Lexique du Basketix : Le Lay-up
À l’Adidas Arena, le public veut des dunks féroces. Mais pour le coaching staff, deux points restent deux points. Dans un basket moderne obsédé par l’efficacité, le lay-up reste le plat du pied sécurité du football. C’est la base. Mais parfois, c’est de l’art.
Définition du Lay-up : Le B.A.-BA de la finition
Traduction littérale : « Déposer ». Pour les basketix, c’est le geste le plus simple du basket. C’est un tir effectué à bout portant, en pleine course, où le joueur saute pour lâcher le ballon au plus près du cercle.
Contrairement au tir en suspension (jump shot), on ne lance pas la balle, on la porte vers la cible. Techniquement, il suit souvent le « double-pas » : deux appuis autorisés sans dribbler pour gagner de la vitesse et de la hauteur.
Le but ? La sécurité. En utilisant la planche (le carré blanc), on augmente considérablement le pourcentage de réussite. La planche absorbe l’énergie du ballon et le guide dans le filet. Mais attention, le lay-up a ses variantes complexes :
– Le Finger Roll : On fait rouler la balle sur le bout des doigts pour la déposer délicatement par-dessus l’arceau, sans toucher la planche.
– Le Reverse : On passe sous le panier pour finir de l’autre côté, en utilisant le cercle comme protection contre le contreur.
C’est le tir qu’on ne doit jamais rater. Si tu rates un lay-up tout seul en contre-attaque, tu finis sur le banc ou dans le public.
Place du lay-up dans le basket moderne
On parle tout le temps du tir à 3 points. C’est la mode, c’est « Steph Curry ». Pourtant, la « Data » (l’analyse statistique) est formelle : le lay-up reste le tir le plus rentable du basket.
Pourquoi ? Les mathématiques :
– Un tir à 3 points est réussi à environ 36-37% en moyenne NBA/EuroLeague.
– Un tir à mi-distance ? Environ 40-42%.
– Un lay-up ? C’est entre 60% et 65% de réussite.
Dans les stratégies actuelles (le « Moreyball »), on cherche deux zones : le parking (3 points) ou la peinture (le lay-up). Tout ce qui est entre les deux est à bannir. Le jeu moderne écarte les défenses avec des tireurs d’élite dans les coins. Résultat ? L’accès au cercle est ouvert. Des meneurs rapides comme TJ Shorts en font leur fond de commerce. Ils transpercent la défense pour aller déposer le cuir.
Mais la difficulté a changé. Avec des « Rim Protectors » (défenseurs du cercle) de plus en plus grands et mobiles (pensez à Victor Wembanyama ou Rudy Gobert), le lay-up simple ne suffit plus. Il faut de la « gelée » (Jelly), des effets, des changements de rythme. C’est devenu un geste d’acrobate.
Les maîtres du Lay-up : Kyrie, TP et les autres
Qui sont les rois de la finition près du cercle ? Ce ne sont pas les plus grands, ce sont les plus techniques.
Le GOAT du Lay-up : Kyrie Irving. Le meneur des Mavericks est un magicien. Il possède un des « package » de finition les plus complets de l’histoire. Main gauche, main droite, avec effet rétro (spin), très haut sur la planche… Kyrie défie la physique. Selon Second Spectrum, il convertit des tirs au cercle avec un degré de difficulté supérieur à 80% comme si c’était l’échauffement. Sa capacité à mettre de l’effet sur la balle pour qu’elle trouve le panier sous n’importe quel angle est inégalée.
La légende française : Tony Parker. Il a révolutionné le lay-up pour les « petits » (1m88) en NBA. Face aux géants comme Shaq, aller au contact était du suicide. TP a popularisé le « Teardrop » (ou Floater). Un lay-up lâché très tôt, en cloche, qui retombe pluie fine dans le cercle avant que le contreur ne puisse l’atteindre. Il a dominé la raquette NBA pendant 15 ans sans jamais dunker.
L’expert du « Scoop » : Stephen Curry. On le connaît pour ses tirs du logo. Mais Curry finit à près de 65% au cercle certaines saisons. Sa spécialité ? Le « High Scoop ». Il monte la balle très haut sur la planche pour éviter les bras tentaculaires des pivots.
Une action de légende : Dr. J défie la gravité
Nous sommes en 1980. Finales NBA. Philadelphia Sixers contre Los Angeles Lakers. Julius Erving, alias « Dr. J », hérite du ballon ligne de fond.
Il attaque le cercle. Le défenseur des Lakers, Mark Landsberger, lui coupe la route. Kareem Abdul-Jabbar attend en deuxième lame pour le contrer. Erving est coincé. Il saute, le corps hors des limites du terrain, derrière le panneau. En l’air, il feinte le lay-up normal, garde le ballon dans sa main droite immense, passe sous le panneau, et remonte le bras pour un « Reverse Lay-up » avec un effet rotatif insensé.
La balle touche la planche et rentre. Le public est en transe. Magic Johnson, sur le banc adverse, a la bouche ouverte. Ce n’était que 2 points. Mais c’est le lay-up le plus célèbre de l’histoire. La preuve que « déposer » la balle peut être aussi spectaculaire qu’un dunk.
À lire aussi
Les nouveautés












