Top 10 all time des plus grands exploits du basketball français

Les fanas de basket-ball français se distinguent entre eux par une appétence particulière pour un club ou bien une franchise. Si la plupart suivent la NBA, d’autres préfèrent l’EuroLeague ou bien la Betclic ÉLITE. Une pluralité de passions réunies autour d’un même amour pour notre équipe de France.

De Marseille à Paris en passant par Navarre, tout le monde vibre quand ces basketteurs vêtus de bleu affrontent d’autres nations. Alors voici le Top 10 des plus grands exploits de nos Tricolores classés selon les critères suivants : caractère inattendu, importance du match, standing de l’équipe adverse et scénario

10) France 76 – 67 URSS, poule JO 1956 : Pour commencer, réalisons un bond en arrière. Mais vraiment en arriiiiière. Plus précisément en 1956 lors des JO de Melbourne. Si forcément les États-Unis étaient déjà un poil à gratter, c’est bien l’URSS qui dominait le basket-ball européen. Pour vous donner un ordre d’idée, on parle de 10 EuroBasket en 11 ans entre 1949 et 1971. Tout le contraire de nos Bleus qui – malgré une forte identité de jeu – restent inconnus au bataillon. Alors quand l’équipe de France affronte l’ogre soviétique dès les phases de poule, sur le papier il n’y a pas match et sur le terrain aussi. Les favoris de la compétition… se font rouler dessus ! Ce score final de 76-67 en dit long sur la prestation pondu par les outsiders. Selon plusieurs témoignages, la mine déconfite des joueurs adverses reflétait à quel point le score final était inattendu. Les coéquipiers de Monclard seront à jamais les 1ers à avoir battu l’URSS. Le fait qu’il s’agisse seulement d’un match de poule justifie cette belle 10e place.

9) France 57 – 53 Russie, finale EuroBasket 2009 : « Les Braqueuses ». Ce surnom en dit déjà long sur l’épopée de nos Bleues lors de l’Eurobasket 2009. Arrivées en Lettonie dépourvues de quelconque certitude, nos joueuses enchaînent les victoires à l’arraché. D’abord la Biélorussie et l’Israël en poule, puis rebolote en phase finale contre la Grèce puis de nouveau la Russie blanche. En finale, les Françaises affrontent toutefois la vraie Russie. Celle de Becky Hammon et Maria Stepanova. Celle qui terrifie le continent. Mais celle qui a aussi été vaincue par la bande de Céline Dumerc lors du tour qualificatif. Bien que données perdantes, nos Tricolores connaissent le chemin vers la victoire. Et comme en 2001 les Russes ne font pas le poids face à leur nouvelle bête noire. Même si la France a joué avec le feu en fin de match, sa défense aussi mobile qu’agressive a eu raison des championnes d’Europe en titre. L’exploit est certes immense, mais cela concerne davantage toute la compétition que ce match en particulier. D’autant plus qu’elles étaient déjà venues à bout de ce collectif.

8) France 73 – 69 Allemagne, demi-finale JO 2024 : Le chapitre des JO 2024 est officiellement ouvert. Oui, ici on parle bien de chapitre car cette trêve parisienne est composée de bon nombre de pages. Avec en guise de préface cette demi-finale masculine entre la France et l’Allemagne, entre une équipe qui a failli se faire sortir par le Japon et les champions du monde en titre. Le rapport de force est déséquilibré, d’autant plus que la Mannschaft a écrasé les Bleus en match de préparation. Bref, peu de signes positifs entourent la bande de Vincent Collet. Si ce n’est ce vent d’optimisme insufflé depuis cette immense victoire face au Canada en quart (retenez bien cette affiche). Et le 1QT confirme les inquiétudes. Le cauchemar de Lille semble refaire surface, nos serial-shooteurs ne rentrent rien et accusent déjà un retard de 7 points. Mais Isaïa Cordinier avait prévenu : désormais nos joueurs sont des « cailleras » ! La forteresse bleue s’est mise en place et l’Allemagne n’a pu voir le jour offensivement parlant. 8 petits pions pour les visiteurs dans le 2QT, une pluie de contres tant made in Batum que wembanyamesque, pour une énorme victoire dans le money-time (73-69). Décidément, l’aire de Bercy donne des ailes à nos coqs. Pourquoi cette 8e place ? Car en réalité des petits signes d’espoir étaient déjà présents.

