Top 10 all-time des meilleurs meneurs d’Euroleague
Le basketball européen se distingue notamment de la NBA par son jeu davantage cérébral. Plus lent, plus réfléchi, plus construit… et beaucoup moins physique ou encore instinctif qu’outre-Atlantique. La nécessité d’avoir un fin meneur est littéralement indispensable pour remporter l’EuroLeague.
Voici notre Top 10 des meilleurs chefs d’orchestre de l’ère moderne de l’EuroLeague en se fondant sur les critères suivants : impact dans le jeu, talent intrinsèque, présence dans les grands moments, capacité à performer dans le temps et chiffres.
Nous avons aussi fait le choix de ne pas prendre en compte les combo-guards type Milos Teodosic. On les garde pour nos arrières.
10) Luka Doncic : Tout phénomène a droit à une petite exception. Cette 10e place, c’est notre joker. Le curseur « talent intrinsèque » était siiiiiii élevé chez ce le Slovène, que toutes les questions sur le manque de longévité au plus haut niveau passent outre. Car oui, Luka Dončić a atteint ce ranking à moins de 20 ans avec un peu plus de 100 matchs d’EuroLeague dans sa caboche. Il commence par prendre ses repères lors de sa saison rookie en 2016. Puis pour son année sophomore, « El Matador » empoche son 1er titre de Rising Star. Oui, son « 1er titre » car il réalise le back-to-back la campagne suivante. Revenons sur cette saison 2017-2018. À 19 ans, il est LE leader du PLUS grand club au monde. La Casa Blanca réalise une régulière de patrons, au terme de laquelle Luka devient le plus jeune MVP de l’histoire de l’EuroLeague. En playoffs, le navire blancos ne tangue pas grâce à son capitaine. Et en finale, le génie des Balkans vient à bout du Fenerbahçe et glane la tant attendue Decima. Il remporte au passage le MVP du Final Four. C’est du jamais vu et cela ne risque pas de se reproduire de sitôt. Bien sûr, le fait que Luka Doncic n’ait disputé que 2 réelles saisons pleines dans la reine des compétitions européennes nous empêche de le classer plus haut.
9) Theódoros Papaloukás : 20. Sur 252 matchs d’EuroLeague disputés durant l’intégralité de sa carrière, Théo Papaloukas n’en a disputé que 20 en tant que titulaire. Et des faits atypiques sur ce joueur, il en existe plein. Le meneur mesure plus de 2m, lors de son éligibilité à la draft 1999 il jouait encore en 2e division grecque et c’est seulement à 24 ans qu’il a réalisé ses 1ers pas en EuroLeague. Pour le coup, des Théo comme lui, il n’en existe pas 2. D’autant plus lorsque l’on connaît la manière dont il a marché sur le continent. Alors qu’il possédait largement le coffre pour assumer le statut de meneur star dans n’importe quelle équipe, ce dernier a accepté d’occuper sans broncher le rôle de 6e homme. Une catégorie bien précise au sein de laquelle il est le GOAT sans aucune contestation possible. Ce rôle de « malpropre » a été élevé au rang d’art par l’Athénien. Pas besoin de scorer énormément quand on peut dominer l’adversaire par le contrôle. Il ne dépassait en effet qu’occasionnellement les 10 points. Par contre, sa science du jeu est telle qu’il améliorait constamment le roster présent sur le terrain. Arrivé au début des années 2000 chez le géant moscovite endormi depuis trop longtemps, Théo Papaloukas a de suite réveillé cette immense institution. Sous les couleurs rouge et bleu, le meneur a enchaîné 8 Final Four consécutifs et soulevé 2 trophées. Le tout, accompagné d’1 titre de MVP de régulière ainsi que du Final Four d’EuroLeague. Ce manque de chiffres ainsi que de performances vraiment marquantes le garde bien au chaud à cette 9e place.
