Top 5 all-time NBA des plus grandes marques au scoring

Il y a des réveils dont on se souvient. Où l’on était, à quelle heure on est sorti du lit et surtout quand on a allumé son téléphone. Il y a un peu plus d’un an, cette expérience un peu paranormale s’était produite lors du trade entre Luka Doncic et Anthony Davis. Et ce mercredi, la NBA nous a une nouvelle fois offert un moment hors du temps comme elle seule a le secret. 

Lors d’un match totalement anodin, l’intérieur du Miami Heat – Bam Adebayo – a terminé la soirée avec… 83 points au compteur ! Oui, « Kobe Bryant s’est fait dépasser par Bam Adebayo », cette phrase existe. Une faille spatio-temporelle qui nous a poussé à revenir sur les 5 plus grandes marques au scoring de l’histoire de la Grande Ligue.

5) 73 points de David Thompson (Denver Nuggets) : Réaliser un Top 5 n’était pas une mince affaire. Car à cette 5e place se trouvent 4 performances réalisées par 3 joueurs différents. Mais comme vous avez pu le constater, uniquement le nom de David Thompson apparait. Afin de départager ces 3 légendes du jeu, nous avons ajouté une ligne supplémentaire à notre matrice : le temps de jeu.  La performance de Luka Doncic face aux Atlanta Hawks le 26 janvier 2024 ainsi que les 2 prestations de Wilt Chamberlain contre les New York Knicks le 16 octobre 1962 et contre les Chicago Packers le 13 janvier 1962 ont en effet été réalisées avec plus de minutes au box score. Une poignée de secondes qui offre les honneurs à David Thompson. Au coude à coude dans la course au meilleur scoreur de la saison 1977-1978 avec George Gervin – swingman des San Antonio Spurs – l’ailier des Denver Nuggets n’a plus qu’un match pour dépasser son homologue. En ce 9 avril 1978, un duel à distance totalement fou se lance. En retard dans ce sprint final, notre personnage principal ne perd pas de temps en plantant 31 points à 13/14 au shoot lors du 1QT de ce match face aux Detroit Pistons. C’est alors un nouveau record en NBA. La moisson se poursuit jusqu’à atteindre les 53 pions à la mi-temps. Au retour des vestiaires, David Thompson baisse un poil de régime. Ce dernier inscrit « seulement » 20 points. Cela élève le total à 73 unités en 43 minutes. Un accomplissement sensationnel qui ne portera toutefois pas ses fruits. Informé de cette performance all-time à quelques encablures de sa rencontre, George Gervin prend lui aussi feu. Opposé au New Orleans Jazz, il met son accoutrement de pyromane pour planter 63 points et ainsi empocher ce titre honorifique.  Au final, David Thompson a inscrit son nom autrement dans le livre d’or de la NBA.

4) 78 points de Wilt Chamberlain (Philadelphia Warriors) : Au fil des années, Wilt Chamberlain s’est imposé comme le synonyme officiel de scoring dans la Grande Ligue. Il y a peine de cela une dizaine de lignes, on l’a évoqué comme co-détenteur à 2 reprises de la 5e plus grande marque atteinte en NBA. Cette fois-ci, il est seul, bien installé à 3 unités du podium. Le 8 décembre 1961, les Philadelphia Warriors accueillaient les Los Angeles Lakers dans un match qui deviendra a posteriori l’un des plus fous de notre sport. Les supporters présents dans l’arène n’ont en effet pas eu le droit à 1, ni 2, mais bien 3 prolongations. Si finalement les visiteurs s’imposent 147-151, les performances individuelles prennent totalement le pas sur le résultat. Côté Angelenos, le box score affiche 63 points et 31 rebonds pour Elgin Baylor couplé d’un triple-double décisif de Jerry West. Des performances XXL éclipsées par un nouveau récital de l’ancien joueur des Harlem Globetrotters. Après 63 minutes disputées sans quitter le terrain, le pivot marque 78 points – un record pour l’époque – et capte au passage 43 rebonds (même si à ce stade-là c’est presque anecdotique). S’il manquait de chiffres afin d’illustrer la domination de Wilt Chamberlain, c’est chose faite dorénavant. Moins mis en avant que ses homologues, ce coup d’éclat statistique apparait comme la rampe de lancement d’une saison sensationnelle au cours de laquelle ce dernier tournera à plus de 50 points de moyenne par match. Et surtout, il annonce les prémices d’un moment encore constamment évoqué plus de 60 ans après. La suite au prochain épisode !

3) 81 points de Kobe Bryant (Los Angeles Lakers) : Allez ! On ferme l’encyclopédie le temps d’un instant pour revenir à une période qui nous est plus familière. Encore récemment, il s’agissait de la meilleure performance au scoring all-time de la NBA dont on a des extraits vidéos. Revenons au 22 janvier 2006. Orphelins de Shaquille O’Neal depuis son départ au Miami Heat, les Los Angeles Lakers ne sont plus la franchise qui dominait l’Amérique du Nord de la tête aux pieds. Le three-peat se trouve à des années-lumière, et aujourd’hui l’équipe se bat pour participer aux playoffs. Désormais il n’y a plus aucune contestation possible : le « Black Mamba » est le seul et unique franchise player. Un statut qu’il assume sur le parquet. Certes, collectivement la machine jaune n’avance plus comme auparavant. Par contre individuellement, Kobe possède une moyenne de 35 points par match et vient de sortir une performance à 62 points en 3 QT au mois de décembre. En ce jour de match contre les Toronto Raptors au Staples Center, rien ne prédit que l’arrière star rentrera un peu plus dans l’histoire. Il commence très fort la partie pour des standards « classiques » avec 22 points en 2 QT, mais cela apparait déjà trop léger pour espérer dépasser ne serait-ce que la barre des 50 unités. Du moins, pas pour le Black Mamba qui se transcende tout au long du 2nd acte. Mené au score, Kobe met son équipe sur son dos pour empocher la victoire finale. Des séquences lunaires voient dès lors le jour à l’image de ces 22 pions consécutifs. Bryant a en effet assuré le succès, mais ce grand fou est surtout devenu le 2e joueurs à atteindre les 80 points. Juste, admirez ces chiffres : 28/46 au tir, 7/13 à trois points et 18/20 aux lancers francs. Seul un joueur au talent offensif exceptionnel pourrait envisager de faire mieux. Comme par exemple des Luka Dončić, Victor Wembanyama ou encore Anthony Edwards… et pourtant !

