Top 10 all-time NBA des meilleurs trashtalkers
Dans le monde des sports US, la parole semble parfois aussi puissante que l’action elle-même. Cette pratique visant à déstabiliser son adversaire par des propos provocateurs a un nom : le trashtalk. Une forme de tactique psychologique élevée au rang d’art en NBA. Certains joueurs sont d’ailleurs davantage connus pour leurs joutes verbales que pour leurs accomplissements en carrière.
Mais alors, qui est le maître de cet exercice si particulier ? Qui est parvenu à transformer sa bouche en véritable arme ? Car oui, ici on ne considère pas les showmans ou les joueurs simplement adeptes des insultes à foison. Non, le trashtalk doit être au service de la gagne. Tel est notre principal critère.
Attachez bien vos ceintures, ça va dégoupiller de tous les côtés !
10) Draymond Green : Il est l’exemple type du joueur que l’on déteste tous, sauf quand il joue avec nous. Éternel surcoté pour certains, génie incompris pour d’autres… Une chose est sûre concernant Draymond Green : ses cordes vocales sont parmi les toutes meilleures de la ligue depuis plus d’une décennie. Des discours empreints de provocation permis par ses 4 bagues de champions NBA. Il est l’âme de Golden State, le talion des Splash Brothers, la personnification du vice au cœur d’une NBA toujours plus lisse. Ancre défensive et facilitateur offensif, The Dancing Bear fait partie de cette rare caste dont on se souvient davantage de l’à-côté basket. À son prime, le leader vocal des Warriors parvenait constamment à remobiliser ses troupes lorsque le navire tanguait. Mais cela ne lui suffisait pas. Le pivot aime trop parler. Sur le parquet, ses mauvais gestes au service de son langage ont fait dégoupiller plus d’un. Même de vieux briscards adeptes de ce phénomène – tels Dillon Brooks ou encore Paul Pierce – ne parvenaient pas à conserver leur sang-froid. Le pire, c’est que maintenant il trasktalk également à distance via son podcast notamment. Son problème réside dans sa nature trop incontrôlable. Il use de cet outil de déstabilisation mais ne le contrôle pas pour autant. Trop souvent dépassé par ses émotions, Draymond Green peut à tout moment vriller aux dépens du collectif.
9) Charles Barkley : Aujourd’hui présent dans le paysage NBA en tant que consultant sur TNT, le petit ailier-fort à la détente de géant a bâti son art pour la punchline sur les parquets NBA. Quand en face s’avançaient des Michael Jordan ou encore des Reggie Miller, Charles Barkley n’en faisait qu’à sa tête. Connu pour son physique de déménageur déjà imposant, son aura venait également de sa langue bien pendue. Un contact perdu ? Un poster concède ? Et durant toute votre carrière au sein de la Grande Ligue, vous pouviez compter sur « Round Mound of Rebound » pour vous le rappeler. En plus de s’immiscer dans les cerveaux adverses, il apportait une touche divine à ses propos, usant de la religion pour soutenir sa confiance hors norme. Kevin Garnett – autre membre de cette liste – a même affirmé ceci à son égard : « Il était à un autre niveau, il inculquait la peur à tout le monde sur le terrain ». Une reconnaissance de ses pairs, comme reflet de son impact laissé sur la Grande Ligue à ce sujet. Il a transformé sa parole en une armure. Devant toutefois, se trouvent des joueurs bien plus provocateurs.
