Paul George : Le talent d’un MVP, une carrière sans bague
Il y a des joueurs qui marquent l’histoire de la NBA par leurs titres, d’autres par leurs statistiques. Et puis il y a ceux qui laissent une empreinte par leur manière de jouer. Paul George fait partie de cette dernière catégorie. Depuis plus de quinze ans et encore maintenant, il incarne un basketball élégant, fluide et spectaculaire. Mais derrière cette impression de facilité se cache une carrière marquée par les exploits, les blessures, les critiques et les retours au sommet.
De Palmdale aux parquets de NBA
Né le 2 mai 1990 à Palmdale en Californie, Paul George grandit dans une famille passionnée de basketball. Très jeune, il développe son jeu en observant notamment son idole Kobe Bryant dont il admire la mentalité ainsi que les qualités offensives. Il portera d’ailleurs le numéro 24 à ses débuts aux Pacers et le 8 à Philadelphie pour lui rendre hommage.
Contrairement à certaines futures superstars, George ne fait pas partie des lycéens les plus médiatisés du pays. Il rejoint Fresno State, une université relativement discrète sur la scène du basketball américain.
C’est pourtant là qu’il commence à attirer l’attention des recruteurs NBA. Taille, envergure, qualités athlétiques et défensives… Il possède déjà les caractéristiques de l’ailier moderne. Mais surtout, il affiche une capacité à progresser qui intrigue les observateurs. En 2010, les Indiana Pacers le sélectionnent en 10e position de la Draft NBA. Une nouvelle aventure commence pour celui qui deviendra rapidement le visage de la franchise.
Indiana : la naissance d’une superstar
Lorsqu’il est sélectionné en dixième position de la Draft 2010 par les Indiana Pacers, Paul George n’est pas encore considéré comme un futur visage de la NBA. Issu de Fresno State, il rejoint une franchise en reconstruction.
Il ne lui faut néanmoins que quelques saisons pour changer de dimension. Aussi bien performant en défense comme en attaque, George devient progressivement l’un des ailiers les plus complets de la ligue. Son élégance balle en main, sa fluidité et sa polyvalence en font rapidement l’un des joueurs les plus agréables à regarder.
Mais c’est véritablement lors de la saison 2012-2013 que Paul George explose aux yeux du grand public. Il remporte le titre de Most Improved Player (MIP), décroche sa 1ère sélection au All-Star Game, intègre à la fois la All-NBA Third Team ainsi que la NBA All-Defensive Second Team. À ce moment précis, difficile d’imaginer qu’il ne s’agit que des prémices de la vague PG.
En playoffs, il mène Indiana jusqu’en finale de Conférence Est 2013 face au Miami Heat de LeBron James où la franchise pousse le champion en titre jusqu’au Game 7. Une série marquée par son dunk spectaculaire sur Chris Andersen, devenu l’un des symboles de son ascension en NBA.
La saison suivante, il confirme son nouveau statut. Avec des moyennes de 21.7 points, 6.8 rebonds et 3.5 passes décisives, il poursuit sa progression, devient titulaire au All-Star Game puis termine à la 9e place du classement MVP. Sous son impulsion, les Pacers concluent la saison régulière à la 1ère place de la Conférence Est. De nouveau opposés aux Heatles, les Pacers s’inclinent en 6 rencontres. Malgré la défaite, Paul George a définitivement prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les plus grandes stars de la ligue. À seulement 24 ans, une chose semble évidente : l’avenir de Paul George s’annonce immense.
2014 : une blessure qui aurait pu tout arrêter
Le 1er août 2014, alors qu’il participe à un match d’entraînement avec la sélection américaine, la carrière de Paul George prend un tournant dramatique. En tentant de contrer un lay-up de James Harden, l’ailier des Pacers retombe violemment contre le support du panier et se fracture le tibia et le péroné de la jambe droite. Les images sont particulièrement choquantes et font rapidement le tour du monde. À seulement 24 ans, son futur semble soudainement incertain.
Au cœur de cette épreuve, Paul George reçoit un appel de Kobe Bryant. La légende des Lakers l’encourage à profiter de sa convalescence pour continuer à apprendre, observer le jeu et progresser mentalement. Ces conseils précieux l’aident à aborder sa rééducation avec un nouvel état d’esprit. Après son opération, Paul George doit retrouver sa mobilité et reconstruire ses capacités physiques. Un défi immense pour un joueur dont l’explosivité est l’une des principales qualités.
Cette période marque également un changement d’identité. Jusqu’alors porteur du numéro 24 en hommage à Kobe Bryant, George décide d’adopter le numéro 13. Place désormais à « PG13 ».
8 mois plus tard, il retrouve les parquets le 5 avril 2015 face au Miami Heat. Dès 2015-2016, PG13 retrouve son statut d’All-Star avec 23 points, 7 rebonds et 4 passes décisives de moyenne. À peine plus d’un an après sa terrible blessure, il s’impose de nouveau parmi les meilleurs ailiers de NBA. Un retour au sommet qui restera l’un des plus grands accomplissements de sa carrière.
