Elgin Baylor : Le roi sans couronne

Elgin Baylor n’est pas qu’une star. C’est un mythe fondateur. Le premier ailier athlétique de l’histoire NBA. Un Laker avant Magic et Kobe. Arrivé en 1958, il a sauvé la franchise de la banqueroute et a immédiatement redéfini le rôle du scoreur. Son impact fut sismique. Il a posé les bases de la franchise la plus glamour de la ligue, dominant une décennie statistiquement folle, face à des géants comme Wilt Chamberlain et Bill Russell. Ses chiffres parlent. Son style était une révolution.

Récapitulatif de Carrière : Le laker éternel

Elgin Baylor, numéro 22 des Minneapolis puis Los Angeles Lakers, fut la force motrice d’une franchise en reconstruction. Drafté en 1958, son arrivée est une bouée de sauvetage.

L’Arrivée – Sauveur des Lakers

Les Lakers sombraient. L’équipe affichait un bilan de 19 victoires la saison précédant son arrivée. Baylor est le premier choix de la Draft 1958. L’effet est immédiat, l’impact brutal. Il signe une saison rookie historique : 24.9 points, 15.0 rebonds et 4.1 passes décisives. Des chiffres de MVP. Il décroche logiquement le titre de Rookie de l’année. Plus important : les Lakers passent de 19 à 33 victoires et atteignent directement les Finales NBA. Le message est clair. La ligue doit s’adapter à cet athlète hors norme.

Le pic athlétique et les records

Les années 60 voient Baylor exploser. Il établit des standards de scoring jamais vus pour un ailier. En 1961-1962, il réalise une performance statistique insensée : 38.3 points et 18.6 rebonds de moyenne. Une saison où il a pourtant dû jongler avec ses obligations militaires. Un exploit qui le place juste derrière Wilt Chamberlain (50.4 pts) en termes de production offensive.

C’est durant cette même saison qu’il entre dans l’histoire. Le 15 novembre 1960, il inscrit 71 points contre les Knicks de New York. Le record de points sur un match NBA est alors battu.

Le record qui définit sa carrière survient lors des Finales 1962 contre les Celtics de Boston : 61 points dans le Game 5. Une démonstration de force. Ce record tient toujours. Aucun joueur n’a dépassé les 61 points en Finale NBA. Mais Elgin Baylor perd, les records de points c’est beau mais ce qui reste, c’est les bagues.

L’Ère West et la consécration manquée

L’arrivée de Jerry West en 1960 forme l’un des duos les plus prolifiques de l’histoire. Les « Splash Brothers » avant l’heure. West et Baylor propulsent les Lakers et vont être les acteurs principaux de la première page de la plus grande rivalité de l’histoire de la NBA entre franchise. Lakers vs Celtics.

Leur destin est tragiquement lié aux Celtics de Bill Russell. Sept fois, les Lakers s’inclinent contre Boston. Baylor fut un grand joueur. Mais Russell fut un mur infranchissable pour le titre. Le numéro 22 accumule les honneurs individuels (10 fois dans le All-NBA First Team), mais le titre collectif lui échappe.

La retraite amère et le titre

À l’approche des années 70, les blessures au genou ralentissent Baylor. Il débute la saison 1971-1972, mais doit se résoudre à la retraite après seulement neuf matchs. Le 31 octobre 1971, il annonce qu’il raccroche.

L’ironie de l’histoire est brutale : l’équipe, libérée de son salaire et remaniée, entame alors une série historique. Les Lakers remportent 33 matchs consécutifs. Ils sont sacrés champions NBA en fin de saison. Baylor, la légende qui a tout donné à la franchise, n’est plus officiellement dans l’effectif. Il reçoit néanmoins une bague en hommage à sa contribution. Fin de carrière sans le sacre qu’il méritait.

Elgin Baylor devient et reste encore aujourd’hui l’un des meilleurs joueurs de tous les temps qui n’a pas gagné de titre.

Style de Jeu : L’Inventeur du « Hang Time »

Baylor était un ailier puissant, mais d’une finesse technique rare. Il jouait au-dessus du cercle. Littéralement. Il est reconnu comme le précurseur de l’athlétisme en suspension. Il invente le « hang time » : la capacité à rester en l’air plus longtemps que son défenseur, pour ajuster son tir ou sa passe.

Sur le terrain, Baylor maîtrisait le spin move et le tir en fadeaway avant que ces mouvements ne soient monnaie courante. Son jeu de jambes était d’orfèvre. Il utilisait le dribble avec une dextérité de meneur de jeu.

Il ne s’appuyait pas sur la force brute. Il s’appuyait sur l’anticipation et la gravité. Il attaquait le cercle, absorbait le contact et finissait par un double-pas spectaculaire, souvent en utilisant la planche avec une précision chirurgicale. Son répertoire offensif était complet. Un scoreur prolifique qui savait aussi avaler les rebonds (13.5 rebonds en carrière) et initier l’attaque.

Pourquoi a t’il marqué la NBA : La dignité d’une légende

Elgin Baylor n’a pas seulement scoré. Il a créé un modèle. Il a légitimé le rôle de l’ailier scoreur, mélangeant la force du pivot et l’agilité du guard.

Son héritage est triple :

1. L’Innovation Aérienne : Il a introduit la dimension verticale dans le jeu. Les ailiers modernes comme Julius Erving, Michael Jordan, ou Kobe Bryant sont ses héritiers directs. Le *hang time* est son invention.

2. L’Anti-Chamberlain : Face aux centres dominants (Chamberlain, Russell), Baylor a prouvé qu’un ailier pouvait être le meilleur joueur offensif de la ligue. Sa moyenne en carrière : 27.4 points par match. Seuls cinq joueurs ont fait mieux.

3. Le symbole de la résistance : Son record de 61 points en Finales NBA (1962) est le marqueur de sa détermination. Il représente la quintessence du talent offensif en situation de pression maximale.

Il est l’une des figures historiques des Lakers. Il est celui qui a maintenu la franchise à flot avant l’ère des titres. Son maillot est retiré. Sa place est assurée au plafond.

Statistiques et palmarès

Statistiques en carrière (Saison régulière) :

– Points par match (PPG) : 27.4

– Rebonds par match (RPG) : 13.5

– Passes décisives par match (APG) : 4.3

– Meilleure saison (1961-62) : 38.3 PPG, and 18.6 RPG

Palmarès et distinctions majeures :

– Finales NBA : 8 (toutes perdues)

– All-Star Game : 11 sélections

– All-NBA First Team : 10 sélections

– Rookie de l’Année : 1959

– Meilleur scoreur NBA : 1963 (34.0 PPG)

– Hall of Fame : Intronisé en 1977

– Top 75 NBA History : Sélectionné en 1996 et 2021

– Maillot Retiré : Numéro 22 chez les Los Angeles Lakers

Article rédigé par alexis gallot
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