8) Sergio Rodríguez Gómez : « El Chacho » ne détient ce surnom par hasard. Cette référence directe à ses origines canariennes se traduit littérairement par « Le Gamin ». Et pour cause, Sergio Rodriguez était un soleil sur le terrain, illuminant le jeu de par son style empreint de créativité, saupoudré d’une vision du jeu élite. C’était un divertissement à lui seul. Comme s’il était parvenu à extraire ce grain de folie presque enfantin pour l’appliquer au plus haut niveau. L’Espagnol n’en reste pas moins un winner. Que cela soit sous les couleurs du CSKA Moscou ou bien du Real Madrid, il a gagné. Ses 3 EuroLeague reflètent son caractère de champion au style novateur. En tant que meneur de chapeau 1, il maîtrisait les rudiments de base comme la qualité sur pick and roll ainsi que la distribution de passes sur mesure. Mais à la différence d’une grande partie de ses homologues de l’époque, lui imposait un tempo rapide alors qu’il ne s’agissait pas encore de la norme comme de nos jours. À cela, vous pouvez rajouter dans le panier une qualité de shoot extérieur aussi clinique que ses drives et ses tentatives dans le money time. Malgré ses 5 années passées en NBA, Sergio Rodriguez figurait dans le Top 3 des passeurs et des shooteurs à 3 points les plus prolifiques de la compétition au moment de sa retraite. De plus, un peu comme Theódoros Papaloukás, lui aussi a remporté son unique MVP de régulière dans la peau d’un 6e homme de luxe.
7) Šarūnas Jasikevičius : Le général Jasikevičius rentre dans la place. Ce meneur aux multiples accoutrements possède pléthore de fonctions. Chef pâtissier qui connait sur le bout des doigts la recette pour remporter l’EuroLeague. Générale en raison de sa capacité à emmener toute une équipe dans son sillage. Et enfin acteur grâce à son charisme hors pair. Avant d’être un entraîneur légendaire, Šarūnas Jasikevičius était un meneur de jeu cérébral. Il ne possédait pas de qualité physique hors pair et en même temps, il n’en avait pas trop besoin. Son QI basket était si élevé que cela compensait totalement son manque d’explosivité. Quand on pense à l’archétype du meneur européen, on pense Šarūnas Jasikevičius. Assez paradoxale pour celui qui a passé une grande partie de sa formation aux États-Unis. Son héritage réside dans sa capacité presque mystique à gagner encore et encore… au sein de groupes plus différents les uns que les autres. Cet apôtre du collectif menait quasi l’ensemble de ses équipes vers la victoire finale. D’abord en 2003 avec Barcelone, puis un back-to-back sous les couleurs du Maccabi, avant de conclure sa razzia au Panathinaïkos. En l’espace de 6 ans, le Lituanien a remporté plus de la moitié des EuroLeague dans 3 clubs différents. Un exploit unique, couronné par un titre de MVP du Final Four. Dommage qu’il ne compte pas un peu plus de performances ainsi que de récompenses individuelles.
6) Mike James : Ouvrons le dossier Mike James. À l’instar de Luka, ici le talent prime sur les accomplissements collectifs. Parmi les grosses interrogations de l’EuroLeague, la non-consécration de son shooteur le plus prolifique reste une énigme encore irrésolue. Pourtant c’est pas faute d’avoir essayé. Baskonia, Panathinaikos, Milan, CSKA Moscou et aujourd’hui Monaco. Nulle part, l’Étatsunien est parvenu à se hisser ne serait-ce qu’en finale. Du moins, jusqu’en 2025 où il a malencontreusement échoué face au Fenerbahçe de… Šarūnas Jasikevičius (encore lui) ! À 36 ans, le roi sans couronne n’a jamais semblé aussi proche du graal. En cas de victoire, le MVP de régulière 2024 se verrait instantanément propulsé dans la discussion du GOAT. Mais hélas pour lui, le basketball reste un sport collectif où la performance individuelle passera toujours derrière une bague de champion (James Harden connait bien le sujet). Il en a surement conscience car derrière cette façade assez nonchalante se cache un fan absolu de la balle orange. Cela se voit sur le parquet. Sa connaissance du jeu est hors norme et en termes de talent offensif n’ayons pas peur de prendre des pincettes : il est le GOAT ! Mais impossible de le rentrer dans notre Top 5 pour les raisons précédemment évoquées.