7) France 81 – 75 Belgique, demi-finale JO 2024 : Team USA vs les reines belges. La finale de l’épreuve de basketball féminine des JO 2024 était écrite : les doubles championnes du monde face aux championnes d’Europe. Bien que les Lionnes n’aient pas obtenu les résultats escomptés en poule, ces dernières ont écrasé l’Espagne en quart quand nos joueuses ont assumé leur statut de favorite face à l’Allemagne. La dernière fois que les 2 équipes se sont affrontées dans une compétition internationale, cela s’est soldé par une victoire belge. Et de manière générale, ces dernières années les confrontations entre les 2 teams ont rarement tourné à l’avantage des coéquipières de Gabby Williams. L’histoire s’apprête à recommencer. En dépit d’un énorme 19-1, la France est menée au retour des vestiaires (36-31). La reprise est du même acabit. Les Lionnes obligent nos Bleues à prendre des shoots compliqués et en profitent pour prendre une dizaine de points d’avance. Alors que le navire fonçait tout droit vers un iceberg, nos Frenchies ont subitement changé de cap. Ces dernières ont sorti les barbelés pour filer vers la victoire (81-75). Déjà que le match-up n’était pas en faveur de nos Tricolores, le scénario a rendu cette partie encore plus légendaire. L’exploit est bien là mais objectivement, nos Françaises arrivaient avec le statut de tête de série.

6) France 76 – 52 Australie, demi-finale JO 2000 : Au sortir d’une frustrante 4e place à l’EuroBasket 1999, l’Équipe de France abordait ces JO dans la peau d’un second chapeau européen. Certes un petit crack au poste 1 pointe le bout de son nez, mais sinon rien d’exceptionnel. D’ailleurs cela se confirme dans les faits. La phase de poule est à 2 doigts de tourner au vinaigre. Défaite face aux États-Unis, face à l’Italie ainsi que face à la Lituanie. La qualification de nos Bleus tient sa source d’une victoire extrêmement poussive contre la Chine. Opposés au 1er du groupe B en quart, les Tricolores déjouent une 1ère fois tous les pronostics. Makan Dioumassi joue les chiens de garde sur Steve Nash et emmène l’EDF en demi-finale face aux locaux australiens. Devant plus de 14 500 spectateurs, cette fois-ci c’est Fred Weis qui remporte sa bataille avec Luc Longley. Privé  de sa pièce maitresse, le mécanisme Boomers disjoncte totalement. +15 à la mi-temps (29-44) pour au final terminer sur un immense +24 en faveur de la France (52-76). Au-delà de la victoire, c’est la manière qui rend ce match particulièrement surprenant. Néanmoins, l’exploit concerne davantage le parcours tout entier que cette rencontre. Et un peu à l’image du France-Allemagne, les prémices de l’exploit sont nées contre le Canada (une nouvelle fois). Cette 6e place reflète tout de même l’envergure de la prouesse. 

