Top 10 all-time des joueurs NBA les plus surcotés
SUR-CO-TÉ. 1 mot, 1 mot capable d’enflammer la toile basketball à lui seul. Top tiers des débats les plus clivants que le sport peut nous produire, la question autour des joueurs surcotés se termine constamment dans un bain de sang.
Oui, c’est sensible. Et oui, c’est de ce sujet dont nous allons parler aujourd’hui. Malgré l’aspect ultra subjectif qui découle de ce thème, on va tenter d’être un maximum objectif dans notre réflexion en se fondant sur le décalage entre la réputation et les accomplissements du joueur.
10) Jason Williams : Les fans de basketball qui ont grandi dans les années 2000 se souviennent de cette nouvelle vague empreinte de streetball. L’un des porte-étendards de ce nouveau phénomène se nomme alors Jason Williams. Ce petit meneur d’1 mètre 86 s’identifie comme le joueur pop-corn par excellence. Une vista au service de la technique résultant en un jeu éblouissant. Le « White Chocolate » – comme le surnomment les fans NBA – surfe toutefois sur cette vitrine ultra flashy nourrie par des passes exceptionnelles. Il ne s’agit pas d’un hasard si les Kings sont passés d’une simple équipe amusante à un prétendant légitime pour le titre final après l’avoir échangé contre Mike Bibby. Joueur génial certes, mais également joueur inefficace aux pourcentages très bancals. Le déchet représentait une partie conséquente de son jeu, tout comme ses prises de décision pas toujours des plus inspirées. Sans compter ces graves lacunes défensives. Sa seule bague de champion glanée en 2006 fait suite à un parcours dans lequel ce dernier occupait un rôle de complément. Pour se régaler, c’est validé ! Par contre pour gagner, c’est pas la même. Sa réputation de joueur champagne n’offre pas un décalage assez important pour lui permettre de grappiller davantage de place.
9) Vince Carter : On parlait de lui comme le « futur Michael Jordan ». À sa sortie de la fac, Vince Carter éblouissait l’ensemble de la planète basketball grâce à ses facultés athlétiques uniques que ne saurait sans nous rappeler un certain numéro 23. De ses dunks impressionnants à ses dunks incroyables en passant par… ses dunks sensationnels, Air Canada est parvenu à mettre Toronto sur la carte de la NBA. Dans un style différent de celui de Jason Williams, l’ailier éblouissait les férus de la balle orange grâce à sa puissance hors norme. Même si ses standards de saison régulière ne se trouvaient pas à la même hauteur que Jordan, il s’en rapprochait grandement. À contrario de son leadership ainsi que de sa présence dans les grands moments. Dès que ça comptait, ce dernier passait quasi automatiquement à côté. Il n’a par exemple jamais dépassé les 50% au tir toute campagne de playoffs confondue. En 22 ans de carrière, le moment que l’on retient surement le plus est surement sa performance au Slam Dunk Contest 2000. Cela en dit beaucoup sur cet aspect de géant qu’il dégageait en dépit d’un important talon d’argile. Un paradigme embelli qui lui vaut cette 9e place.
8) Reggie Miller : L’icône des Pacers illustre à merveille toute la subtilité du terme surcoté. On a tendance à l’omettre, mais le niveau de jeu ne représente absolument pas le principal critère des débats. Preuve à l’appui avec Reggie Miller dont la qualité depuis le parking se trouve au sein du panthéon du basketball mondial. Au cours de ses 18 saisons du côté de l’Indiana, The Knick Killer s’est imposé comme l’un des tout meilleurs offensifs de la ligue. Grâce à des glaçons présents au sein de ses veines, l’ailier a traumatisé bon nombre d’équipes lors du money time. Le Madison Square Garden en fait encore des cauchemars. Cette réputation acquise par ses coups d’éclat tout bonnement fantastiques l’a élevé sur un piédestal particulièrement mythifié. Beaucoup considèrent le quintuple All-Star comme un joueur bridé par sa franchise de cœur. Alors qu’en réalité, la qualifier comme une pièce ultime parait exagéré. Déjà, sa palette offensive était loin d’être la plus garnie. Et de manière générale, on retient énormément ses performances iconiques, mais bien moins ses contre-performances qui en découlaient. Nombreux se souviennent du geste d’étranglement de Miller envers le plus grand fan des Knicks – Spike Lee – lors du match 5 des finales de Conférence Est 1994. Cependant, on oublie trop souvent ses mauvaises sorties lors des matchs 6 et 7. Même bien entouré, pas sûr que Reggie Miller aurait pu porter sa franchise ne serait-ce qu’en Finales NBA. La spéculation l’entourant s’avère tout de même moins importante que son successeur au classement.
