Top 10 all-time des plus gros steals de la Draft NBA
Derrière les étoiles de la draft se camouflent régulièrement d’autres astres tout autant brillants. La plupart du temps, ces derniers échappent à vue d’œil puis apparaissent une fois les 1ères stars passées. Mais d’autres se trouvent bien plus loin dans la Voie lactée. Seuls les GM munis d’un stéthoscope les repèrent. Ils les sélectionnent souvent dans l’indifférence, leur font confiance et résultat, d’énormes surprises émergent dans la Grande Ligue.
Voici le top 10 des meilleurs « steals » de l’histoire de la draft. Pour établir ce classement, les critères retenus sont les suivants : temps resté au sein de la franchise draftée, numéro du pick, rôle et apport.
10) Marc Gasol : On débute avec un 48e pick ! Sélectionné au 2nd de la Draft 2007, Marc Gasol représentait initialement le simple élément d’un package envoyant son frère Pau aux Lakers. De manière générale, on se souvient surtout de ce prisme, de cet échange ayant offert 2 bagues supplémentaires à Kobe Bryant. Par contre, on oublie trop souvent à quel point ce trade fut également une bonne affaire pour les Grizzlies. Le poste 5 de Girone débarque dans l’anonymat le plus total. À Memphis, il grappille toutefois rapidement d’importantes minutes. Sa vision de jeu élite – fruit d’une qualité de passe ainsi que de shoot rare pour un pivot – fait de lui un élément central de l’équipe. Surtout que de l’autre côté du parquet, il s’agit de l’un des tous meilleurs big men de sa génération, à l’image de ce titre de DPOY glané en 2013. Maillon central de ces fameux Grizzlies « Grit and Grind », pendant près de 10 saisons dans le Tennessee l’international espagnol ne remporte pas de trophées mais marque en profondeur les esprits. Il obtiendra même une place au sein de la All-NBA First Team 2015. Pas mal pour un 48e pick ! Cette carrière grandiose se conclura par un titre sous la tunique de Toronto. Aujourd’hui, son maillot se trouve en haut du FedExForum. Difficile de le mettre toutefois plus haut en raison de cette absence de titre accompagné d’un statut loin du calibre de « franchise player ».
9) Kawhi Leonard : George Hill… Les Indiana Pacers ont lâché Dāvis Bertāns, Erazem Lorbek mais surtout leur 15e pick de la Draft 2011 contre George Hill ! En soi, s’il ne s’agit que des 2 premiers noms, personne ne se souviendrait de ce trade. Sauf qu’avec ce pick, les Spurs misent sur un étalon entouré de doutes. Un joueur dont la plupart des spécialistes estiment que son manque de détente et de qualités offensives fera tâche dans la ligue. Les perspectives le concernant ne dépassent pas le statut de 3e option. Toutefois, Gregg Popovich nourrit de confiance cet ailier fort. Petit à petit il trouve ses marques, progresse à vitesse grand V, puis s’impose comme l’un si ce n’est le leader de San Antonio. Kawhi Leonard vient de poser les bases de sa légende ! Déjà défensivement parlant, son immense envergure lui prévaut un titre de DPOY. Mais encore, cette assise sans ballon ne sort pas de nulle part. En NCAA, ce dernier avait déjà mis en exergue cet aspect de son jeu. Non, le plus étonnant s’avère lorsque le ballon se trouve entre ses mains. On y retrouve des fulgurances jordaniennes, une puissance associée à une adresse dévastatrice. Même si son passage au Texas sera entaché de ses lancers francs manqués en Finale 2013 contre Miami, il se rattrapera largement dès 2014 avec ce titre auréolé d’un MVP des Finales. Cet exploit, Sugar K le reproduira d’ailleurs aux Raptors en 2019. C’est ce que l’on appelle un bon gros steal ! La durée assez éphémère de son règne chez sa 1ère franchise ainsi qu’un pick relativement bas comparé à la concurrence l’empêchent de viser plus haut. Une chose est sue : les Spurs savent dénicher les pépites.