8) Paul Pierce : Un homme taillé dans la glace capable de prendre feu à tout moment. Doté d’une grande bouche ainsi que d’une confiance en soi parées à toute épreuve, Paul Pierce possède sans aucune contestation sa place au sein du Hall of Fame des meilleurs trashtalker. De base assez terrifiant aussi bien physiquement que dans son attitude très fermée, la légende de Boston nourrissait cette façade à l’aide de ses cordes vocales. Impossible pour ses adversaires de voir le moindre doute se dessiner sur son visage. « The Truth » comme on le surnommait, maniait à merveille la langue de Shakespeare afin d’asseoir son assise psychologique. Si son adversaire ne doutait pas, il le poussait à sortir de sa rencontre. Défier les plus grandes légendes représentait son quotidien. Une touche d’arrogance calculée, apportant la dernière fleur à ce bouquet bien chargé. Et s’il y en a bien un qui peut confirmer tout ça, c’est Al Harrington. Lors des playoffs 2003, l’ancien joueur des Pacers a pris une véritable leçon de la part de l’ailier. En l’espace d’une série, ce dernier est devenu l’exemple type des dégâts que le trashtalking peut infliger. Une combinaison entre talent et confiance hors du commun, mise en exergue par notre prochain pick.
7) Kobe Bryant : Ce n’est pas qu’une bête ! Ce n’est pas qu’un virtuose, qu’un attaquant hors norme, qu’une icône de la balle orange… Le trashtalking incarne effectivement une pierre importante de la legacy de Kobe Bryant. « Certains joueurs ont peur », déclarait-il. Correction : certains joueurs avaient peur d’une personne : Kobe ! Prolongement de cette Mentalité Mamba, l’arrière aimait trouver la faille, s’engouffrer puis éteindre les espoirs adverses. Véritable assassin verbal, l’on ne compte plus les anecdotes à son sujet. Jusqu’au bout d’une rencontre, il maintenait un avantage psychologique construit de toutes pièces sur son défenseur. Mot après mot, il enchaînait les phrases sèches, presque incompréhensibles à la 1ère écoute. Sauf que derrière, ces déclarations ruminaient encore et encore dans la tête puis comme par magie, le voilà en train de passer la barre des 30 points. Ça allait trop vite. D’ailleurs il n’oubliait pas de rappeler son nombre de bagues tout en continuant de gazouiller pendant 48 minutes. Une exigence poussée au maximum tant envers lui-même qu’envers ses coéquipiers. Jouer en compagnie d’un champion, c’est aussi devoir le supporter au quotidien (grosse pensée à Dwight Howard). Dorénavant, rentrons dans le trashtalking pur et dur !
6) Rasheed Wallace : Comment parler de trash-talking sans évoquer le recordman de fautes techniques en NBA ? Là où une certaine subtilité caractérise les attaques verbales de ses 2 prédécesseurs au classement, avec Rasheed Wallace rien n’est filtré. Il donnait l’impression qu’il disait littéralement tout ce qui lui traversait l’esprit. Et si un adversaire avait le malheur de louper un lancer franc, sa célèbre phrase « Ball Don’t Lie » (la balle ne ment pas) chatouillait instantanément ses oreilles. Personnification du vice, « Sheed » détestait le silence. La nécessité de combler le moindre blanc par une énième provocation paraissait presque viscérale chez lui. Imaginez devoir supporter pendant 48 minutes un mégaphone sur pattes qui – en plus de posséder un jeu sale – parlait sans arrêt. Face à cela, le cerveau humain disjoncte 8 fois sur 10. Nous ne sommes plus dans la domination mais bien dans le chaos psychologique. À l’aide de ses lèvres, l’intérieur créait un brouillard au sein duquel même les plus brillantes étoiles de la ligue se sont égarées. Car dans le sport, à partir du moment où la haine prend le pas sur la raison, c’est souvent de mauvais augure. Un peu à l’instar de Draymond Green finalement, ce côté incontrôlable lui a également joué de mauvais tours. Ici, on récompense ceux qui maîtrisent cette arme sans se prendre de plein fouet le revers de la médaille. D’où le fait qu’il ne soit pas Top 5.