7) Scottie Pippen : Comment un sextuple bague peut-il se retrouver au sein de ce ranking ? Comment l’une des toutes meilleures options 2 de tous les temps peut-elle être surcotée ? Tout simplement car une partie importante des suiveurs ainsi que Scottie Pippen en personne n’ont jamais accepté ce statut de 2nd lame très honorable. Le swingman de grande taille a effectivement contribué au règne sans merci des Chicago Bulls dans les années 90. Un indispensable… et non un irremplaçable ! La différence est fine mais très importante. C’est vrai qu’avec Scottie Pippen on a un peu tendance à réécrire l’histoire, surtout depuis la sortie de The Last Dance. À entendre certaines personnes, le Pip serait presque sous-coté. Avec des si, on refait la carrière de Scotti. Alors qu’avec des faits, on l’a ternie. Au coté de MJ, ce dernier avait tendance à se dérober lors des moments qui comptent. Difficile, voire quasi impossible pour lui de revêtir un costume de 1ère option offensive. Et en plein prime, il n’est pas parvenu à se montrer à la hauteur d’un franchise player prétendant au titre final durant la pause d’1 an et demi de Michael Jordan. Son passage aux Blazers à l’issue du 2nd three-peat est tout autant fastidieux. Ne mettons pas les petits plats dans les grands.
6) James Harden : Dès ses débuts en tant que 6e homme à son dernier run de playoffs sous les couleurs des Cavs, l’homme à la barbe soyeuse a toujours divisé les fans de la balle orange. James Harden semble effectivement être entré dans une sorte de cercle vicieux au scénario répétitif : critiqué pour ses choix durant l’été – incroyable durant la saison régulière – retour dans la discussion des meilleurs joueurs offensifs de l’histoire – début des playoffs – réalise quelques coups d’éclat mais choke dans le moment qui compte – éliminé – critiqué durant l’été… La réputation du meneur diverge selon les périodes de la saison, même si pendant un paquet d’années tout le monde pensait que le MVP 2018 jouait dans la même cour que les Curry, KD ou encore Irving. À Houston, beaucoup pensaient que la mayonnaise ne prenait pas du fait qu’il était mal entouré. Puis il a insisté pour bouger. Nets, 76ers, Clippers et maintenant Cavs. Autrement dit : que des projets dont la fin s’est avérée périlleuse. Et à force de se retrouver constamment sur une scène de crime, on devient le suspect numéro 1. Non, James Harden n’a pas l’étoffe d’un franchise player. Une réalité que peu de personnes – notamment outre-Atlantique – ont du mal à accepter. D’autant plus que ces performances en playoffs plaident en notre faveur. Le plus important dans le basket-ball, c’est de finir avec une bague. Et pour y parvenir, le barbu ne représente pas une option fiable.
5) Derrick Rose : Attention, âmes sensibles s’abstenir. Oui, nous voici arrivés au chapitre Derrick Rose. Le plus grand « what if » de l’histoire de la NBA possède une place à part dans le paysage basketballistique en raison de son histoire déchirante. Un compte inachevé dont beaucoup aiment imaginer la suite. Justement, n’en fait-on pas trop avec le plus jeune MVP que la Grande Ligue ait connu ? Lorsque son nom apparaît au sein d’une discussion, l’émotion prend perpétuellement le pas sur la raison. Tel une tragédie où l’héros se voit trahi par un corps incapable de supporter ce surplus de talent. On nous vend un récit au sein duquel The Windy City Assassin serait devenu le visage de la ligue sans ses lacunes physiques. Cependant nous sommes en droit de nous interroger sur le scénario inverse. Car si on met de côté sa panoplie d’highlights incroyable, on voit un joueur assez unidimensionnel. Formidable slasheur, rebondeur ou encore défenseur. Mais également un shooteur limité, à la passe approximative, doté d’une création timide. La marque des grands champions est de pouvoir bonifier son jeu. Or, concernant Derrick Rose, rien ne nous assure qu’il n’aurait pas suivi une trajectoire à la James Harden par exemple. À savoir un superbe joueur d’attaque qui ne peut toutefois mener une équipe vers le graal. Le hisser au panthéon de notre sport comme beaucoup l’admettent revêt davantage de la spéculation que de la réalité. Ces quelques saisons flamboyantes représentent les arbres qui cachent une forêt de flops. Sorry…
4) Kobe Bryant : Continuons à désacraliser les grands noms de notre sport avec le Black Mamba. Un joueur générationnel possédant son propre carré VIP au sein du panthéon de la balle orange. Un joueur dont la mentalité a fortement inspiré la plupart des champions de nos jours. Un joueur quintuple champion au style de jeu éclatant. Un joueur classé pour sûr dans le Top 10 des plus grands noms de la NBA… mais pas plus haut, n’en déplaise à sa fan base. La fan base française s’avère davantage nuancée le concernant, consciente que ses accomplissements se trouvent en dessous des Kareem Abdul-Jabbar ou encore Magic Johnson. Par contre au pays de l’Oncle Sam, aucune demi-mesure n’est appliquée le concernant. On ne compte plus les diverses sorties l’élevant au même rang que l’intouchable duo LeBron-Jordan. Le mythe créé à son égard semble l’élever au-dessus de la réalité du parquet. Le numéro 6 de notre classement des meilleurs joueurs all-time possède une histoire largement déformée. N’en déplaise aux férus de storytelling, Kobe était utilisé comme une option 2 durant le three-peat de Los Angeles au début des années 2000. C’étaient les Lakers du Shaq et non de Bryant. Un superbe costume au vu de son âge, pleinement reflété par son temps de jeu ainsi que sa quantité de déchets balle en main. Et une fois la dynastie passée, ce dernier a dû attendre la venue d’un Pau Gasol calibre All-NBA First Team pour réaliser le back-to-back. Il était le leader de son équipe certes, mais n’oublions pas qu’il tournait alors en dessous des 43% au shoot durant chacune de ses finales disputées. Kobe est une icône située toutefois à des années-lumière du débat du GOAT.