8) Dennis Rodman : Qui aurait imaginé qu’au sortir du lycée, un gamin d’1 mètre 68 constamment coupé de l’équipe deviendrait une légende du basketball ? Personne, y compris le principal concerné ! Durant ce même été, Dennis Rodman troque la balle orange pour le balai. Il occupe le poste non pas de pivot mais bien de concierge dans l’anonymat le plus total. À mesure que les jours passent, ce dernier continue néanmoins de grandir et pas qu’un peu. Cette fulgurante poussée de croissance le pousse à retrouver le parquet. Après quelques essais peu fructueux au sein d’universités calibrées, il se dirige finalement vers la modeste Oklahoma State University. En NAIA (le championnat universitaire mineur), il explose les compteurs (17,6 points et 13,3 rebonds). Enfin, il crève l’écran au Portsmouth Invitationnal. Cette performance pousse Jack McCloskey à se pencher sur le cas Rodman. Detroit priorise finalement John Sammey à la Draft 1986 puis le choisit en 27e pick. Encore une fois, ce mouvement s’identifie davantage comme une pièce jetée en l’air. Et qu’est-ce que les Pistons ont bien fait de prendre ce risque ! Rouage essentiel de ces Bad Boys, The Wormse révèle comme l’un des tout meilleurs défenseurs que notre sport ait connu. En dépit de son âge reculé, il fait preuve d’une roublardise ainsi que d’une capacité à capter des rebonds hors norme. L’homme aux cheveux multicolores réalise back-to-back et en tant que champion NBA (1989-1990) et en tant que DPOY (1990 et 1991). 7 campagnes au cours desquelles il illuminera le Michigan avant d’aider Michael Jordan à réaliser un nouveau three-peat du côté des Bulls. Dommage qu’il n’ait pas passé son prime chez sa franchise natale.
7) Tony Parker : On retourne au sud des États-Unis pour parler de ce pick qui nous est bien familier. La France connaissait le talent de ce jeune meneur de 18 ans titulaire en PRO A. Par contre, les Ricains ne voyaient pas ce joueur d’un bon œil. À l’heure de cette Draft 2001, les Européens s’avèrent encore largement snobés de l’autre côté de l’Atlantique. Bien que Tony Parker sonne comme un nom made in USA, le futur GOAT du basketball tricolore n’échappe pas à la règle. Il passe sous les radars, hormis pour un certain RC Buford. Le GM des Spurs plaide depuis pas mal de temps en la faveur du Français. Gregg Popovich n’est cependant pas totalement convaincu, surtout après un 1er workout de TP totalement raté. Heureusement pour notre histoire, le joueur du PSG Racing saisit la 2nd chance qui lui est donnée. Arrivé à la draft, San Antonio ne veut que lui… et ils sont bien les seuls ! La franchise attend patiemment le 28e pick avant de le sélectionner. Un choix promptement payé car en à peine quelques matchs Tony Parker se hisse dans le 5 majeur, devient un membre à part entière d’un trio iconique au côté de Ginobili et Duncan, amasse les bagues et obtient ce titre de MVP des Finales 2007. Notre Frenchie n’a manqué aucune miette de son rêve américain, pour le plus grand bonheur des Spurs. Sa longévité lui rapporte bon nombre de points comparé entre autres à Rodman, cependant il ne s’agissait de la 1ère option de son équipe.
6) John Stockton : Visage juvénile, physique frêle et petit mètre 85. Nous sommes très loin des stéréotypes du golgoth NBA, surtout au vu de la concurrence lors de cette Draft 1984. Hakeem Olajuwon, Michael Jordan, Charles Barkley, Alvin Robertson, Kevin Willis… Que des cyborgs que les franchises se sont arrachés. Face à cet attroupement de prospects, le Jazz a une idée claire en tête : rapatrier ce fantasque meneur de Gonzaga que tout le monde a mis de côté pour une question de gabarit. Car sur le papier, comment expliquer que le meilleur marqueur, passeur et intercepteur de la conférence West Coast Athleticsoit drafté à la 16e position ? Une question que les Cavs, les Suns, les Clippers ou encore les Mavs doivent encore se poser. Tant mieux pour la bande de Jerry Sloan ! Avec la sélection de Karl Malone l’année suivante en 13e place (là aussi un beau steal), Utah s’approprie à bas coût les 2 piliers de son âge d’or. Une période anormalement régulière au sein de la Grande Ligue, symbolisée par ses 15 participations consécutives aux playoffs de 1989 à 2003. Chef d’orchestre de cette armada légendaire, le meilleur passeur (15 806) et intercepteur (3265) all-time de la NBA s’identifie comme LE plus grand meneur de sa génération. Membre de la légendaire Dream Team 1992, le natif de Spokane échouera dans la quête d’une bague (merci Jordan) mais marquera à jamais son nom dans le livre d’or du Jazz. L’homme d’une franchise possède également un palmarès individuel incroyable : 10 All-Star Game, 11 All-NBA Team, 5 All-Defensive Team et 1 MVP. Un roi sans couronne dont l’absence de bague le stoppe à la frontière du Top 5.