5) Reggie Miller : Le temps de quelques soirées, le serial shooter des Pacers a fait du Madison Square Garden son jardin. Rien que cela ! Hormis les fans des Knicks, Reggie Miller s’identifie comme un trashtalker assez apprécié. Un fait rare au vu de la réputation du moins sulfureuse de la plupart des membres de notre classement. Lui a rapidement saisi la force qui découle du trashtalking. Dès son enfance, il s’amusait à défier, provoquer sa sœur Cheryl au cours de leur 1v1. Il a compris : lorsque les prises de parole s’avèrent correctement exécutées, elles peuvent entrer dans la tête d’un adversaire, dévorer sa confiance et ainsi le jeter hors de la partie. Une philosophie enfantine retranscrite à l’âge adulte. All-Star, entraîneur, personnalités publiques, ordre de fans, arbitre… Personne n’était à l’abri. La parole lui apportait une double utilité : déconcentrer ses adversaires tout en restant focus sur son objectif initial. Eh oui, tel un boomerang, il renvoyait les insultes qu’on lui conférait en 2 fois plus puissant. Ses confrontations éliminatoires face aux Knicks encapsulent parfaitement sa capacité à être le méchant de l’histoire. À noter cette petite touche d’originalité avec des gestes encore mimés 15 ans après par des Tyrese Haliburton, par exemple.
4) Kevin Garnett : Bon… il est temps d’ouvrir le dossier Kevin Garnett. Car là, niveau borderline on fait difficilement pire. L’icône des Wolves savait utiliser la parole afin d’amplifier la peur qu’il insufflait de base. Il s’agit exactement du même mode opératoire que les Kobe Bryant et compagnie. À la différence que l’intérieur allait plus loin, même trop loin. Au-delà de renforcer son ascendance psychologique sur ses adversaires, il les faisait totalement dégoupiller. Un mélange entre la froideur de Paul Pierce et la folie de Rasheed Wallace qui nous a offert un cocktail explosif. On ne parle plus de domination ni de chaos, mais plutôt de terreur psychologique. Impossible d’échanger le moindre regard complice avec « The Big Ticket ». Complimentez-le et il vous échangera un « fuck you » ! Pas vrai Joakim Noah ? Et encore, ça c’est soft comparé aux immondices sortis de sa bouche. Apparemment, lors d’une rencontre de playoffs contre les Spurs en 1999, le MVP 2004 a souhaité une bonne fête des mères à Tim Duncan alors qu’il savait pertinemment que Mme Duncan est décédée en 1990 des suites d’un cancer du sein. Mais sa sortie de route la plus connue reste quand ce dernier a déclaré à Carmelo Anthony que sa femme « avait le goût des Honey Nut Cheerios ». Des épisodes notoires comme lorsqu’il s’est moqué de l’alopécie de Charlie Villanueva mettent également en exergue cet angle très trash qu’il possédait et possède encore aujourd’hui. Un panel d’injures qui lui ont été bénéfiques d’un point de vue purement sportif. Cependant, le fond est tellement extrême que l’on ne peut pas l’intégrer au sein du podium.
3) Michael Jordan 🐐 : Notre GOAT se classe à la 3e place de ce ranking. La NBA est une ligue d’histoire avec en point d’orgue celle de Michael Jordan. Un récit mythologique principalement alimenté par son talent hors norme, mais aussi par le personnage qu’il incarnait. Kobe Bryant n’est en effet que la réincarnation des cendres laissées par le sextuple champion NBA. Cette mentalité où il n’y a de place que pour la gagne vient tout droit de son esprit. L’arrière était conscient de son talent. Et si les autres oubliaient ne serait-ce qu’une minute à qui ils avaient affaire, MJ ne manquait pas de leur rappeler. Sa tactique préférée ? Expliquer précisément à son adversaire exactement ce qu’il allait lui faire subir quelques secondes avant de réceptionner le ballon. Résultat : il appliquait au mot près son scénario avec la filoche en guise de cerise sur le gâteau. C’est terrible ! Bien qu’il donnait les clés à ses antagonistes, personne ne parvenait à fermer la boutique. En termes de destruction de la confiance, His Airness excellait de même. Muggsy Bogues est encore aujourd’hui marqué par les séquelles infligées par les jabs verbaux de Jordan. Démolir l’ennemi par la parole ne lui posait pas problème. Par contre, ses propres coéquipiers subissaient également un tarif similaire. Parfois cela fonctionnait ! Richard Hamilton a par exemple avoué que les petits pics que lui lançait le multiple bagué aux Wizards l’ont poussé à se dépasser. Mais on ne va pas se le mentir, la plupart du temps cela avait pour conséquence de détruire le joueur en question. Un léger bémol qui lui coûte le Top 2.