3) Stephon Marbury : À regarder ses chiffres, Stephon Marbury possède l’ensemble des qualités que l’on demande à un meneur titulaire d’une équipe championne NBA. Pourtant, à chacun de ses passages au sein d’une franchise, les projecteurs se braquaient sur lui au détriment du collectif. Un phénomène individualiste, voire égoïste, en partie provoqué par le principal concerné. Avec le temps, sa hype a diminué bien qu’aujourd’hui il soit encore classé parmi les meilleurs joueurs de sa génération à son poste. Dommage pour lui que le basketball ne s’identifie pas comme un sport individuel. Son nom n’est pas des plus connus sur le Vieux Continent. Mais ne vous détrompez pas ! À l’heure actuelle, Starbury est probablement l’un des basketteurs les plus connus à l’international. Mais où ça ? Aux États-Unis, au Canada, en Amérique latine ? Non, en Chine ! L’actuel entraîneur des Beijing Royal Fighters est une superstar dans l’Empire du Milieu. Désolé d’avance auprès de nos lecteurs chinois. Le New-Yorkais n’a effectivement jamais su se métamorphoser en un joueur capable d’amener dans son sillage un collectif. Cette statistique le concernant illustre à merveille nos propos. Le bilan de chacune des équipes par lesquelles il est passé lors de sa dernière saison avec elles est de 103-189. Après le départ de Marbury, ces équipes (Timberwolves, Nets, Suns et Knicks) ont cumulé un total de 196-132. À noter ses pourcentages cataclysmiques en playoffs (35%) qui renforcent sa présence sur le podium.
2) Allen Iverson : Il est à coup sûr la personnification du basketball des années 2000. Le symbole d’un sport revenu à ses racines de la rue tant dans le style vestimentaire que dans le jeu. À propos de la forme, rien à dire. Sa personnalité, ses outfits, ses highlights ont bâti une image d’icône absolue. L’atypicité MVP 2001 lui vaut de nos jours la stature d’un géant fantasque, capable de mêler génie à efficacité. Mais comme la plupart des membres de cette liste, son influence a englouti ses vices. La même personnalité individualiste qui a fait de lui une légende a effectivement entravé sa capacité à prospérer dans des systèmes basés sur le collectif. Jamais il n’a réellement cherché à se remettre en question, à lâcher le ballon au profit de la gagne. On retrouve là aussi une dose trop importante de déchets. À cette époque, les différents systèmes offraient effectivement davantage de liberté ainsi que de responsabilité au franchise player. Néanmoins, aussi fort qu’il soit, The Answer n’a en réalité jamais trouvé la solution pour engranger une bague. 2001 s’identifie comme un épiphénomène marqueur de son talent hors norme, finalement incompatible pour la gagne.
1) Carmelo Anthony : Au sein de cette mythique Draft 2003 se trouvent le 2e plus grand joueur de l’histoire, 2 Heatles et le joueur NBA le plus surcoté. À savoir dans l’ordre LeBron James, Chris Bosh, Dwyane Wadepuis enfin Carmelo Anthony. C’est lui notre GOAT du jour. Offensivement parlant, peu de personnes peuvent regarder Melo dans les yeux et lui dire : je score plus que toi ! Que lui reprochait balle en main, hormis le fait que cette tendance à phagocyter le jeu n’a jamais porté ses fruits à long terme ? À Denver puis aux Knicks, il scorait, dominait comme rarement un joueur l’avait fait avant lui. Partout où il est passé, il n’a d’ailleurs pas hésité à prendre les clés du camion sans grande réussite. Le fait qu’il enchaîne les filoches lui a amené une image de joueur ultime, embourbé au cœur d’un petit marché. Donc après avoir fait le forcing pour passer de Denver à New York, les passionnés de basketball auraient dû assister à la quintessence d’un joueur ultime ? Loupé ! En 18 saisons, en 14 campagnes de playoffs, Carmelo Anthony n’a remporté que 3 séries. Le tout, accompagné de pourcentages descendants jusqu’à 33%. Pour aller loin en post-saison, une équipe doit en effet posséder dans ses rangs des joueurs qui défendent ou du moins qui essaient de gêner l’adversité. Problème : Captain Clutch est l’un des joueurs les plus unidimensionnels que la Grande Ligue ait hébergés. En résumé : un basketteur plus que respectable mais incapable de gagner.
À lire aussi
Les nouveautés














