Top 10 All-Time des meilleures basketteuses françaises
Il y a quelques mois de cela, on vous avait concocté le Top 10 all-time des meilleurs joueurs français. Alors désormais, place à nos basketteuses ! Et pour le coup, là aussi on y retrouve du beau monde toutes époques confondues. Un concentré de talent, une mine à diamant bleu – blanc – rouge.
Ici on ne s’arrête pas à la simple sphère internationale car les prouesses en club occupent également une place importante. Nos critères sont les suivants : impact dans l’histoire, présence dans la mémoire collective, accomplissement tant collectif que personnel, talent intrinsèque et palmarès.
10) Isabelle Yacoubou : Point d’ancrage des « Braqueuses », Isabelle Yacoubou se distingue de nos jours comme l’une des dernières grandes pivots tricolores « à l’ancienne » dans le sens noble du terme. Un concentré de puissance issu tout droit de Tarbes où la Franco-Béninoise s’est révélée aux yeux du monde professionnel. La rampe de lancement d’une carrière remplie d’accomplissements sur le plan européen. Championne nationale au sein de 3 pays différents, c’est à Valence qu’elle réalisera son plus bel accomplissement en remportant l’EuroLeague 2012. Du moins en club. Isabelle Yacoubou détient en effet l’un des palmarès les plus fournis de l’Équipe de France. Multiple vice-championne d’Europe, l’intérieur a surtout pesé dans la conquête de l’EuroBasket 2009 ainsi que dans la médaille d’argent glanée aux JO 2012. Son jeu de fixation couplé à une dimension athlétique hors norme traumatisait les raquettes tout en libérant de l’espace aux extérieurs. Elle pouvait aussi faire basculer le cours d’une rencontre au rebond. La recordwoman nationale du lancer de poids de 2004 à 2016 (vrai fun fact) n’a néanmoins jamais été LA franchise player de son équipe, à l’image d’un palmarès individuel bien vide.
9) Marine Johannes : La double médaillée olympique détone, intrigue. À bien des égards, la formation française incarne la crème de la crème. Le contingent de Frenchies en NBA comme en WNBA ne cesse de croître et cela ne découle pas du hasard. Physique, flexible tactiquement, athlétique, complet… Dans l’Hexagone, on sait insuffler ce panel de qualités aux stars de demain. Par contre c’est vrai que cette philosophie prend régulièrement le pas sur la créativité pure, sur le basket-ball dit plus « romantique ». Nos internationaux possédant cette force se comptent sur les doigts d’une main et Marine Johannès en fait partie. De la France aux États-Unis en passant par l’Europe, partout la joueuse emblématique de l’ASVEL est reconnue pour son talent hors norme. Fantasque, la mi-combo guard mi-swingwoman peut faire de l’or à partir de boue. En une action, en un éclair de génie, la Normande sait décanter une séquence morose. Caviars surprenants ou 3 points redoutables agrémentés d’un bagage imprévisible. Et ce pour le meilleur comme pour le pire. À l’instar de nombreuses joueuses de cette caste presque artistique, Marine Johannes fait régulièrement preuve d’irrégularité. Un talon d’Achille qui ne l’a toutefois pas empêchée d’empocher le MVP de l’EuroCup 2023, le titre de meilleure arrière d’EuroLeague 2019 tout en atteignant les finales WNBA 2023. Ces belles années sont encore devant elles. Nul n’en doute, qu’elle continuera de gravir les échelons.