2) Gary Payton 🥈 : Parler, parler, encore et encore et encore… Lorsque vous étiez un arrière NBA dans les années 90 et que vous affrontiez les Seattle SuperSonics, voici le sort que vous réservait un certain Gary Payton. Considéré comme l’un des tout meilleurs verrous défensifs all-time, « The Glove » est l’archétype du poison. Ou plutôt, une sorte de sangsue. Une fois le coup d’envoi lâché, il s’agrippe à vous puis ne vous lâche plus d’une semelle de la 1ère à la dernière minute. Le tout, en absorbant tant votre énergie physique que mentale. Car oui, si le DPOY 1996 éteignait promptement les ardeurs adverses, c’est en grande partie grâce à sa grande bouche. Sur le parquet, son objectif principal était non seulement d’empêcher son adversaire de marquer, mais aussi et surtout de l’impacter sur le plan psychologique afin qu’il ne puisse pas se concentrer sur la rencontre. Comment est-ce possible qu’il n’ait jamais eu de crampe à la mâchoire ? Tout le monde est en effet unanime le concernant : il s’agissait du joueur qui parlait le plus et de loin. Une machine à punchlines comme jamais la Grande Ligue en a connue. Constamment en train de défier son antagoniste. Bref, un enfer. Limite, à lui seul il pouvait faire davantage de bruit que le public. Et là où la plupart des joueurs changent de personnalité une fois le match conclu, lui conservait son côté charrieur en tout temps. Un brouilleur né, classé juste derrière un joueur venu tout droit du fin fond de l’Indiana.
1) Larry Bird 🥇 : Les plus grands philosophes de guerre comme Sun Tzu ou encore Clausewitz aimaient rappeler dans leurs ouvrages l’importance de détourner l’attention adverse, de semer le doute, de confectionner un brouillard d’émotions négatives. Une approche théorique issue tout droit des tranchées que Larry Bird a déportée sur les parquets NBA à la perfection. L’ensemble des prismes évoqués au sein de cette mosaïque du trashtalking, le « Gold Hand » les maitrisait. Le chaos, la domination, la terreur, la saturation psychologique. N’importe la situation, n’importe quel adversaire, il réussissait à rentrer dans sa tête. Il peut être glacial à l’instar de cette phrase sortie à ses concurrents en amont du concours à 3 points de 1986 : « Lequel d’entre vous arrive en deuxième position ? ». Il peut aussi être fou, jusqu’à provoquer l’une des bagarres les plus mythiques de la Grande Ligue un soir de novembre 1984. Il peut asseoir son assise comme lorsque ce dernier a répondu au pic de Ben Poquette par l’intermédiaire de 41 points. Puis enfin, il peut détruire mentalement des légendes telles Denis Rodman. Durant les Finales de Conférence 1988, Larry Bird s’est amusé à crier pendant toute la rencontre des phrases types : « Je suis tout seul les gars ! Passez-moi le ballon avant qu’ils remarquent que je suis tout seul ! ». Sauf que le futur multiple champion NBA le collait aux basques. Plus tard, il avouera avoir été totalement déstabilisé. Tout comme Michael Jordan ou encore Gary Payton, l’héritage laissé par Larry Legend en termes de trashtalk est unique en son genre.
À lire aussi
Les nouveautés












