Don Collins, « Le Cobra » du CSP Limoges : carrière, palmarès et stats
Il y a des joueurs qu’on n’oublie pas, même quarante ans plus tard. Don Collins est de ceux-là. Un Américain passé par la NBA, débarqué à Limoges en 1987, et qui a tout raflé : trois titres de champion de France, trois trophées de MVP, une Coupe d’Europe historique. Surnommé « Le Cobra » pour sa façon de frapper au moment fatal, il reste l’un des étrangers les plus marquants de l’histoire du basket français. On vous raconte pourquoi.
La carrière de Don Collins : de Washington State à la légende limougeaude
Don Collins n’est pas un Américain de passage venu encaisser un chèque. C’est un vrai scoreur, formé dans l’élite universitaire US, passé par la NBA, et qui a trouvé en France le terrain de sa consécration. Retour sur un parcours en quatre actes.
Washington State : un recordman qui marque encore les esprits
Tout commence à l’université de Washington State, où Collins évolue de 1976 à 1980. Et pas comme un figurant.
En senior (saison 1979-80), il tourne à 23,1 points de moyenne. Un chiffre qui reste, plus de quatre décennies plus tard, le record de scoring sur une saison du programme. C’était alors la meilleure moyenne de la conférence Pac-10 depuis Bill Walton. Rien que ça.
Cette saison-là, il porte les Cougars à un bilan de 22 victoires pour 6 défaites et à leur première qualification en tournoi NCAA depuis 1941. Meilleur marqueur ET meilleur intercepteur de la conférence, il est logiquement élu joueur de l’année de la Pac-10 et désigné dans la deuxième équipe All-America AP. Un patron.
Draft 1980 et passage NBA : un rôle plus discret
Fort de cette saison référence, Collins est choisi en 18e position de la draft NBA 1980 par les Hawks d’Atlanta. La grande ligue, direct.
Mais la NBA ne lui déroule pas le tapis rouge. Sur six saisons et 303 matchs, il tourne à 9,8 points de moyenne à 48,5 % au tir. Honnête, sans plus. Il enchaîne quatre franchises : Atlanta (1980-81), les Washington Bullets, les Golden State Warriors (1983-84) et enfin les Milwaukee Bucks (1986-87).
Entre deux piges NBA, il cartonne en ligues mineures américaines. En CBA, il décroche trois titres de rang avec la franchise des Thrillers (1985, 1986, 1987). Le scoreur ne demande qu’à exploser. Il lui manque juste le bon contexte.
Limoges CSP : la rencontre parfaite (1987-1991)
Ce contexte, il le trouve en France. En 1987, le Limoges CSP mise sur lui. Bingo.
Le Limousin va vivre quatre saisons de feu. Collins y devient « Le Cobra » : un tueur de sang-froid, capable de planter le panier qui tue dans les dernières secondes. Un finisseur né, qui transforme chaque money-time en démonstration.
Les titres pleuvent. Champion de France en 1988, 1989 et 1990, vice-champion en 1991. Et un sommet européen : la Coupe des Coupes 1988, arrachée à Grenoble face à la Juventut Badalone (96-89 après prolongation), première Coupe d’Europe remportée par un club français. Un moment fondateur pour tout le basket hexagonal, aux côtés de Richard Dacoury, Stéphane Ostrowski et Clarence Kea.
Sa moyenne ? Stratosphérique. Autour de 25 points par match sur la période, avec un pic à 25,9 points en 1989. En finale du championnat 1988, il colle même 40 points sur un match — un record de scoring en finale de l’élite française qui a longtemps fait référence.
Fin de carrière : La Rochelle, la Suisse et le Mexique
Après l’épopée limougeaude, Collins prolonge l’aventure française du côté de La Rochelle au début des années 1990, en Pro B. Le Cobra n’a plus tout à fait le venin de ses grandes heures, mais le scoreur reste un scoreur.
Il poursuit ensuite à l’étranger, notamment en Suisse (Pully, Cossonay) puis au Mexique, où il termine doucement une carrière nomade. La boucle d’un joueur qui aura marqué partout où il est passé — mais nulle part autant qu’à Limoges.
Style de jeu : un finisseur de sang-froid
Le surnom dit tout. « Le Cobra » frappe vite, frappe juste, frappe au pire moment pour l’adversaire.
Collins, c’est d’abord un scoreur pur, un ailier mobile de 1,98 m capable de se créer son tir et de punir dans le money-time. Sa marque de fabrique : le clutch. Les paniers décisifs dans les dernières secondes, c’était sa spécialité.
À Washington State, il était aussi un redoutable défenseur sur ballon – meilleur intercepteur de sa conférence en 1980. Ce profil deux-en-un, scoreur élégant et gratteur de ballons, explique pourquoi il a su s’imposer aussi bien dans le jeu rapide à l’américaine que dans le basket européen, plus tactique.
Une combinaison de talent offensif et de mental d’assassin. La définition du joueur que tu veux avoir la balle en main quand tout se joue.
Pourquoi Don Collins a marqué le basket
Parce qu’il a été l’un des moteurs du premier âge d’or du basket français moderne. Soyons clairs : sans le trio gagnant de la fin des années 80, le CSP Limoges ne devient pas le club mythique qu’on connaît. Et Collins en était l’arme offensive numéro un.
Son empreinte est triple. D’abord, les trophées : trois titres de champion de France et la Coupe des Coupes 1988, première Coupe d’Europe d’un club tricolore. Une bascule historique. Le basket français prouvait qu’il pouvait gagner en Europe.
Ensuite, la rareté de son statut. Trois fois MVP du championnat de France (1988, 1989, 1990), il fait partie des très rares joueurs étrangers à avoir empilé autant de distinctions individuelles en France. Un niveau de domination quasi unique pour un import.
Enfin, la trace dans la culture populaire. À Limoges, on parle encore du Cobra. Il incarne cette époque où un Américain pouvait transformer un club de province en machine à gagner. Une légende locale, et un repère pour comprendre d’où vient le grand basket français.
Statistiques et palmarès de Don Collins
Les chiffres ci-dessous proviennent de sources publiques (Basketball-Reference / NBA, archives Washington State, Wikipédia et médias spécialisés français). Pour un joueur des années 80, certaines moyennes françaises restent approximatives selon les sources – on privilégie ici les faits et le palmarès, vérifiables.
Repères individuels
– 1979-80 (senior) : NCAA, Washington State = 23,1 pts/match – record du club, meilleur scoreur Pac-10
– 1980-1987 (6 saisons) : NBA = 303 matchs, 9,8 pts/match, 48,5 % au tir
– 1988 (finale) : Championnat de France = 40 pts sur un match de finale
– 1989 : Championnat de France ≈ 25,9 pts/match de moyenne
– 1987-1991 : Championnat de France ≈ 25 pts/match sur la période
Palmarès
– Champion de France (Limoges CSP) : 1988, 1989, 1990
– Vice-champion de France : 1991
– MVP du championnat de France : 1988, 1989, 1990
– Coupe des Coupes (Coupe Saporta) : 1988
– Final Four Coupe d’Europe des clubs champions : 1990
– Joueur de l’année Pac-10 (NCAA) : 1980
– Titres CBA (Tampa Bay / Rapid City Thrillers) : 1985, 1986, 1987
À lire aussi
Les nouveautés