5) Draymond Green : Ces Warriors 2.0 prennent forme sous l’égide de Mark Jackson. À la révélation Stephen Curry, est venu s’ajouter le sniper Klay Thompson. Le collectif prend forme mais manque encore d’un patron à l’intérieur. D’un soldat couteau suisse capable de peser sous le cercle sans pour autant représenter un poids dans le jeu déployé par Golden State. Il faut un profil hybride, il faut un dernier soutien aux Splash Brothers ! Et celui-ci pointe le bout de son nez au cours de la Draft 2012. La franchise californienne possède en effet d’intéressants picks qu’ils utilisent pour recruter Harrison Barnes ou encore Festus Ezeli. Vient ensuite le 2nd tour durant lequel la franchise parvient à récupérer le 35e pick des Nets afin de sélectionner Draymond Green. Trop petit pour jouer pivot (voire même ailier-fort), pas assez à l’aise balle en main pour évoluer sur les lignes arrière, pas assez bon shooteur pour jouer sur les ailes… Que faire de ce joueur dont personne ne veut ? Et bah peut-être transformer cette atypicité en force ! Steve Kerr déniche un QI basket bien au-dessus de la moyenne chez Day-Day complété par une défense élite malgré sa taille. C’est lui qui sera le boss de la peinture. Le DPOY 2017 devient le pendant idéal des Splash Brothers. Un excellent relais, poseur de screen redoutable dont la vision du jeu alimente constamment les coéquipiers de Steph. Acteur majeur des 4 bagues empochées par cette dynastie, ce dernier compte également à son palmarès plusieurs sélections All-Star, plusieurs sélections All-NBA. Son caractère fastidieux et son importance moindre comparé aux prochains noms le classent à cette belle 5e place.
4) Giannis Antetokounmpo : Pour le coup, il fallait avoir le flair concernant ce jeune Greco-Nigérian de 18 ans. Lorsque Jonathan Givony de DraftExpress découvre Giánnis Antetokoúnmpo, il évolue alors dans de minuscules gymnases athéniens. Et l’année de sa draft, il joue ni plus ni moins qu’en 2e division grecque. D’accord, il performe et décroche même une place pour le All-Star Game. Mais cela ne va pas plus loin. Son CV est loin de s’avérer à la hauteur des plus grands. Et contre toute attente, les Bucks utilisent leur 15e pick pour le prendre alors que tout le monde l’imaginait comme un profil calqué sur les critères du 2nd tour. Lors de la conférence de presse d’introduction, John Hammond intrigue par sa sérénité au sujet de ce joueur au nom imprononçable. Il en parle comme d’un « futur All-Star » ! Une grande partie des férus de la balle orange estime qu’il se trompe et ils ont raison. The Greek Freak est devenu LA star de la NBA, LE co-meilleur joueur de sa génération, L’extraterrestre qui a ramené le titre de champion NBA à Milwaukee après 50 ans d’attente. Dans la foulée de ce MIP glané en 2017, Giánnis se transforme en double All-Star capable de renverser des Finales NBA à lui seul. Ce physique de dieu grec lui offre une assise des 2 côtés du parquet sensationnelle. Il n’en reste pas moins proche du Top 10 et ne possède pas encore la même legacy que son successeur au classement.
