Wilt Chamberlain : L’homme aux 100 points

Il y a les joueurs de basket, il y a les légendes, et puis il y a Wilt Chamberlain. Un mythe. Un livre des records à lui tout seul. Si vous trouvez que les lignes de statistiques des stars actuelles sont impressionnantes, asseyez-vous bien. Oubliez les jeux vidéo, Wilt Chamberlain est le « cheat code » originel. En fait même sur 2k en facile, je fais pas les stats de Wilt. Un athlète tellement dominant qu’il a forcé la NBA à modifier ses règles pour donner une chance aux autres. Récit du géant qui a laissé une trace indélébile sur le basketball. 

Une carrière aux frontières du réel

L’arrivée d’un extraterrestre en NBA

Avant même de poser un pied en NBA, « Wilt the Stilt » (l’échassier) est déjà une star. Il fait le show avec les Harlem Globetrotters car la ligue n’accepte pas encore les joueurs n’ayant pas terminé leur cursus universitaire. Une de ses photos les plus célèbres, c’est celle sous le maillot des Harlem Globetrotters. En 1959, il débarque enfin chez les Philadelphia Warriors. L’impact est sismique. Dès sa première saison, il tourne à 37,6 points et 27 rebonds de moyenne, de moyenne ??? Rookie ??? C’est pas la même époque, mais quand même, ça vous pose le bonhomme. Il est élu Rookie de l’année et MVP de la saison régulière. Un exploit unique. La NBA vient de trouver son premier monstre physique.

2 mars 1962 : L’anomalie statistique

C’est l’une des dates les plus iconiques de l’histoire du sport américain. Dans une salle miteuse de Hershey, en Pennsylvanie, Wilt Chamberlain réussit l’impossible. Contre les Knicks de New York, il inscrit 100 points dans un seul match. Pas de ligne à 3 points. Juste une domination brutale et systématique. Il prend 63 tirs, en rentre 36, et réussit 28 de ses 32 lancers francs. Cette année-là, il termine la saison avec une moyenne hallucinante de 50,4 points par match. Des chiffres qui ne seront jamais effacés des tablettes.

La guerre des mondes : Wilt vs Russell

Impossible de raconter Wilt sans parler de Bill Russell. C’est la plus grande rivalité de l’histoire du basket. D’un côté, Chamberlain, le titan statistique, la machine à scorer inarrêtable. De l’autre, Russell, le leader défensif des Boston Celtics, l’incarnation du collectif. Pendant une décennie, ces deux géants s’affrontent. Wilt gagne souvent les batailles individuelles, capturant par exemple 55 rebonds sur la tête de Russell lors d’un match en 1960 (record absolu). Mais Russell gagne les guerres et les bagues. Wilt score, fait des stats mais ne gagne pas, alors à quoi bon toutes ces stats ? Cette frustration va forger la deuxième partie de carrière de Chamberlain.

1967 : La mutation et le titre

Critiqué pour son individualisme, Chamberlain décide de changer la narration. Saison 64-65 retour à Phillie pour Wilt (les Warriors étant passés de Philadelphie à San Francisco en 1962), il accepte de moins scorer pour faire briller ses coéquipiers. Le coach Alex Hannum lui demande de devenir un facilitateur. Le résultat est terrifiant d’efficacité. Les Sixers remportent 68 matchs. Wilt ne tourne “qu’à” 30,1 points, en revanche c’est 22 rebonds par match. En playoffs, ils détruisent enfin les Celtics de Bill Russell. Wilt décroche sa première bague de champion en 1967. Pour prouver qu’il n’est pas qu’un scoreur, il terminera même la saison suivante (1967-1968) comme meilleur passeur de la ligue au nombre total de passes décisives. 702 passes sur la saison pour une moyenne de 8,6 par match. Wilt n’était pas qu’un gros bourrin qui dominait physiquement ses adversaires sous le panier.

Fin de règne hollywoodienne aux Lakers

En 1968, Chamberlain rejoint le glamour de Los Angeles. Il s’associe à Jerry West et Elgin Baylor. Son rôle évolue encore. Il vieillit, se blesse au genou, mais se mue en un défenseur rugueux et reste un rebondeur d’élite. En 1972, les Lakers réalisent l’impensable : une série de 33 victoires consécutives (record toujours invaincu). L’équipe file vers le titre. Wilt est élu MVP des Finales avec un poignet cassé. Une sortie de scène digne des plus grands blockbusters californiens.

Style de jeu : Une domination athlétique pure

Wilt Chamberlain mesurait 2m16, mais sa taille n’était pas son seul atout. C’était un athlète d’exception. Avant le basket, il brillait en athlétisme (saut en hauteur, lancer du poids, 400 mètres). Sur un parquet, il courait plus vite et sautait plus haut que tout le monde. C’est cette association taille – athlétisme qui ont permis à Wilt d’autant dominer. Il était grand mais surtout très mobile.

Offensivement, il ne se contentait pas de dunker. Son arme signature était le finger roll (un lay-up en faisant rouler la balle sur le bout des doigts) et un redoutable fadeaway près du cercle. Dos au panier, sa puissance était telle que les prises à deux ou à trois ne servaient à rien. Défensivement, il contrait tout ce qui bougeait (les contres n’étaient pas comptabilisés à son époque, mais les historiens estiment qu’il tournait à plus de 8 contres par match). Son seul talon d’Achille ? Les lancers francs. Il a tout essayé pour corriger le tir, y compris tirer « à la cuillère », sans grand succès sur la durée.

Du spectacle du début à la fin ?

Pourquoi le « Big Dipper » a traumatisé la NBA

Wilt Chamberlain est unique parce qu’il a littéralement obligé la NBA à changer ses lois. La ligue a dû élargir la raquette pour l’éloigner du panier. Elle a interdit de franchir la ligne des lancers francs avant que le ballon ne touche le cercle (parce qu’il dunkait ses lancers francs après avoir pris de l’élan). Elle a interdit de remettre la balle en jeu en la faisant passer par-dessus la planche (parce que ses coéquipiers lui faisaient des passes lobées invisibles pour la défense).

Il était trop grand, trop fort, trop en avance sur son temps. Chamberlain n’était pas qu’un joueur, c’était un phénomène de foire au sens noble du terme. Il a banalisé l’extraordinaire. Lors de la saison 1961-1962, il a joué 48,5 minutes par match en moyenne. Le temps réglementaire dure 48 minutes. Il n’a raté que 8 minutes sur toute la saison à cause d’une expulsion, et jouait toutes les prolongations.

Chamberlain a marqué la NBA car il a posé des records qui ne seront jamais effacés. Il est la définition même du terme « injouable ».

Les statistiques de l’impossible

2x Champion NBA (1967, 1972)

4x MVP de la saison régulière (1960, 1966, 1967, 1968)

100 points dans un seul match (2 mars 1962)

55 rebonds dans un seul match (record absolu)

7x Meilleur marqueur de la NBA (dont 50,4 pts/match en 1962)

11x Meilleur rebondeur de la NBA 31 419 points en carrière (7e de l’histoire)

23 924 rebonds en carrière (1er de l’histoire, record intouchable)

Article rédigé par alexis gallot
Assistez à la prochaine rencontre et venez nous soutenir !
Paris pour Paris