5) France 82 – 73 Canada, quart de finale JO 2024 : Rien n’allait. Les matchs de préparation étaient plus qu’inquiétants, le duo Wemby-Gobert ne prenait pas, Evan Fournier enchainait les briques… Et surtout, la place de la France dans ces phases finales a reposé sur un and-one totalement hallucinant de Matthew Strazel à 3 points. En face, s’avançaient les vice-champions du monde canadiens. En plus d’avoir récemment sorti Team USA du mondial, la bande de SGA a littéralement roulé sur tous leurs adversaires alors qu’ils se trouvaient dans le groupe de la mort. Tous les suiveurs du basketball français s’accordaient sur le pronostic final : large victoire du Canada. L’EDF a effectivement totalement explosé, mais dans le mauvais sens du terme. D’emblée dans la zone, Isaïa Coordinier donne le rythme de la rencontre. Visiblement, nos Frenchies n’ont pas trop apprécié que les Canadiens se permettent de sortir la veille. Dans le sillage du duo Lessort-Yabusele, les Français envoient du charbon dans la peinture. Les visiteurs prennent 3QT avant de se mettre dans le bain. Et alors que les Canadiens ne sont plus qu’à 4 points, Evan Fournier clôture l’affaire sur un shoot sorti de nulle part. Le score final ? 82-73 avec un match qui restera quoiqu’il arrive dans l’histoire de l’équipe de France. Ce match aurait sa place sur le podium. C’est juste qu’au-dessus, le niveau est très haut.

4) France 74 – 71 Serbie-et-Monténégro, barrage Eurobasket 2005 : Cet EuroBasket devait être le dernier pont entre la génération Sydney 2000 et Ljubljana 2013. Avec dans les rangs de l’équipe de France un mélange d’Antoine Rigaudeau, Tony Parker, Fred Weis ou encore Boris Diaw. Cette transition s’était soldée par un échec en Suède. Et 2 ans plus tard en Serbie, les Bleus prennent les mêmes rails menant tout droit vers le mur. Les Français sortent de cette 1ère phase avec 2 défaites pour 1 seul succès. Un résultat synonyme de barrage face au 2e de la poule D, à savoir la Serbie-et-Monténégro. Reformulation : match d’élimination directe dans l’ambiance bouillante de Novi Sad face au double champion du monde en titre. Avec sur le parquet, les Avengers des Balkans en les personnes de Bodiroga, Jaric, Rakocevic ou encore Krstic. L’enfer est promis aux hommes de Claude Bergeaud. Les espoirs sont minces, d’autant plus que les Bleus ont 3 possessions de retard à la mi-temps. Pire, jusqu’au milieu du 4QT, nos Tricolores n’avaient jamais pris les rênes de la partie. Mais dans le sillage des 28 points du duo TP-Rigaudeau, les visiteurs emmènent la Serbie-et-Monténégro dans un money time où les locaux perdent totalement leur sang-froid. À la surprise générale, c’est bien la France qui remporte ce barrage (71-74) et finira d’ailleurs par arracher la médaille de bronze. Le fait qu’il ne s’agisse « que » d’un match de barrage couplé au fait que sa place dans les mémoires collectives est moindre lui coûte le Top 3.

3) France 89 – 79 États-Unis, quarts de finale Coupe du monde 2019 🥉 : Pas de chance. Cette Team France post Tony Parker réalisait pourtant un bon tournoi. Invaincus lors du 1er tour, nos Frenchies chutent pour 2 petits points contre l’Australie au 2nd tour. La sanction est irrévocable. Ça sera Team USA pour la France en quart. Oui, les États-Unis sont privés des LeBron James, Steph Curry ou autre Kawhi Leonard. Mais on parle quand même de Donovan Mitchell, Jayson Tatum, Jaylen Brown, Derrick White, Khris Middleton… Bref, que du beau monde. À noter aussi que les Étasuniens sont doubles champions du monde en titre, triples champions olympiques en titre et surtout invaincus en compétition internationale depuis 13 ans ! Outre-Atlantique il n’est pas très apprécié, mais dans l’Hexagone Rudy Gobert est THE pivot. Le quadruple DPOY marche littéralement sur Team USA en alignant 21 points et surtout 16 rebonds. Quand du côté des extérieurs, la doublette Fournier – De Colo atteint la barre des 40 points. Hormis un petit run dans le 3QT, les États-Unis n’inquiètent pas vraiment des Bleus tout bonnement au-dessus. Ce 79-89 utopique en avant-match s’est matérialisé dans les faits. La performance est all-time mais devant on parle de nos meilleurs ennemis !

