Lexique du Basketix : Le double pas
À l’entraînement du Paris Basketball, c’est le premier geste qu’on révise. C’est la base de l’attaque en mouvement. Pourtant, en tribunes ou devant la TV, c’est souvent le geste le plus mal compris. « Il y a marcher ! » hurles tu vilain basketix. Pas si vite. Le double pas est une science exacte.
Définition du double pas : 1, 2, Boum
Pour le Basketix, le double pas (ou « lay-up steps » en anglais) est la mécanique de jambes qui précède un tir en course.
C’est la seule exception fondamentale à la règle du dribble. Le règlement FIBA et NBA est clair : une fois le dribble arrêté, un joueur a le droit de poser deux appuis au sol avant de lâcher la balle (tir ou passe).
La mécanique classique :
– Dribble : Le joueur pousse la balle.
– Contrôle : Il saisit la balle à deux mains.
– Appui 1 : Le pied droit touche le sol (pour un droitier).
– Appui 2 : Le pied gauche touche le sol et sert d’impulsion.
– Tir : Le joueur s’envole vers le cercle et lâche le ballon.
Si un troisième appui touche le sol alors que le joueur a encore la balle ? Coup de sifflet. Marcher (Traveling). Balle à l’adversaire.
Mais attention, le basket moderne a complexifié la donne avec le « Pas Zéro » (Gather Step). Aujourd’hui, le pied qui est au sol au moment précis où le joueur ramasse la balle ne compte pas comme le premier pas. C’est le pas « zéro ». Le joueur a donc droit à deux pas supplémentaires. Résultat visuel ? On a parfois l’impression que le joueur fait trois pas. C’est légal, c’est technique, et ça rend fous les défenseurs.
Place du double pas dans le basket moderne
Le double pas n’est plus une simple ligne droite vers le panier. C’est devenu une arme de feinte massive.
Dans le basket actuel, dominé par le « Pace and Space » (vitesse et espacement), les défenses se replient vite. Aller tout droit en 1-2 classique, c’est se faire contrer par un pivot de 2m15 qui vous attend dans la raquette. Les attaquants ont dû adapter le double pas. Il ne sert plus seulement à avancer, il sert à désaxer le défenseur.
L’avènement de l’Euro Step : C’est la variante reine. Au lieu de faire deux pas vers l’avant, le joueur fait un pas à droite, puis un grand pas à gauche (ou inversement). C’est un slalom à pleine vitesse. Le défenseur anticipe le contact sur le premier appui, mais l’attaquant est déjà parti de l’autre côté sur le second.
Les statistiques de Synergy Sports montrent que les joueurs maîtrisant les variations du double pas (Euro Step, Hop Step) obtiennent plus de lancers francs. Pourquoi ? Parce que le défenseur, pris à contre-pied, est souvent obligé de faire faute. C’est crucial pour des équipes comme le Paris Basketball qui vivent de la transition. Savoir allonger ses pas pour éviter le contact est aussi vital que de savoir shooter à 3 points.
Les maîtres du jeu de jambes : Giannis et la « Beard »
Si tout le monde apprend le double pas en poussins, certains en ont fait un art létal au niveau professionnel.
Le mutant : Giannis Antetokounmpo. Le « Greek Freak » a cassé le code du double pas. Grâce à sa taille (2m11) et ses jambes interminables, il couvre une distance irréelle. Il est capable de ramasser la balle derrière la ligne à 3 points et de finir au cercle sans dribbler, juste avec son « pas zéro » et ses deux pas autorisés. Stats à l’appui : Giannis est régulièrement leader de la NBA aux points inscrits dans la raquette (environ 18 points par match dans la peinture), presque uniquement grâce à cette enjambée qui rend la défense impuissante.
La bebar : James Harden. C’est le joueur le plus controversé. Il a forcé la NBA a réécrire ses règles sur le marcher. Harden est le maître de la décélération. Il arrive vite, pose son « pas zéro », fige le défenseur, et prend ses deux pas très lentement pour finir. Les fans crient au marcher, les arbitres valident. C’est de l’exploitation de faille réglementaire à haut niveau.
Manu Ginobili. L’Argentin des Spurs a importé l’Euro Step en NBA au début des années 2000. Avant lui, le double pas était vertical. Avec lui, il est devenu latéral. Wade, Harden et Giannis sont tous ses héritiers.
Une action de légende : Wade devient “le Flash”
Finales NBA 2006. Game 3. Miami Heat contre Dallas Mavericks. Le Heat est mené 2-0 dans la série. Dans le 4ème quart-temps, ils sont au bord du gouffre, menés de 13 points. La saison semble finie.
C’est le moment où Dwyane Wade décide de ne plus simplement courir, mais de danser. Il ne s’agit pas d’un panier unique, mais d’une séquence de fin de match qui a traumatisé l’Amérique. Wade attaque la raquette à répétition. Sur une possession clé, il fonce vers la peinture. Erick Dampier (le pivot des Mavs) l’attend pour le contrer. Wade déclenche son double pas :
- Premier appui fort à droite : Dampier mord à l’hameçon et décale son poids.
- Deuxième appui soudain à gauche, en passant le ballon au ras du sol sous les bras du défenseur.
Il finit en douceur alors que le géant tape dans le vide. Sur ce match, Wade finit avec 42 points et 13 rebonds. Il a utilisé le double pas (et surtout l’Eurostep) pour provoquer une avalanche de fautes et retourner une situation désespérée.
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