CELTICS 1986 : L’apogée de la domination

La NBA est une terre de dynasties, mais certaines équipes transcendent le simple palmarès pour toucher à la grâce. Les Boston Celtics de la saison 1985-1986 ne sont pas uniquement des champions. Ils incarnent le sommet d’une ère, l’expression la plus pure du basketball collectif jamais jouée sur le parquet du Boston Garden. Une domination froide, clinique et implacable. Retour sur une saison devenue mythologie.

Contexte : La reconquête comme obsession

1985 sonne comme un traumatisme. Vaincus en finale par l’ennemi juré, les Lakers, sur le mythique parquet du Garden, les Celtics ont l’orgueil blessé. L’objectif pour la campagne 85-86 n’est pas de gagner, mais de reprendre ce qui leur appartient. La vengeance n’est pas une option, c’est une obligation.

Si l’effectif frôle déjà la science-fiction — Larry Bird au sommet de son art, Kevin McHale et son jeu de jambes inarrêtable au poste, Robert Parish en tour de contrôle — l’intersaison va faire basculer l’équipe. Le front office réalise le coup du siècle en récupérant Bill Walton. L’ancien MVP, enfin débarrassé de ses pépins physiques, accepte un rôle de sixième homme de luxe. Avec une telle profondeur de banc et une alchimie parfaite sous les ordres de K.C. Jones, la machine verte est prête à broyer la Ligue.

Saison régulière : La forteresse du garden

Le ton est donné dès l’automne : Boston ne joue pas dans la même cour que les autres. La saison régulière se transforme en une longue procession triomphale où le collectif écrase la concurrence avec une efficacité effrayante.

Le bilan final donne le vertige : 67 victoires pour 15 défaites et un différentiel moyen de +9,4 points. L’attaque est une symphonie de passes, la défense un étau. Larry Bird, chef d’orchestre de cette armada, valide son troisième titre de MVP consécutif (25,8 points, 9,8 rebonds, 6,8 passes).

Mais l’histoire retiendra surtout l’inviolabilité de leur antre. Le Boston Garden devient un coupe-gorge pour les visiteurs. Les Celtics y établissent un record NBA qui défie l’entendement : 40 victoires pour une seule défaite. À domicile, la victoire de Boston n’était pas une probabilité, c’était une certitude mathématique.

Playoffs : Une marche impériale

Les Playoffs 1986 ne sont pas une compétition, mais une démonstration de force brute et technique.

1er Tour : Bulls (3-0)

Le jeune Michael Jordan éblouit le monde (63 points au Game 2), mais il est trop seul. La puissance collective des Celtics éteint l’incendie et balaie Chicago sans perdre un match. Le futur appartient à Jordan, mais le présent est la propriété exclusive de Boston.

Demi-Finales : Hawks (4-1)

Face à l’explosivité de Dominique Wilkins, Boston impose sa maîtrise. Malgré un accroc au Game 4, l’expérience du Big Three étouffe les velléités d’Atlanta.

Finales de Conférence : Bucks (4-0)

Un « sweep » net et sans bavure. Milwaukee, pourtant une place forte de l’Est, est désintégré. Le Garden est en fusion, les Celtics en mission.

Finales NBA : Rockets (4-2)

L’ultime marche oppose la vieille garde aux jeunes « Twin Towers » de Houston, Hakeem Olajuwon et Ralph Sampson. Malgré le défi physique imposé par la jeunesse texane, la science du jeu des Celtics prévaut. Bird, McHale et Parish gèrent la pression avec une froideur chirurgicale. Larry Bird est logiquement sacré MVP des Finales. Le trône est reconquis.

Envie de frissons ?

L’héritage : L’étalon-or du basketball

Pourquoi cette équipe reste-t-elle, quarante ans plus tard, une référence absolue ?

Parce que les Celtics de 1986 représentent la perfection du basket des années 80 : un équilibre miraculeux entre talent individuel, QI basket surdéveloppé et altruisme total. Leur record de 40-1 à domicile reste l’un des accomplissements les plus intimidants de l’histoire du sport professionnel américain.

Souvent citée aux côtés des Bulls 1996 et des Warriors 2017 dans le débat de la « Greatest Team of All Time », cette équipe possédait un supplément d’âme, symbolisé par un Bill Walton élu Sixième Homme de l’Année. Ce titre de 1986 est le point d’orgue, le dernier grand chef-d’œuvre de cette génération avant que les blessures ne rattrapent le mythe. Ils n’ont pas seulement gagné ; ils ont élevé le basketball au rang d’art.

Article rédigé par alexis gallot
Assistez à la prochaine rencontre et venez nous soutenir !
Paris pour Paris