3) Kobe Bryant : Au milieu des Michael Jordan, Bill Russell, Tim Duncan et compagnie, notre classement des meilleurs joueurs all-time de la NBA héberge un 13e pick de draft. Oui, oui… En 1996, près de 12 franchises sont passées à côté de l’un des plus grands joueurs de l’histoire. Pire, la franchise au sein de laquelle le Black Mamba écrira sa légende n’est même pas celle l’ayant sélectionné. Au moment de serrer la main à David Stern, Kobe Bryant porte en effet la casquette des Hornets. Pourtant, c’est bien sur la côte de Los Angeles que ce jeune gamin de 18 ans écrira sa légende. Pourquoi donc Charlotte a lâché ce joyau ? Car en contrepartie se trouvait le grand, l’immense Vlade Divac. Aujourd’hui, plus personne ne le nomme ainsi, mais plutôt : « Ah oui, celui qui s’est fait trade en échange de Kobe ! ». La suite tout le monde la connait, mais on ne se lasse pas de la répéter. 4 ans après son arrivée dans la Grande Ligue, il empoche le 1er titre de ce three-peat inaugural en compagnie du Shaq. Puis à la suite d’une période de creux, il enchaîne avec un back-to-back, claque 81 points, soulève son seul MVP et réalise une tournée d’adieu emblématique. S’il est de loin le meilleur élément de cette liste, devant lui se trouvent des légendes acquises au 2nd tour.
2) Manu Ginobili : Durant toute sa jeune carrière, ce jeune basketteur de Bahía Blanca a dû se battre pour créer son trou en Italie, en Europe et finalement en NBA. La 1ère marche est réussie avec brio dans son pays natal, ce qui lui vaut une virée longue de 4 ans en Italie. D’abord au Viola Reggio de Calabre puis au Virtus Bologne, il s’impose comme LE meilleur joueur du Vieux Continent. Un statut quasi unique pour un joueur de son âge, que les Étatsuniens ne prennent absolument pas en considération. Car en parallèle de ces accomplissements, la NBA refuse de lui ouvrir ses portes. Gregg Popovich sent toutefois en lui un profil bien particulier. Rien de bien incroyable cependant, car les Spurs patientent jusqu’au 57e pick de la Draft 1999 pour le sélectionner. Oui, le 57e pick ! Drafté ne signifie pour autant joué. Dès lors recruté, San Antonio active ses droits et le laisse faire ses classes en Europe. Pendant 3 ans, aucun de ses exploits n’attire l’œil de la franchise. Il faut attendre la Coupe du Monde 2002 où il termine 2e sous la tunique argentine, pour que enfin les Spurs lui donnent une chance. Aussitôt intégré au sein de l’effectif gris et blanc, Gino met tout le monde d’accord. 6e homme de luxe ainsi que membre à part entière du trio Duncan-Parker-Ginobili, il amène une énergie unique dans la ligue à chacune de ses entrées. Cela se matérialise par 4 bagues en près de 16 saisons, dont un contre légendaire sur Jared Harden lors des demi-finales de Conférence 2017 contre Houston. Cette place sur le podium est à la hauteur de son pick. 57, rendez-vous compte ! La différence avec le numéro 1 du jour réside dans son statut.
1) Nikola Jokic : La 1ère image de Nikola Jokic en NBA correspond à une publicité Taco Bell. Oui, cette phrase existe ! Seul un furtif bandeau tout en bas de l’écran indiquait au spectateur le nom du 41e pick de la Draft 2014. Un certain Nikola Jokic… Ce pivot de 2 mètres 11 nous vient tout droit du KK Mega Vizura où il reste sur une campagne à 19.2 points de moyenne en championnat serbe. Ce livre sans doute très intéressant a toutefois repoussé plus d’un GM à cause de sa couverture du moins particulière. Pas très beau gosse, assez lent et surtout doté d’un physique plus proche d’un basketteur du dimanche que d’un joueur NBA. Une 1ère impression camouflant d’intéressantes performances lors du championnat du monde U19 2013 ou encore du Hoop Summit 2014. Seuls les Nuggets se sont penchés sur le fond du personnage et ils ont bien eu raison. Sa saison rookie en surprend plus d’un. Même Denver ne semblait s’attendre à un tel niveau. En plus de 80 matchs, le Joker tourne presque en double-double de moyenne. Un avertissement en amont de la tornade ! Mr triple-double va totalement redéfinir le poste de pivot. Fin technicien, le triple MVP marche encore aujourd’hui sur la ligue avec en point d’orgue cette campagne de playoffs 2023. Il est de loin le plus grand steal de l’histoire de la NBA.
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