Tu veux du show sur le parquet ?

2) 83 points de Bam Adebayo (Miami Heat) : Grâce à la science, on peut expliquer énormément de choses. Savoir comment fonctionne l’infiniment petit tout comme l’infiniment grand. Observer d’autres galaxies, plonger à des profondeurs où les rayons du soleil eux-mêmes ne parviennent à s’engouffrer, aller sur la Lune… Cependant, personne ne peut comprendre ce qui s’est passé ce 11 mars 2026, même le principal concerné ! Attention toutefois à ne pas tomber dans l’exagération. Bam Adebayo est un des tout meilleurs joueurs de la NBA depuis bientôt une décennie. Champion olympique 2024, il est l’un des principaux contributeurs aux folles épopées du Heat de Jimmy Butler en 2020 ainsi qu’en 2023. Mais voilà, c’était le Miami de Butler et non celui d’Adebayo. Le pivot n’a objectivement pas le talent nécessaire pour être franchise player. À l’heure actuelle, il s’agit d’une option 2 d’élite dont l’aspect offensif n’est pas forcément la plus grande des qualités. Si on élargit notre ranking au Top 10, c’est d’ailleurs le joueur détenant la pire moyenne au scoring en carrière. Sauf que face aux Washington Wizards, c’était tout simplement SA soirée. Avec 31 points en 10 minutes, l’intérieur commence la partie sur les chapeaux de roues. Le Kaseya Center observe un comportement étrange chez leur chouchou qui tente et surtout rentre des tirs sortis de nulle part. Le 2QT sera moins prolifique, contrairement à la 2nd période où ce dernier écrira l’histoire sur la ligne des lancers francs. Sur ses 83 points finaux, 36 sont issus de fautes. En plus de cet accomplissement formidable, Bam Adebayo a également battu le record de lancers francs rentrés tout en s’emparant du plus grand nombre de tentatives depuis la ligne de réparation sur un match avec 43 unités. C’est moins sexy que Kobe. Un petit goût amer de « forcé » gêne d’ailleurs pléthore de fans à travers le monde. Culture de l’instant ou véritable bémol ? Seul l’avenir nous le dira. Ce qui est sûr, c’est qu’un prétendant coté à 1 milliard pour dépasser le Black Mamba a réalisé l’une, si ce n’est la performance individuelle la plus inattendue de l’histoire de la NBA.

1) 100 points de Wilt Chamberlain (Philadelphia Warriors) : On vous a prévenu que cette saison 1961-1962 est digne d’une fiction. Classés à la 3e place dans notre ranking des plus grands moments de l’histoire de la Grande Ligue, les 100 points de Wilt Chamberlain contre les New York Knicks sont confortablement installés sur notre trône. Une part de mystère apporte aussi une dimension mystique à cette fameuse photo sur laquelle apparaît le pivot tenant entre ses mains une feuille blanche où est écrit à la va-vite le chiffre 100. Il faut savoir qu’à cette époque, la NBA ne pouvait pas diffuser l’ensemble de ces rencontres comme c’est le cas aujourd’hui. Alors cette affiche entre les Warriors et la lanterne rouge de saison régulière passe largement au second plan. Même à Philadelphie, une partie de football américain oblige la franchise à jouer en périphérie de la ville devant à peine 4 000 spectateurs. Comme précédemment évoqué, les Knicks se trouvaient sur une pente descendante, d’autant plus que leurs 2 pivots manquaient à l’appel. La boucherie est ouverte alors qu’en face figurait ni plus ni moins que l’intérieur le plus dominant de sa génération. Sur le parquet, sans grande surprise il n’y a pas match. Par contre, Wilt Chamberlain domine presque trop. Déjà à 41 points lors de la pause, les commentateurs radios présents émettent une folle hypothèse : imaginez qu’ils atteignent les 100 points ? Le massacre se poursuit lors du 2nd round. New York n’a juste aucune solution, à l’instar de ces 63 fautes provoquées par The Big Dipper. Arrivés au 4QT, les 76ers sont devant sans pour autant être totalement à l’abri. L’ensemble des personnes présentes dans la salle comprend toutefois que l’objectif pour les locaux n’est plus de gagner. Non, la priorité est donnée aux 100 points. Et sur un dunk ultime, Wilt Chamberlain réussit l’impossible. Des spectateurs conscients d’assister à un moment historique envahissent le terrain.

Mais Wilt est désormais prévenu. Désormais il devra se méfier de tout le monde. Si Bam a atteint les 83 points, qui sait dans les années futures ?

Article rédigé par alexis gallot
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