8) Odile Santaniello : À une époque charnière du basketball français trop souvent oubliée, « Santa » a allumé la flamme chez bon nombre de nos futures championnes d’Europe. Dans un contexte semi-amateur, l’ailière était en avance sur son temps. Une précurseuse dans son jeu, à l’instar de ce tir en extension dont elle fut l’une des 1ères françaises à parfaitement maitriser. Aussi spectaculaire que charismatique, Odile Santaniellose trouve au sein du cercle très fermé des pionnières de son sport. En France, il n’y avait pas d’égale. Aux Mosa Jambes, à Aix-en-Provence puis enfin CJM Bourges, la nonuple MVP du championnat de France a tout raflé sur son passage : 5 LFB, 2 Tournois de la Fédération, 1 Coupe Ronchetti et enfin le back-to-back en EuroLeague. Plus impressionnant encore, la Lorraine a ramené l’équipe de France en finale de l’Eurobasket 23 ans après. Malgré une médiatisation bien faible, malgré de pauvres infrastructures, malgré un professionnalisme aux abois… Odile Santaniello a su élever les curseurs du sport féminin dans son ensemble. Sans elle, peut-être que les têtes de gondole de ce ranking n’auraient jamais atteint un tel niveau.
7) Jacky Chazalon : Notre voyage dans le passé se poursuit aux aurores du basket-ball féminin dans les années 60-70. On ne parle plus de précurseuse, mais bien de pionnière ! Jacky Chazalon est la 1ère star, la 1ère porte-étendard de notre discipline. Son style de jeu particulièrement moderne lui conférait une assise presque naturelle sur l’adversité. Scoreuses en herbe, la meneuse remplissait de même toutes les cases de la chef d’orchestre parfaite. QI basket et vision du jeu élite, comme source d’une organisation hors pair des offensives. Les prémices de cette carrière grandiose apparaissent à Alès. Son club de cœur dont elle portera la tunique pendant plus d’1 décennie à la suite de 3 saisons réparties entre Valence, Montferrand et Clermont. Là-bas, elle roulera sur l’Hexagone avec pas moins de 9 championnats consécutifs glanés de 1968 à 1976. Une domination élargie au Vieux Continent. Eh oui, en parallèle des Demoiselles de Clermont il y avait leurs homologues d’Alès. Bien que le trophée n’atterrisse jamais au sein de ses mains, rares sont les joueuses pouvant se targuer d’avoir disputé 4 finales de Coupe d’Europe en 6 ans. Enfin, tel une récompense venue des dieux de la balle orange, Jacky Chazalon conclut sa carrière sur un triomphe à l’EuroBasket 1976.
6) Yannick Souvré : Dans le ring des plus grandes carrières de joueuses françaises en Europe, très peu peuvent se targuer d’avoir atteint ne serait-ce que la moitié des accomplissements de la Toulousaine. D’abord à Mirande puis à Bourges, Yannick Souvré rayonne partout où elle débarquait. Le cerveau de l’équipe de France lors de la conquête du championnat d’Europe 2001 contrôlait le temps. Une playmakeuse en herbe dont chaque décision s’inscrivait dans l’intérêt commun. Derrière ses initiatives se cachait toujours une volonté d’amener son équipe vers la gagne. Tout bonnement l’archétype d’une meneuse de rêve, dévouée par la soif de la gagne. Car des trophées, elle en a engrangé et pas qu’un peu. L’octuple gagnante de la LFB est surtout connue pour sa présence lors des 3 victoires de Bourges en EuroLeague. Des triomphes dont elle occupait une place prépondérante, à l’image de ce MVP du Final Four 1998 ou encore de sa présence dans le All-Euroleague First Team 1999. On a rapidement évoqué son principal fait d’arme en EDF. Sa carrière internationale est néanmoins longue comme le bras de par ses 251 sélections. Sa présence dans notre Top 5 s’est jouée à un cheveu près. À la fin, une médaille d’or a entre autres fait basculer la balance de l’autre côté.
5) Catherine Melain : Cette aventure berruyère empreinte de succès a marqué les derniers pas de Yannick Souvré… ainsi que les débuts de Catherine Melain ! Oui, c’est une de ses anciennes coéquipières en club et en sélection qui devance la Toulousaine. À quelques accomplissements individuels près, les 1ers trophées posés dans son armoire sont d’ailleurs similaires : les 5 championnats consécutifs remportés de 1996 à 2000, les 3 EuroLeague et surtout l’EuroBasket 2001. À la différence que « Cathy » a obtenu son titre de MVP du Final Four en 2000, malgré la défaite en finale. Sauf qu’une fois lancée, la Bretonne ne sait pas s’arrêter là. La Swingwoman se caractérise par une grande propreté technique, une flexibilité tactique inouïe, un scoring clinique, mais également une défense de fer. Pour le coup, elle a appliqué le poncif « la défense fait gagner des titres » à la lettre. Après une parenthèse italienne, notre Frenchie revient à Bourges pour ajouter 3 LFB ainsi que 3 Coupe de France à son palmarès. Et finalement – comme Jacky Chazalon – Catherine Melain sortira par la grande porte avec un nouveau championnat d’Europe gagné aux côtés des autres « braqueuses ».