5) Vasilije Micić : Rien ne laissait présager que Vasilije Micić serait l’un des meneurs les plus dominants de sa génération. Au Bayern et à l’Étoile Rouge, il dépassait rarement les 18 minutes de jeu. Puis les 1ers rayons de la bombe Micić ont pris forme durant la saison 2017-2018 à Kaunas. Pour enfin totalement exploser à son arrivée l’année d’après à l’Anadolu Efes où il sera le franchise player de la dernière dynastie qu’a connue l’EuroLeague. Là-bas, il y réalise le back-to-back après avoir échoué une 1ère fois face au grand CSKA Moscou de 2019. On aurait vraisemblablement parlé de three-peat si la COVID n’était pas passée par là. Durant cette période de domination où le Serbe est devenu l’un des rares joueurs à soulever 2 titres de MVP du Final Four consécutifs, ce dernier dominait de manière étrange. Tout était à la fois très rapide et très lent. L’impression qu’il créait une sorte de faille temporelle dans laquelle il était impossible pour quiconque de lui prendre le ballon. Déjà particulièrement robuste (1,96m), le meneur contrôlait toujours la situation. En même temps, quand on sait littéralement tout faire balle en main, ça aide. On parle ici au passé car il s’agissait de son prime, mais encore aujourd’hui à l’Hapoël il continue d’hypnotiser ses adversaires. Son style aux antipodes des paillettes s’avère terriblement efficace. À ce stade du classement, tout se joue sur des détails. Et en l’occurrence, c’est son manque de longévité dans le temps qui pêche. Surtout au vu de son successeur.
4) Sergio Llull : Difficile de faire mieux en termes de longévité. À lui seul, Sergio Lull est un livre ouvert de l’ère moderne de l’EuroLeague. Il possède tout simplement le plus grand nombre de matchs dans la compétition. On prône souvent (et à juste titre) la force d’un joueur à rester au plus haut niveau sous plusieurs tuniques différentes. Pourtant, on oublie trop à quel point c’est tout autant compliqué de maintenir un niveau d’exigence élite au sein d’un même club pendant 20 ans. D’autant plus quand on parle du Real Madrid, autrement dit la plus grande institution du basketball continental, dont la concurrence et le niveau d’exigence ne cessent d’augmenter. À Madrid, le club change mais Lull reste ! Ce phénomène hors norme s’explique par bon nombre de raisons. For sure, il y a une dose de talent. Son jeu basé avant tout sur la technique pure ou encore la vision du jeu lui permet de traverser plus facilement les époques. Il ne faut toutefois pas omettre le travail de l’ombre conséquent entrepris par l’Espagnole. Peut-être qu’au 1er abord il ne parait pas aussi gonflé que certains de ses confrères. Alors qu’il est bien plus endurant que la plupart de la concurrence, ce qui lui permet notamment de rester très lucide durant toute la durée d’une rencontre et ainsi d’être clutch. Ces facteurs expliquent comment il est parvenu à gagner 3 EuroLeague, à remporter le MVP 2017 et à faire partie du 5 majeur de la dernière décennie. S’il a toujours été un leader, le Real Madrid n’a jamais réellement tourné autour de lui, ce qui le pousse en dehors de notre podium.
3) Nando De Colo 🥉 : Le Professeur est dans la place ! Pourquoi ce surnom ? Car Nando De Colo est juste, compétent, adroit et fin connaisseur de sa matière de prédilection. Pendant en effet près de 7 ans, notre Frenchie n’a pas quitté le club extrêmement fermé des 50-40-90 (pourcentages aux 2 points – 3 points – lancers francs). C’est simple : personne n’a ne serait-ce que touché du doigt cet énorme accomplissement. Cette statistique est le miroir de ce joueur. À savoir un meneur fin techniquement, doté d’une lecture de jeu ainsi que d’une lucidité qu’aucune pression ne peut étouffer. Des rudiments complétés par un superbe shoot, une flexibilité tactique hors norme, un dribble précis, des passes cliniques, des interceptions à foison et un caractère clutch totalement fou. Il est LA personnification du calme olympien. Comme un bon vin, Nando De Colo semble se bonifier avec le temps. À 38 ans, il a été recruté par le champion d’Europe en titre afin de se donner toutes les chances de réaliser le back-to-back. Cela fait suite à une carrière exceptionnelle, remplie de 2 EuroLeague, d’1 MVP de régulière et du Final Four empoché la même année. Parlons d’ailleurs de cette saison 2015-2016. Sous les couleurs moscovites, le Nordiste a pondu l’une des toutes meilleures campagnes all-time. Devant lui, se trouvent juste 2 Grecs qui ont élevé les curseurs au maximum par leur singularité.
