbannais, l’usure finit par avoir le dernier mot. Il range les baskets, mais ne reste pas très loin du terrain. Il devient l’entraĂ®neur de cette mĂŞme Ă©quipe de l’ASVEL, qu’il emmènera jusqu’en demi-finale de Coupe d’Europe en 1987. Il prouve que son QI basket ne se limitait pas Ă  ses qualitĂ©s athlĂ©tiques. Il Ă©tait un maĂ®tre du jeu.

Style de jeu : Le premier « combo guard » français

Sur le terrain, Alain Gilles Ă©tait une anomalie temporelle. Un meneur moderne coincĂ© dans les annĂ©es 60. Ă€ une Ă©poque oĂą le basket europĂ©en Ă©tait souvent stĂ©rĂ©otypĂ© et lent, lui jouait sur courant alternatif. C’Ă©tait un crĂ©ateur offensif pur.

Son arme fatale ? La vitesse. Il remontait la balle plus vite que tout le monde. Il excellait dans le tir en course et le tir Ă  mi-distance. Il n’y avait pas de ligne Ă  3 points durant la quasi-totalitĂ© de sa carrière (elle n’est introduite en Europe qu’en 1984) ce qui aurait pu augmenter son nombre de points en carrière. Alain Gilles n’Ă©tait pas le plus grand (1m88), ni le plus costaud. Mais son premier pas foudroyant laissait les dĂ©fenseurs sur place. C’Ă©tait aussi un passeur gĂ©nial. Il attirait les prises Ă  deux pour libĂ©rer ses intĂ©rieurs. Capable de planter 30 points si l’Ă©quipe en avait besoin, ou de distribuer le jeu avec une vision chirurgicale.

Tu veux du sport et du show ?

Pourquoi a-t-il marquĂ© l’histoire du basket français ?

Si vous cherchez le nom du « Meilleur basketteur français du XXe siècle », c’est lui. Ce n’est pas une opinion, c’est un vote officiel de la FĂ©dĂ©ration Française de Basket-Ball. Alain Gilles est une lĂ©gende parce qu’il a sorti le basket français de son anonymat.

Il a Ă©tĂ© la première superstar de notre sport. Celui qui remplissait les salles Ă  lui tout seul sur tous les parquets de France. Avant lui, le championnat Ă©tait rĂ©gional, presque confidentiel. Avec lui, il est devenu un spectacle. Sa fidĂ©litĂ© absolue Ă  l’ASVEL a cimentĂ© son mythe. Huit titres de champion de France : personne n’a dominĂ© le basket tricolore avec autant d’emprise sur une si longue pĂ©riode. Il incarne l’âge d’or du basket rhodanien. Plus tard, Tony Parker rachètera l’ASVEL en grande partie pour faire revivre cette Ă©poque de gloire, celle des annĂ©es « Gillou ».

Quand il s’Ă©teint en 2014, c’est tout le basket europĂ©en qui pleure. Il n’Ă©tait pas seulement un immense joueur, il Ă©tait l’Ă©lĂ©gance Ă  la française. Un gĂ©nie pur, un gagneur, et pour toujours, « Monsieur Basket ».

Les chiffres de la légende

8x Champion de France (1966, 1968, 1969, 1971, 1972, 1975, 1977, 1981)

2x Vainqueur de la Coupe de France (1967, 1984)

8x Élu meilleur joueur du championnat de France

160 sélections en Équipe de France

2 282 points marqués avec les Bleus

Élu meilleur joueur français du XXe siècle

Meilleur marqueur de l’histoire de l’ASVEL (plus de 6 100 points)

Article rédigé par alexis gallot
Assistez Ă  la prochaine rencontre et venez nous soutenir !
Paris pour Paris