Oklahoma City : le Paul George version MVP
Malgré son retour au sommet, Paul George ne parvient plus à retrouver les finales de conférence avec Indiana. Éliminés au 1er tour des playoffs 2016 par Toronto puis en 2017 par Cleveland, les Pacers semblent avoir atteint leurs limites. Au sortir de 7 saisons du côté de l’Indiana, Paul George prend la direction d’Oklahoma City à l’été 2017 où il rejoint Russell Westbrook – MVP en titre. Quelques semaines plus tard, Carmelo Anthony arrive à son tour. Le Thunder possède désormais un Big Three particulièrement prometteur, capable sur le papier de rivaliser avec les meilleures équipes de l’Ouest.
Mais l’association déçoit. Les 3 stars peinent à trouver leur complémentarité et OKC est éliminé dès le 1er tour des playoffs 2018 par le Utah Jazz de Donovan Mitchell. Carmelo Anthony quitte alors la franchise, tandis que George décide de prolonger l’aventure aux côtés de Westbrook.
Ce choix donne naissance à la meilleure saison individuelle de sa carrière. En 2018-2019, PG13 atteint un niveau exceptionnel symbolisé par ses 28 points ou encore 8,2 de moyenne. Redoutable offensivement et toujours aussi impressionnant en défense, il termine à la fois 3ᵉ dans la course au MVP ainsi qu’au Défenseur de l’année.
Au sommet de son art, il ne peut empêcher une nouvelle désillusion au 1er tour contre Portland. Une série ancrée dans les mémoires pour le tir au buzzer monumental de Damian Lillard, inscrit face à George lors du Game 5.
Les Clippers : le projet qui devait lui offrir un titre
À l’été 2019, un véritable séisme secoue la NBA. Fraîchement champion avec Toronto, Kawhi Leonard rejoint les Los Angeles Clippers. La franchise californienne réalise dans la foulée un trade retentissant afin de récupérer Paul George. L’arrivée simultanée des deux stars propulse immédiatement les Clippers parmi les favoris au titre.
Mais les premières déceptions pointent rapidement le bout de leur nez. En 2020, les Clippers connaissent une élimination historique face aux Denver Nuggets après avoir mené la série 3-1. Les performances irrégulières de George en playoffs alimentent les critiques et lui valent le surnom moqueur de « Pandemic P ».
Dès la saison ultérieure, PG13 répond à ses détracteurs face au Utah Jazz. Avec notamment 37 points et 16 rebonds lors du Game 5, il permet aux Clippers d’atteindre les premières finales de Conférence Ouest de leur histoire. Face aux Phoenix Suns, il inscrit même 41 points lors du Game 5, mais Los Angeles finit par s’incliner en 6 rencontres. Malgré l’élimination, George réalise l’un des plus beaux parcours en playoffs de sa carrière.
Malheureusement, les blessures empêchent le duo Leonard–George de trouver une véritable continuité. Entre absences répétées et éliminations prématurées, les Clippers ne parviennent jamais à concrétiser leurs ambitions. En 2024, les 51 victoires en saison régulière aboutissent à une élimination dès le 1er tour par Dallas. Après cinq saisons à Los Angeles, Paul George rejoint Philadelphie sans avoir atteint les Finales NBA. Son association avec Kawhi Leonard restera comme l’un des plus grands rendez-vous manqués de cette génération.
La désillusion Philadelphie et le challenge Boston
À l’été 2024, Paul George rejoint les Philadelphia 76ers avec un contrat de 212 millions de dollars sur quatre ans. Aux côtés de Joel Embiid et Tyrese Maxey, il forme un nouveau Big Three.
La 1ère saison tourne toutefois au fiasco. Entre blessures et manque de continuité, Philadelphie termine avec seulement 24 victoires pour 58 défaites, tandis que PG13 affiche 16,2 points de moyenne.
En 2025-2026, les Sixers retrouvent des couleurs grâce à Maxey et au jeune VJ Edgecombe. Mais George connaît de nouvelles difficultés physiques, avant d’être suspendu 25 matchs en raison des violations du règlement antidopage.
En dépit de cet épisode, Philadelphie retrouve les playoffs avant de créer la surprise en éliminant les Boston Celtics. Une franchise qu’il rejoint dès l’été 2026 dans un trade impliquant Jaylen Brown.
Après les occasions manquées à Oklahoma City, Los Angeles voire Philadelphie, Boston représente peut-être sa dernière grande opportunité. Cette fois, Paul George n’a plus besoin de prouver qu’il est une superstar. Il doit simplement montrer qu’il peut contribuer à faire gagner une équipe championne.
Article de Léonard Dehaëne
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