2) Dimitris Diamantidis 🥈 : Chez lui, le sacrifice pour le collectif était quasi intégré dans sa ligne de codage. Ce robot au nom de Diamantidis a brillé non pas par son talent offensif, mais bien par sa défense. Comme évoqué dans notre classement des meilleurs joueurs all-time de l’EuroLeague, « The Octopus » était une muraille à lui seul. Ce mélange de mobilité, d’envergure, de vélocité, d’anticipation et de placement millimétré faisait de lui un poison comme jamais en a connu le Vieux Continent. 6 DPOY ! Dimitris Diamantidis a remporté 6 fois le titre de meilleur défenseur d’EuroLeague. Au sein de la liste des records infranchissables, cette statistique occupe une place de choix. Et attention à ne pas tomber dans la caricature du défenseur d’élite incapable de rentrer un panier au-delà des 3 mètres. Décidément, ce joueur fonctionnait totalement différemment de tous les autres joueurs. Plus les chronomètres diminuaient, plus les défenses se resserraient, plus la pression augmentait… mieux Dimitris Diamantidis jouait ! Ce facilitateur par essence ne se cachait pas quand le maillot pesait 2 tonnes et que la balle brulait les mains. Fidèle au Panathinaïkos durant sa carrière européenne, ce dernier possède à son palmarès 1 MVP de régulière, 2 MVP du Final Four et 3 EuroLeague. Presque trop altruiste pour ce XXIe siècle et indifférent à ses statistiques, il est devenu le vainqueur ultime grâce à son activité constante. Il a clairement les épaules du GOAT. Mais le notre a ce minime surplus de talent qui fait la différence.
1) Vassilis Spanoulis 🥇 : Le meilleur poseur de clim du Vieux Continent se nomme Vassilis Spanoulis. Forcément, lorsque l’on évoque Dimitris Diamantidis, son ancien coéquipier intervient incessamment sous peu dans la discussion. Passé de duo iconique à rivaux absolus, ce duel à distance entre les 2 meneurs a marqué de son empreinte l’EuroLeague. Le monde du football avait le duel Ronaldo-Messi, et nous le Diamantidis-Spanoulis. Coéquipiers pendant 5 ans, ces derniers ont remporté ensemble l’EuroLeague en 2009. Et 1 an après, Vassilis Spanoulis a réalisé l’impossible : rejoindre l’Olympiacos ! Une trahison pour une partie d’Athènes mais une bénédiction pour l’autre. Car sur Le Pirée, le Grec réalise un back-to-back aussi inattendu qu’exceptionnel. Et « Kill Bill » comme on le surnomme, en est pour beaucoup. Mais vraiment beaucoup. Avec Vassilis Spanoulis, on parle sûrement du pire joueur de cette liste en termes de qualité physique. Même pour l’EuroLeague, ses capacités athlétiques étaient largement en dessous de la moyenne. Il est néanmoins la preuve ultime que la technique surpassera toujours la force. Le meneur donnait l’impression d’être un entraîneur sur le parquet. Mettre en place des systèmes, s’adapter au match-up en face pour détruire son adversaire représentait son quotidien. Mais Spanoulis est surtout connu et reconnu pour avoir climatisé toutes les salles du continent. Il est aussi détenteur du record all-time de MVP du Final Four (3) et détient à son actif 1 MVP de régulière. Le GOAT tout simplement.
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