Los Angeles Lakers 2001 : La naissance d’une dynastie
L’hégémonie faite franchise. Un tandem qui défie l’entendement. En 2001, les Los Angeles Lakers n’ont pas juste remporté un titre, on parle d’un des back-to-back les plus écrasant, si ce n’est le plus écrasant de l’histoire de la franchise. Emmenée par l’hydre à deux têtes Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, cette cuvée a livré la campagne de playoffs la plus terrifiante du basket moderne. Retour sur un rouleau compresseur qui a marché sur la NBA pour graver sa dynastie dans le marbre.
Contexte : L’obsession du doublé
L’ivresse du premier sacre (2000) est déjà dissipée. La validation du projet initié par Jerry West et couvé par Phil Jackson n’était qu’une mise en bouche. Désormais, la pression est étouffante : il faut réaliser le back-to-back pour passer du statut de belle équipe à celui d’empire.
L’échiquier est en place. Shaquille O’Neal trône sur la ligue, auréolé de son titre de MVP. Dans son sillage, Kobe Bryant, 22 ans, ronge son frein et mute en superstar absolue, affamé de lumière. Sur le banc, le Zen Master, Phil Jackson joue les funambules pour canaliser les egos enflammés de ses deux joyaux. Autour d’eux, les lieutenants (Derek Fisher, Rick Fox, Horace Grant) connaissent la partition par cœur. L’objectif est simple : ramener une nouvelle bague dans la Cité des Anges.
Saison régulière : Une gestion en clair-obscur
Le marathon de la saison régulière n’est qu’une formalité administrative pour L.A. L’équipe ne chasse pas les records estivaux, elle calibre ses moteurs. Les Lakers bouclent l’exercice avec un bilan de 56 victoires pour 26 défaites. Moins souverain que la saison précédente, mais amplement suffisant pour sécuriser la deuxième place à l’Ouest.
Sur le parquet, la tension entre O’Neal et Bryant crépite. Le cocotier tremble, Jackson joue les pompiers de service, mais individuellement, la production reste stratosphérique. Le « Diesel » continue de broyer les raquettes (28,7 points, 12,7 rebonds), tandis que le « Black Mamba » hisse son niveau de jeu à des hauteurs vertigineuses (28,5 points, 5,9 rebonds).
Puis vient le printemps. Le bouton est pressé. Les Lakers terminent la saison sur une dynamique foudroyante de 8 victoires consécutives (la série d’invincibilité se prolongera en playoffs). Un message clair est envoyé à la concurrence : le favori, c’est nous.
La chevauchée fantastique : 15 victoires, 1 accroc
C’est sous la lumière des projecteurs printaniers que les Lakers 2001 quittent la catégorie des grands pour rejoindre celle des géants. La campagne de playoffs se transforme en exécution publique, achevée sur le bilan quasi immaculé de 15 victoires pour 1 défaite.
Premier Tour : Gros coup de balais sur Portland Jailers (Blazers)
Résultat : Sweep 3-0
Le duel : Les Trail Blazers avaient poussé L.A. dans un Match 7 irrespirable l’année précédente. Cette fois, aucune négociation n’est permise. Les Lakers imposent une brutalité physique de chaque instant et étouffent l’Oregon. Le ton de la postseason est donné.
Demi-finales de Conférence : Humiliation des Sacramento Kings
Résultat : Sweep 4-0
Le duel : Les Kings de Chris Webber et Vlade Divac, rois du showtime moderne, promettent une opposition de style flamboyante. L’illusion est de courte durée. Kobe Bryant endosse le costume de bourreau et dissèque la défense californienne avec 35,0 points de moyenne. Les matchs restent plutôt serrés, 108/105 au game 1, 96-90 au game 2 mais le game 3 gagné à l’extérieur par les lakers scellent la série 103 – 81 avec les 36 points de Kobe. Qui récidivera en game 4 avec un énorme 48 points. Les Lakers filent en finale de conférence.
Finales de Conférence : Les Spurs de Duncan ? Terrassés
Résultat : Sweep 4-0
Le duel : Le véritable test, sur le papier. Les Spurs de Tim Duncan et David Robinson affichent le meilleur bilan de l’Ouest (58-24). Sur le terrain, c’est un massacre en mondiovision. L.A. balaye San Antonio avec un écart moyen historique de 22,3 points par match. Avec 39 points d’écart dans le game 3, les Lakers roulent sur les texans. Kobe est à 33 pts de moyenne sur la série, le Shaq est à 27 points. Duncan est muselé. Les Lakers foncent en Finales sans avoir lâché la moindre rencontre.
Finales NBA : La rébellion éphémère de Philadelphie
Résultat : 4-1
Le duel : Face à eux, les 76ers du MVP Allen Iverson. Le « Stepover » sur Tyronn Lue du Match 1 au Staples Center entre dans la légende : Iverson plante 48 points et offre la seule défaite des playoffs à L.A. Un frisson d’imprévu.
La réponse : Impitoyable et expéditive. Piqués au vif, les Lakers resserrent l’étau. Le duo Shaq/Kobe reprend le volant et enchaîne quatre victoires de rang. Shaquille O’Neal est couronné MVP des Finales au terme d’un chantier titanesque : 33,0 points et 15,8 rebonds de moyenne. Le repeat est dans la poche.
L’héritage : Le sommet de la chaîne alimentaire
La cuvée 2000-2001 est historique pour plusieurs raisons. Rarement une équipe a autant dominé une campagne de playoffs, c’est un back-to-back et c’est la confirmation qu’il va falloir compter sur Kobe Bryant comme parmi les très très grands de ce sport.
Même si le pourcentage de victoire de cette campagne (93,8 % avec 15 victoires et 1 défaite) a depuis été battu d’un cheveu par les Golden State Warriors de 2017 (16-1, soit 94,1 %), cette armada californienne reste la définition originelle de l’écrasement absolu en postseason.C’est le point d’orgue de l’association O’Neal-Bryant. Deux forces de la nature, au sommet de leur art physique et technique, rendant toute tentative de défense obsolète. Ce sacre ne valide pas seulement une dynastie, il propulse les Lakers vers le rarissime Three-Peat qui suivra en 2002.
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