4) Gabby Williams : Aujourd’hui, le nom de Gabby Williams résonne dans la sphère basket-ball. Pourtant, il y a encore quelques années de cela, le destin de la Franco-étasunienne se dirigeait tout droit vers le monde… de l’athlétisme ! Heureusement pour nous, sa tentative de percer au plus haut niveau au sein de cette discipline n’a pas porté ses fruits. Donc arrivée à l’université, l’ailière forte d’1,80 mètre a décidé de délaisser ses pointes pour la balle orange. Fort de qualités athlétiques hors norme, elle ne fait qu’une bouchée de la NCAA. Seule joueuse de ce classement à avoir remporté plusieurs titres universitaires, Gabby Williams intègre logiquement la WNBA où elle est confortablement installée depuis bientôt une décennie. Outre-Atlantique, la All-Star brille en partie pour sa force en défense, reflétée par cette présence dans la WNBA All-Defensive First Team 2025. Puis le reste de l’année, elle traumatise l’Europe. Mais vraiment l’entièreté du continent ! En plus d’1 EuroLeague ainsi que d’1 EuroCup, la native du Nevada compte à son actif des championnats de France, de Hongrie, d’Espagne ou encore de Turquie. Avec bien sûr une floppée de MVP et de DPOY. Son impact dépasse en effet largement le jeu sans ballon. Exceptionnelle en transition, Gabby Williams symbolise l’évolution du basket vers plus de polyvalence, plus d’intensité. Son profil est extrêmement recherché, du fait qu’elle permet de multiplier les options tactiques. Pas de chances pour les États-Unis ! À l’occasion des JO 2021, notre numéro 15 a choisi L’Équipe de France. Depuis, elle possède 2 médailles olympiques couplées d’un titre de meilleure défenseuse de la compétition décroché en 2024 à Paris. Comparé au membre de notre podium, son manque de longévité au plus haut niveau fait tache. Encore en activité, tout semble réuni pour qu’elle intègre le trône d’ici sous peu.
3) Sandrine Gruda : Un monument dans tous les sens du terme se profile à notre 3e place. Géante d’1,93 mètre, Sabrina Gruda combinait taille, mobilité, technique et intelligence de jeu comme peu d’intérieurs l’ont fait avant elle. Régulièrement catégorisé comme pivot, le 13e pick de la draft 2008 détenait un arsenal assez profond pour également jouer au poste 4. Planter près du cercle ou bien s’écarter à mi-distance en cas de matchup physique ne lui posait aucun problème. Ajoutez à cela une défense efficace et l’internationale française incarnant un véritable fléau pour ses adversaires. La pépite de Valenciennes n’est restée que 2 saisons dans l’Hexagone avant de s’envoler aux 4 coins du monde. Un coup en Russie, en Turquie, en Italie où elle passait l’hiver avant de s’envoler aux États-Unis durant l’été. Ce schéma réservé à une élite, elle l’a enchaîné pendant près d’1 décennie. À plusieurs reprises désignée meilleure joueuse européenne de l’année par la FIBA, Sandrine Gruda rapportait constamment des souvenirs à chaque étape de sa carrière. Des championnats nationaux à ne plus savoir quoi en faire, 6 3e places d’EuroLeague pour 2 succès, 1 EuroCoupe… et surtout une bague WNBA en 2016 ! Les trophées les plus prestigieux du basket-ball, elle les collectionnait. Une razzia retranscrite en Équipe de France. Pilier de la sélection durant une quinzaine d’années, la Caennaise possède dans sa collection pharaonique 7 médailles à l’EuroBasket dont une en or ainsi qu’un podium aux JO 2020. Si on est vraiment tatillons, le plafond atteint par Sandrine Gruda au summum de sa carrière s’avère légèrement inférieur à celui de nos 2 premières.
