Rick Barry : Le Génie explosif et le lancer franc impossible
Rick Barry n’était pas un joueur discret. C’était un scoreur implacable, un compétiteur acharné, et un personnage controversé (pas vraiment apprécié de ses coéquipiers, décrit comme un joueur arrogant et égoïste). Sa carrière est synonyme de domination offensive, bâtie sur une efficacité chirurgicale et un talent brut. Barry a fait le pont entre deux ligues (NBA et ABA), laissant derrière lui un héritage de chiffres fous. Il est l’un des seuls à avoir dicté le jeu dans deux organisations distinctes. Chez lui, l’esthétique cédait toujours la place à l’efficacité, une philosophie illustrée par son tir signature : le lancer franc à la cuillère. Un marqueur qui allait droit au but.
Récap de la carrière : Le parcours d’un scoreur absolu
Barry est drafté par les San Francisco Warriors en 1965. L’impact est immédiat, brutal. Il n’est pas là pour apprendre, il est là pour dominer. Dès sa saison rookie, il affiche 25.7 points et 10.6 rebonds. Il est nommé Rookie de l’année.
L’émergence du Franchise Player (1965-1967)
Sa progression en fait immédiatement le franchise player absolu. En 1967, seulement sa deuxième saison, Barry explose les compteurs. Il termine meilleur scoreur de la NBA avec une moyenne stratosphérique de 35.6 points par match. Une performance que peu d’ailiers ont réussi à égaler. Il mène les Warriors aux Finales NBA, où ils s’inclinent face aux Philadelphia 76ers de Wilt Chamberlain. Barry est un All-Star, un membre de la All-NBA First Team. Il a déjà prouvé qu’il est l’égal des plus grands.
Le saut polémique et la domination ABA (1967-1972)
L’histoire de Barry prend un tournant juridique et sportif. Frustré par les conditions et le management des Warriors, il décide de faire le grand saut. Il rejoint l’ABA et les Oakland Oaks (une équipe que son père dirigeait brièvement). C’est une décision rare, polémique, qui choque la ligue.
Son jeu, lui, ne souffre pas de la transition. En 1968-1969, il mène les Oaks au titre de champion ABA. Sa domination est totale : 34.0 points de moyenne cette saison-là. Durant ses quatre saisons en ABA, Barry est quatre fois All-Star ABA et domine le circuit par son scoring agressif et son adresse. Il prouve que son talent est transcendant, peu importe l’environnement. Un litige contractuel avec les Warriors l’oblige à rester en ABA jusqu’en 1972.
Le retour en NBA et la consécration (1972-1975)
Barry revient chez les Golden State Warriors (nouveau nom de la franchise) en 1972. L’équipe est en reconstruction. Barry est désormais un joueur plus mature, avec une vision du jeu affûtée. Il continue de marquer, mais sa capacité à distribuer le jeu augmente.
La consécration arrive en 1975. Les Warriors ne sont absolument pas favoris. Ils entrent en Playoffs avec une équipe considérée comme moyenne. Mais Barry porte l’équipe sur ses épaules. Ils écartent Seattle, puis Chicago, avant de balayer les Washington Bullets 4-0 en Finales NBA.
Barry est monstrueux : il affiche 29.5 points, 5.0 passes et 3.5 interceptions de moyenne sur ces Finales. Son efficacité est maximale. Il est logiquement nommé MVP des Finales NBA. C’est l’apogée de sa carrière : la preuve que son leadership et son scoring peuvent mener une équipe à l’anneau.
Les Dernières années et l’héritage (1976-1980)
Après le titre, Barry continue de performer à haut niveau. Il est toujours l’un des meilleurs joueurs de la ligue, affichant des moyennes de passes en constante augmentation (atteignant 6.2 en 1977-78). Il termine sa carrière chez les Houston Rockets. Lorsqu’il prend sa retraite en 1980, il laisse derrière lui la marque d’un des attaquants les plus prolifiques que le basket ait connu.
Style de jeu : Efficacité brute et tir unique
Le jeu de Rick Barry se résume en un mot : efficacité. Il jouait ailier (SF), mais possédait une panoplie offensive complète. Sur le terrain, il était en mouvement constant.
Barry ne cherchait pas le highlight. Il cherchait le meilleur tir possible. Il était un maître du mid-range jump shot, tirant avec une précision redoutable dès qu’il avait une once d’espace. Son intelligence de jeu lui permettait de toujours savoir où se placer pour recevoir la passe ou initier le mouvement.
Son style était agressif, visant constamment à provoquer les fautes. Mais ce qui définit son style, c’est le lancer franc. Barry utilisait le « underhand free throw » (le lancer franc à la cuillère). Un geste moqué par certains, mais d’une efficacité inégalée. Sa moyenne en carrière de 90.0% au lancer franc parle pour elle-même. Il a prouvé que la meilleure technique est celle qui fait rentrer le ballon. Un scoreur chirurgical, refusant de sacrifier l’efficacité pour l’esthétique.
Pourquoi a t’il marqué la NBA : Le marqueur transcendant
Rick Barry est une légende pour plusieurs raisons factuelles et historiques.
Premièrement, l’historique des ligues. Il est le seul joueur de l’histoire du basketball professionnel à avoir terminé meilleur scoreur en NBA (1967) et en ABA (1969). Cette double domination valide son statut de marqueur universel.
Deuxièmement, son efficacité au lancer franc est un record indélébile. Son 90.0% en carrière est l’une des meilleures marques de l’histoire. Il a démontré qu’un changement radical de technique, bien que non conventionnel, pouvait garantir des points gratuits. Ce pourcentage est crucial pour un scoreur qui provoquait autant de fautes.
Troisièmement, le titre de 1975. Barry a porté une équipe outsider au sommet. Ce n’était pas un « Super Team ». C’était son talent individuel et son leadership qui ont fait la différence en Playoffs. Il a été le MVP incontesté de ces Finales.
Barry a marqué la NBA par son caractère intransigeant et son obsession du scoring, validé par des chiffres qu’aucun joueur de sa génération n’a pu éclipser. Il était le prototype du winner absolu.
Statistiques et Palmarès de Rick Barry
Palmarès
– Champion NBA : 1 | 1975 (MVP des Finales)
– Champion ABA : 1 | 1969
– NBA All-Star : 8 | 1966, 1967, 1973–1978
– ABA All-Star : 4 | 1969–1972
– All-NBA First Team : 5 | 1966, 1967, 1974–1976
– Meilleur Marqueur NBA : 1 | 1967 (35.6 Pts)
– Meilleur Marqueur ABA : 1 | 1969 (34.0 Pts)
– Rookie de l’Année NBA : 1 | 1966
– Hall of Fame : Intronisé I 1987
Statistiques en Carrière (NBA/ABA combiné)
– Points : 25 279 | 24.8 Pts
– Rebonds : 6 863 | 6.7 Rbs
– Passes Décisives : 4 952 | 4.9 Pds
– Pourcentage Lancer Franc : 90.0% | Record de sa génération
– Plus Haut Score en Saison (NBA) : 35.6 Pts | 1966-1967
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