2) France 75 – 72 Espagne, demi-finale EuroBasket 2013 🥈 : Vous les attendiez avec impatience, les voici ! Oui, on va ouvrir le dossier espagnol. Pour comprendre la portée de ce match, il faut se rappeler les années de frustration. Été après été, la France a subi la loi de l’Espagne avec pas moins de 8 victoires de rang consécutives. Dernier épisode en date : le quart de finale des JO 2012 marqué par le coup de sang de Nicolas Batum sur Juan Carlos Navarro. Mais en Slovénie la donne est différente. En tout cas dans les discours de nos Frenchies, car sur le parquet leurs vieux démons semblent encore omniprésents. Qualifiée sans briller en quart, la bande de Vincent Collet vient à bout de la Slovénie. De son côté, l’Espagne monte de même en puissance. Hasard du tirage, c’est en entrée de dernier carré que les Français affronteront leur bourreau (et accessoirement double champion d’Europe en titre). Difficile de mettre des mots sur la 1ère mi-temps tant les Bleus ne mettent pas un pied devant l’autre. C’est une catastrophe et l’histoire semble encore se répéter. À -14 aux vestiaires, Captain’TP lâche une tirade mythique. Et comme par magie, ce collectif passe du tout au tout en 2nd période. Poussé par les 32 points de Tony Parker, les Tricolores roulent sur l’Espagne pendant 20 minutes avant de sceller le sort de la partie en prolongation. Aujourd’hui, il parait évident que ce match s’apparentait à une finale avant l’heure. Pour sûr, on parle ici du plus grand match de l’histoire du basketball français. Par contre, en termes d’exploit dans le sens pur et dur, le résultat de ce France – Espagne V2 l’année d’après est davantage inattendu.

1) France 65 – 52 Espagne, quarts de finale Coupe du monde 2014 🥇 : C’était LA Coupe du monde de l’Espagne. À domicile, l’ambition était claire : faire tomber Team USA en finale ! Et pour le coup, ils s’en donnent les moyens. Les frères Gasol, Sergio Lull, Serge Ibaka, Rudy Fernández, Ricky Rubio, Juan Carlos Navarro… Que des tueurs. Ces derniers se déroulent en phase de poules en infligeant des +19 au Brésil, +47 à l’Égypte mais aussi un +24 à la France. Car oui, nos Frenchies sont bien de la partie. Le « all-in » de l’Euro 2013 s’est toutefois évaporé à l’instar des absences de gros noms comme Tony Parker ou encore Nando de Colo. Des manquements retranscrits dans des résultats en demi-teinte avec déjà 2 défaites au compteur à l’aube des quarts de finale. En plus du déséquilibre en termes de talents individuels ainsi que de dynamique, les Espagnoles ont ce souhait de vengeance. Au milieu d’une arène rouge et jaune, tous les feux sont au vert pour le collectif ibérique prêt à remettre l’église au centre du village. Enfin, avant qu’un jeune Rudy Gobert ne vienne poser un bon gros panneau stop en plein milieu de Madrid sur lequel Pau Gasol peut lire 13 rebonds et 4 contres. Florent Pietrus s’y met lui aussi en harcelant Sergio Llull. Puis Thomas Heurtel fait parler toute sa clutchitude en fin de rencontre avec le fameux « Oh maman the shoot ! ». Ce jour-là nos Frenchies n’ont pas juste gagné. Non, ils ont écrasé une équipe que l’on pensait hors de portée. L’essence même de l’exploit repose sur ce sentiment d’inattendu. La victoire des Tricolores dans ces quarts de finale est vraiment sortie de nulle part. Et la manière est venue rajouter une couche d’incroyable.

Article rédigé par alexis gallot
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