2) Isabelle Fijalkowski : Elle restera à jamais la 1ère au pays de l’Oncle Sam. La 1ère à avoir mis la France sur la carte de la WNBA ! Ayant grandi à Clermont-Ferrand en pleine période de gloire des Demoiselles du CUC, Isabelle Fijalkowski s’est rapidement dirigée vers le basketball. Un sport dans lequel elle ne tarde à exceller. En même temps, lorsqu’on mesure 1,72 mètre à seulement 8 ans ça aide. Dès 12 ans elle rejoint l’AS Montferrand, club avec lequel elle réalisera ses débuts en professionnels 4 saisons plus tard. Ici, on ne parle pas d’âge ! Derrière, tout va s’accélérer. Pour son unique campagne avec Challes-les-Eaux, elle soulève le 1er de ses 5 championnats de France. Elle rentre ensuite dans la cour des très-grands à Bourges où elle gagne l’EuroLeague dans la peau de meilleure joueuse européenne de l’année. Mais désormais, comment faire pour aller plus haut ? Peut-être réaliser l’impensable, ouvrir cette porte jusqu’ici fermée à nos Frenchies ! Après un essai en 1994 à l’Universté du Colorado, Isabelle Fijalkowski part définitivement à la conquête de la WNBA. Et notre pivot n’est pas là pour enfiler des perles. Pour son année rookie, elle tourne à 11,9 points et 5,6 rebonds de moyenne avant de conclure sa campagne sophomore en tant que joueuse la plus adroite du roster. Son alliance de technique ainsi que d’efficacité offensive continuera de faire des dégâts aux aurores des années 2000 avec 1 EuroLeague supplémentaire accompagnée de l’or à l’EuroBasket 2001. Sa carrière en Équipe de France jonchée de médailles est tout autant impressionnante. Mais l’emblème, le visage de l’Hexagone dans le monde du basketball, mesure 23 centimètres de moins !
1) Céline Dumerc : Oui, la capitaine la plus mythique de l’EDF ne possède pas le plus gros palmarès en club comme en sélection. Certes, la meneuse n’a aucun réel fait d’arme en WNBA et ses récompenses individuelles sont loin d’être aussi importantes que celles de certaines joueuses de notre classement. Mais avec Céline Dumerc, les chiffres ainsi que les trophées passent au 2nd plan. À l’image de n’importe quel sport, le basketball a pour but 1er de nous faire vibrer. Se lever du canapé sur une action totalement folle vaut autant qu’une succession de coupes. Évoquer « Caps’ » revient à parler par passion et moins par raison. Elle a su calquer le « French Flair » au basketball français. Sa faculté à lire les défenses adverses lui offrait une large gamme de variables : délivrer une passe parfaite, driver sans complexe en direction du panier, créer un décalage pour libérer une de ses coéquipières ou tout simplement laisser parler le génie qui est en elle. Dotée d’un caractère marqué d’un leadership unique en son genre, l’Occitanienne passera une importante partie de sa carrière au CJM Bourges et à Basket Landes où elle empilera 7 championnats de France dont 2 MVP, 1 EuroCup, 1 finale d’EuroLeague et 1 joueuse de l’année FIBA Europe en 2012. Une obsession pour la gagne qui atteindra son paroxysme en équipe de France. Basketteuse la plus capée de l’EDF (262 sélections), elle a mené notre nation au sein d’une période faste inédite. Championnat d’Europe, championnat du monde et Jeux Olympiques. Dans chacune de ses compétitions, elle empochera au moins une médaille avec 3 présences au sein de la All-Eurobasket First Team. Sa place prépondérante lors de l’épopée des « Braqueuses » vers l’or européen en 2009 suivie des JO 2012 a aussi fait rêver tout un peuple.
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